Agriculture | Aquitanima Tour : visite guidée chez les Blondes
09/05/2012 | En amont du Salon de l’agriculture, les Aquitanima Tours font la promotion des races bovines d'Aquitaine in situ auprès d'éleveurs étrangers.
Le Salon de l’agriculture ouvre ses portes le 12 mai prochain. Mais, pour Aquitanima, sa partie professionnelle dédiée à la génétique bovine, le prologue est déjà lancé avec, dès ce mercredi 9 mai,le début des « Aquitanima Tours ». Durant trois jours, éleveurs et professionnels étrangers suivent les traces des plus belles races bovines d’Aquitaine, du labo de sélection à la boucherie. Ce mercredi, ils étaient une quinzaine venus de Slovénie, d’Irlande, du Danemark, de la Colombie ou encore du Pérou, pour participer au circuit dédié à la Blonde d’Aquitaine, débuté à la station raciale de Casteljaloux (Lot-et-Garonne).
Désormais, les éleveurs étrangers en visite dans la Région sur l’Aquitanima Tour Blond, sont désormais incollables sur les caractéristiques de la race, et sur les processus de sélection et d'évaluation mis en place pour son développement. Si la matinée était un peu théorique et technique, ils complèteront leur connaissance dans les jours à venir par des visites d’élevages, d’ateliers d’engraissement et de boucheries. Pris en charge par Interco-Aquitaine, avec la collaboration de l’Organisme de Sélection de la race, de Blonde génétique qui procède à la sélection individuelle des taureaux, de Midatest, en charge du programme de sélection collectif et de Sersia, 1er exportateur français de génétique bovine, le groupe de professionnels est pour le moins en de très bonnes mains pour tout connaître de la longue et rustique Blonde d’Aquitaine. Christine Pecastaingts, à la triple casquette de Directrice d’Interco Aquitaine, mais aussi guide et traductrice à l’occasion de ce circuit, confirme l’importance de ces visites tant pour les acteurs français qu’étrangers : « Ces échanges directs et in situ sont indispensables pour mettre en place des relations suivies entre les personnes et avoir des résultats concrets sur l’exportation de la race. »
Objectifs: croisements et gains économiques
Des exportations dont Matej Mocnik, venu de Slovénie, pourrait bien être un des futurs acteurs. S’il a déjà suivi le circuit Aquitanima de la race Limousine l’an dernier (« les autres étaient déjà complets », précise-t-il), il revient cette année sur celui des Blondes. Contrairement à beaucoup des professionnels présents, il n’est pas éleveur mais travaille dans un centre d’insémination. Son objectif, et à travers lui, celui de nombreux éleveurs slovènes : avoir des informations sur la race des Blondes d’Aquitaine dans le but éventuel d’effectuer des croisements avec la Simmental, très présente en Slovénie. « Nous cherchons une race nous permettant de faire des gains économiques en termes de croissance, de muscles, de qualité bouchère… Il est important aussi d’avoir une facilité de naissance. » Des qualités que les intervenants de la matinée se sont appliqués à démontrer concernant la Blonde d'Aquitaine. Au point que trois heures à peine après son arrivée Matej admet déjà « être très intéressés à développer l’introduction de Blondes en Slovénie où elles sont pour l’instant très peu nombreuses. »
"Amoureux de la Blonde"
Pour Luis Caceido, éleveur d’un cheptel de 1000 têtes en Colombie, principalement du zébu, « l’important c’est de trouver une race qui résiste aux conditions climatiques tropicales du pays tout en permettant d’améliorer le rendement de la race locale et d’améliorer le produit final ». Mais contrairement à Matej Mocnik, Luis Caceido connaît déjà par cœur toutes les qualités de la Blonde. Et pour cause, ce n’est pas sa première visite en France : il est déjà venu il y a 14 ans sur ce même type de circuit et est reparti chez lui avec 500 doses ! En 14 ans, l’éleveur l’avoue, il est tombé « amoureux » de la Blonde d’Aquitaine au point de vouloir avec d’autres éleveurs de son pays, « développer la race pure ». C’est d’ailleurs pour repérer « les meilleurs animaux afin d’améliorer le travail génétique en Colombie », qu’il est venu jusqu’ici. Jusque-là, crise de la vache folle oblige, il s’était mis à travailler avec le Brésil, mais en amoureux passionné de la Blonde, il ne veut désormais travailler « qu’avec le véritable berceau de la race », l'Aquitaine, depuis 50 ans.

Solène Meric
Crédit Photo : Aqui.fr













