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Environnement | Troisième temps de la valse DECLIC à Langoiran

Journée DECLIC Langoiran

C’est autour du thème « Le Vallon de l’Artolie, territoire de projets, territoire de culture » que s’est déroulée la troisième rencontre DECLIC. En présence de responsables du conseil général, de la communauté de communes du vallon de l’Artolie, d’artistes et d’associations, le débat s’est focalisé sur l’identification et l’analyse des conditions d’émergence et de développement des projets culturels de valorisation territoriale. Une façon d’expliquer la démarche collective de co-construction des projets ainsi que d'échanger entre acteurs du territoire du vallon d’artolie et élus locaux.

Après une première rencontre DECLIC qui a eu lieu le 3 juin dernier à Asques autour du projet de l’association D’Asques et D’Ailleurs, puis une seconde rencontre qui s’est déroulée le 11 juin 2014 autour du projet La Réole, ville d’art et d’histoire : un projet culturel, économique et social au service d’une nouvelle ruralité, cette troisième rencontre s’est centrée sur trois projets rassembleurs du vallon de l’Artolie.

EAC, un programme mobilisateur à destination des écoliersPour introduire cette journée , le programme Éducation Artistique et Culturelle (EAC)  a été présenté par Marie-Hélène Rouaux, conseillère éducation artistique et culturelle de la DRAC comme « un programme mobilisateur qui contribue fortement à la cohésion et à l’identité territoriale. » 

Ce projet d'éducation artistique et culturelle à destination des maternelles, des primaires et des enseignants, s’articule autour de la découverte des richesses patrimoniales et naturelles locales à travers les domaines des arts vivants, des arts visuels, de la culture scientifique et du développement durable. Patrick Polidano, artiste photographe du projet EAC dit s’être « servi de la culture comme outil de valorisation en y associant des œuvres d’artistes en lien direct avec les lieux d’exposition.» Ce projet, qui s’établit dans le territoire Réolais en sud Gironde, concerne pas moins de 800 élèves des 9 communes. « Une organisation pharaonique qui rassemble beaucoup de monde autour de la table » décrit Hervé Douillard, enseignant au cœur du projet.

L’île de RaymondCe bout de terre insulaire d’environ 40 hectares, identifié comme l’une des dernières îles de la Gironde  représente « un projet d'acquisition qui s’est intégré au plan d'action de l'Agenda 21 de la Communauté de communes du Vallon de l'Artolie », rappelle Lucie Henriot, chargée de mission à l'Agenda 21.

La communauté de communes, lors de son acquisition, a ciblé deux objectifs pour ce lieu : préserver le milieu naturel et valoriser ce site avec un accueil raisonné du public. Ainsi deux espèces ont depuis été retrouvées sur l’île. Il s’agit de l’angélique de l’estuaire (espèce végétale menacée) et le milan noir (espèce de rapaces). En parallèle, l’événement « Découvre ton île » qui s’est déroulé du 12 au 25 mai dernier a permis aux habitants de s’approprier cet espace, via des rencontres pédagogiques et artistiques. Fabienne Moreau, chargée de projet environnement et culture au conseil général a tenu à souligner « la volonté d’allier la culture à la nature pour que le regard de l’artiste sensibilise le public à cette nature fragile à préserver. » Christian Coutzac qui a participé au projet en tant qu’artiste y voit une forme de « liberté dans la sphère culturelle » qui ne doit plus, selon ses propos, « accepter d’être sous la coupe de l’économie ou de la politique.»

Rues & vousPlus de 5 000 personnes sur trois jours, 20 à 25 compagnies… « Le festival de Rions « Rues&Vous » est l'un des leaders des festivals de Gironde » estime le journaliste Jean-Luc Eluard spécialiste des arts du spectacle.  Ce projet s’a vu le jour grâce à une forte cohésion entre différents acteurs, comme l’agenda 21, les partenaires locaux, la mairie de Rions, ainsi que la communauté de commune.

Corinne Ducher, éducatrice spécialisée parle de « proximité des parcours culturels » tout en expliquant : « Les gens que nous aidons sont souvent très éloignés de la culture, et grâce à ce genre de collaboration, ils se réapproprient la culture. En général l’insertion n’est pas directement relié à l’aspect culturel, mais parfois cela peut amener au bénévolat puis parfois à l’emploi… C’est pourquoi c’est un bon élément à préserver au sein du Vallon de l'Artolie. » Florence Coulier, présidente de l’association Musaraigne, confirme cette vision en  disant que « l’idée de ce festival est d’impliquer les habitants pour qu’ils ne soient pas seulement spectateurs, mais qu’ils soient aussi acteurs de cet événement. »

Les ingrédients mystères de l’effectivité des projetsDurant cette session de réflexion, les participants ont listé ensemble les ingrédients des événements qui font recette sur le territoire du vallon de l’Artolie. Il en est ressorti que le sort de ces festivals, ou initiatives culturelles ne dépendait pas d’une formule magique, mais au contraire, d’une potion bien réelle qui a besoin d’un tout pour buller. Premier ingrédient paradoxal : un territoire démuni. Car « lorsqu’on a rien à la base en terme de budget, de biens etc… C’est malgré tout source de créativité » a soulevé Christian Valadou, animateur de la rencontre.
Un tissu associatif uni, des élus engagés, la convivialité, le parler vrai, ou encore l’obstination font également parti du cocktail, mais aussi une certaine prise de risque et surtout, du courage.

Colette Scott, présidente de la communauté de communes du vallon de l’Artolie a conclu cet échange en parlant d’ « opiniâtreté», un terme qui devrait donner le déclic de s’engager pour la culture, à ceux qui encore, étaient perplexes.

Lucy Moreau
Lucy Moreau

Crédit Photo : Lucy Moreau

Publié sur aqui.fr le 22/06/2014