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Spécial | Races bovines du Sud-Ouest : les éleveurs étrangers en redemandent

Le colloque international des Aquitanima Tours, dans la soirée du 23 mai 2014, au Conseil régional d'Aquitaine

Après avoir découvert trois jours durant, les techniques et savoir-faire de l'élevage et de la génétique bovine aquitaine, la centaine d'éleveurs étrangers participants à ces circuits se sont retrouvés ce 23 mai au Conseil régional pour le traditionnel colloque de clôture de ces Aquitanima Tours. Une occasion cette fois de voyager immobiles, tout en mesurant le développement à l'international de ces races locales. Sont montés à la tribune un éleveur polonais, défenseur de la Blonde d'Aquitaine, un professionnel sarde passionné de Limousine et un éleveur Belge, collectionneur,notamment, de Bazadaise. Trois professionnels admiratifs du travail de sélection mené en Aquitaine et dont les témoignages laissent encore prédire de beaux jours à la génétique bovine aquitaine et au développement de ses races à l’international.

«En Pologne, sur un cheptel bovin de 3M de têtes, 300 000 sont des races à viande», décrit le vice président de l'Union polonaise des éleveurs qui effectuait sa première visite sur les Aquitanima Tours. 300 000 têtes représentantes de 17 races, au premier rang desquelles la Limousine, le Charolais puis, en cinquième position, la Blonde d'Aquitaine. Un classement plutôt flatteur pour les races françaises même si l'homme admet volontiers que la Blonde est encore mal connue dans son pays. Pour autant, considérant les nombreuses reconversions à venir d'éleveurs laitiers en éleveurs de race à viande, il est optimiste, «il y a bonnes perspectives pour le développement de la Blonde d'Aquitaine!». Et pour cause, l'étable polonaise ne compte à peine guère plus que 450 mères en race pure... Un chiffre qui devrait croître au vu de l'enthousiasme de l'éleveur « ravi et heureux » de sa première visite sur les circuits des Aquitanima Tours. Le marché polonais pourrait donc commencer à s'ouvrir davantage, et cela dès cette année puisque au sein de la délégation polonaise, un éleveur de 70 blondes s'est déjà dit très intéressé à acheter un taureau, ici, dans le Sud Ouest. Un achat qui ne sera sans doute pas le dernier, le vice président de l'Union bovine insistant sur sa volonté de revenir motivé en cela par des rencontres sur les Aquitanima Tours «de gens de bons conseils et auprès desquels s'approvisionner en animaux d'un niveau génétique de haut niveau que l'on envie beaucoup».

La Limousine de SardaigneSilvio Pistis, éleveur italien de Sardaigne, partage lui aussi la certitude de son homologue polonais: il reviendra. Mais, depuis son île,  sa préférence va à la Limousine. En race pure ou en croisement pour nombre d'éleveurs de Sardaigne, la Limousine se développe de plus en plus assure-t-il. La race a en effet plusieurs atouts à ses yeux: « elle s'adapte bien au climat, au relief très montagneux et parvient à exploiter au maximum des prairies pauvres ». En outre, face à une demande de plus en plus importante en viande, elle se révèle être "une bonne race amélioratrice de rendement". Selon lui, en Sardaigne, la Limousine fait ses preuves, et gagne progressivement sa place. En outre «la mise en place de partenariat entre associations françaises et italiennes seront, selon lui, un gage de réussite pour une implantation de la race plus affirmée encore», termine-t-il.
Bazadaise en plat paysEnfin, le troisième témoignage de la soirée est celui du belge Jean-Marie Dellier, un des premiers à avoir introduit la race Bazadaise dans le plat pays. Au fil de ses venues sur Aquitanima, il a d'ailleurs déjà acheté 3 taureaux et 7 génisses. Un bon client qui compte désormais 27 têtes dans son cheptel mais vise à terme une cinquantaine d'animaux, sur un troupeau belge qui compte au total 240 Bazadaise en race pure. Et il ne tarit pas d'éloge sur la race: « bonne adaptation à tout type de sol, résistance à des températures frôlant parfois les -20°C, grandes qualités bouchère et gustative... » S'il est un des premiers à avoir élevé des Bazadaise dans son pays, il est également certainement le seul au monde, à avoir récemment tenté, la fécondation de trois bazadaises par un...Bison d'Amérique! Car outre les belles grises tachetées bien de chez nous, l'éleveur a une passion pour les Bisons! Quant à la réussite et au(x) produit(s) de ces amours étonnantes, il faudra attendre l'an prochain pour le(s) découvrir...

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 24/05/2014