Agriculture | « Faire du bio est une démarche économique non idéologique ! » Michel de Lapeyrière, président de la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne
05/12/2012 | Avec plus de 15.000 hectares dédiés à l'agriculture biologique, le Lot-et-Garonne est le premier département d'Aquitaine en surface bio.
528 exploitations et 16.316 hectares dont 9.414 certifiés et 6.996 en conversion. Tels sont les chiffres de l'agriculture biologique en Lot-et-Garonne. Le Lot-et-Garonne qui est le premier département d’Aquitaine en surface bio et en nombre de poulets de chair et de poules pondeuses bio. Depuis 15 ans maintenant, la Chambre d'agriculture 47 a fait du développement de l'agriculture biologique une de ses priorités. Des conseillers agissent tous les jours sur le terrain auprès des exploitants pour les accompagner dans la conversion, l'expérimentation et l'appui à la structuration des filières...
« L'agriculture biologique est une agriculture à part entière, difficile, je serai même tenté de dire plus difficile que l'agriculture conventionnelle car nous n'avons pas le droit à l'erreur ! » Michel de Lapeyrière, le président de la Chambre d'agriculture 47, croit en l'agriculture biologique. D'ailleurs depuis une bonne dizaine d'années déjà, la Chambre s'est engagée à la valoriser en dédiant un poste d'animateur à cette cause. Pour lui, « c'est une agriculture d'observation qui valorise les agriculteurs performants. » Mais derrière cette agriculture, encore faut-il trouver des filières qui fonctionnent pour valoriser ces produits. « Il faut aussi des prix rémunérateurs car il ne s'agit pas de faire du bio pour faire du bio. Les agriculteurs ont besoin de vivre de leur métier ! »
« Produire en bio est un défi »Et cela, Jean-Philippe Laboulbène l'a bien compris ! Pruniculteur à Madaillan depuis 1986, il a décidé en 2010 de se convertir en bio, « car en agriculture conventionnelle je ne voyais pas une rentabilité possible sur le court terme. » Depuis deux ans maintenant, il s'est lancé dans l'aventure et pour l'instant « tout se déroule très bien, nous sommes bien suivis par la Chambre. Le seul souci aujourd'hui est de savoir si le marché va suivre par rapport à la production et au nombre de personnes qui se convertissent en bio. » Au début, donc, la conversion en bio était motivée par des raisons financières, mais, petit à petit, c'est devenu un défi et même plus aujourd'hui « en fait, pour nous, agriculteurs, amoureux de notre terre, le bio est intéressant car nous n'utilisons plus de produits phytosanitaires néfastes pour la santé. »
« Travailler en agriculture biologique est un vrai plaisir »Pour Jean-Christophe Chassaigne, agriculteur grandes cultures sur le plateau de Beauville et Moncrabeau, « c'est une vieille conviction de produire un aliment sain. » Aussi, il avait le désir « de ne pas tripoter de produits chimiques nocifs. » Lui, ne voit pas l'agriculture biologique comme une contrainte, au contraire « c'est un vrai plaisir, car je suis obligé de m'appuyer à 100% sur l'agronomie. C'est également un petit casse-tête de gérer son agriculture, son sol et la production avec les moyens du bord ! Aussi, ce qui est amusant, c'est de voir des agriculteurs en conventionnel venir nous questionner sur notre travail. Et lorsqu'ils voient que nos cultures poussent normalement, ils s'y intéressent de plus en plus ! »

Sybille Rousseau
Crédit Photo : XC/CG47












