Agriculture | L'agricultrice Sylvie Gondonneau se préoccupe du bien être de ses brebis
24/04/2012 | Une éleveuse de moutons de Beaumont du Périgord a été récompensée par la Fondation de l'agriculture durable en Aquitaine pour sa conduite d'exploitation.
Sylvie Gondonneau travaille une propriété agricole de 40ha située sur la commune de Monsac, à proximité de Beaumont du Périgord. Depuis son installation en 1999, l'agricultrice mène une réflexion globale sur le respect de l'environnement et plus particulièrement sur l'optimisation de la production d'herbe. Les espaces nature alternent avec les espaces cultivés de la ferme qui a toujours eu pour vocation l'élevage ovin. Dans les prés, les brebis peuvent circuler sur les cinq parcs de la propriété traversée par un chemin de grande randonnée. Cette démarche a valu à l'agricultrice d'être distinguée par la fondation pour une agriculture durable en Aquitaine l'an passé. Sylvie Gondonneau est une des lauréates 2011. Pour l'agricultrice, ce prix a été vécu comme une formidable bouffée d'oxygène et lui a donné l'envie de construire de nouveaux projets malgré un violent incendie survenu en fin d'année 2010.
L'agricultrice Sylvie Gondonneau, installée depuis 1999, sur Monsac, à proximité de Beaumont-du-Périgord, est ravie de compter parmi les lauréats 2011 de la Fondation pour une agriculture durable en Aquitaine. "Ce concours m' a permis de relever la tête. Je me suis lancée dans cette démarche quelques mois après le terrible incendie qui a totalement détruit notre habitation et un de nos gîtes. Avec mon mari qui travaille à l'extérieur, nous avons hésité à tout abandonner. Heureusement, l'élevage de brebis avait été épargné. Ce prix est arrivé à point nommé. Il m'a donné l'envie d'aller de l'avant," souligne l'agricultrice.
Ancienne championne d'aviron de haut niveau, Sylvie Gondonneau aime les défis. Après une carrière d'éducatrice sportive, Sylvie Gondonneau s'est installée seule en 1999 sur des terres en friches, et des bâtis bien délabrés. Elle s'est tourné vers l'élevage ovin, car elle pensait que cela serait plus facile pour une femme seule. Rien ne fut aisé. "Ici nous avons tout créé, tout construit. Il n'y avait que des ruines, malgré la présence d'une ancienne ferme qui remonte au XVI e siècle. Dès le départ, j'ai entrepris une réflexion globale sur le respect de l'environnement. Je n'utilise aucun pesticide, aucun produit chimique y compris dans ma production de sorho fourrager qui sert à nourrir mon cheptel. " Les terres bénéficient de l'irrigation mais la production à l'herbe est optimisée.
Vente directe sur les marchés locaux
Son cheptel de brebis romanes est composé de 160 mères, 120 depuis l'incendie. Il est destiné à la production d'agneaux sous IGP Agneaux du Périgord, commercialisé aujourd'hui en grande partie en vente directe sur les marchés locaux et dans une boutique de producteurs située à une dizaine de kilomètres de l'exploitation. Il y a deux ans, l'agricultrice s'est interessée au bien être animal. " J'ai la chance de bénéficier de seize hectares d'un seul tenant, avec des terres enherbées, des pâturages et des parties boisées. Mon souhait était de tenir compte du bien être animal en fonction du milieu dans lequel il évolue. J'ai organisé pour le troupeau un parcours boisé. Cinq parcelles boisées ont été fermées pour une gestion rotationnelle de l'herbe. " Ainsi les brebis peuvent évoluer librement entre la bergerie, les sous bois et les prairies. L'été, les animaux peuvent se mettre à l'abri des fortes chaleurs dans les parties boisées.
Diminution de la mortalité des agneaux
Ce système implique certaines contraintes. La surveillance sur les apparitions de parasitisme doit être plus rigoureuse. Mais en deux ans, l'exploitante a observé une nette diminution de la mortalité des agneaux sevrés, une baisse de l'apparition d'affections pulmonaires. "Les agneaux qui naissent dehors à l'herbe sont plus vigoureux et donnent généralement de très beaux animaux, ajoute l'agricultrice. A l'automne, les brebis bénéficient d'une alimentation riche en matière azotée car elles se nourrissent de glands. "Nous sommes sur un sol calcaire, nous avons préservé les essences d'arbres locales : chênes, érables, principalement." Cette conduite d'exploitation a permis de voir refleurir dix huit variétés d'orchidées sauvages qui avaient totalement disparu. Actuellement, Sylvie Gondonneau, veut profiter de cette période de reconstruction, pour mûrir de nouveaux projets. Elle souhaite faire repartir l'activité ferme pédagogique et l'accueil des touristes à la ferme au printemps 2013. "J'ai aussi le projet de créer un parcours d'interprétation en relation avec la nature avec l'association "au fil du temps."
Claude Hélène Yvard
Crédit C-Hélène Yvard













