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Spécial | Au-delà du miroir, le grand théâtre de Bordeaux

Exposition "Au-delà du miroir" de Giulio Achilli

Dernière création de Giulio Achilli, conseiller technique et production à l’opéra national de Bordeaux, « au-delà du miroir » offre une rétrospective des 18 dernières années de création au grand théâtre de Bordeaux. Une exposition de 1700 m2 qui invite le public à découvrir la face cachée des plus grands opéras et ballets qui ont triomphé durant toutes ces décennies.

« Tout est relatif, comme disait Einstein… » En introduisant la visite par cette affirmation, Giulio Achilli démontre qu’au-delà du miroir, chacun peut laisser libre cours à sa propre imagination... Et ce grand monsieur, directeur technique de l'Opéra National de Bordeaux depuis 1996, n’en manque pas, bien au contraire. Pour sa dernière exposition, Giulio Achilli n’a pas lésiné sur son sens de l’artistique. Du hall d’entrée à la scène du grand théâtre, l’exposition emmène le visiteur au plus profond de son palais mental, où chaque porte poussée dévoile un mystère, qui fait opérer, une heure durant… la magie du spectacle.

Secrets et costumesAu fil des miroirs, les costumes défilent. Barbe Bleue, Anna Bolena, la belle au bois dormant, Don Quichotte… Tant de tissus assemblés, cousus à la main, brodés, découpés ; Des tutus aux souliers, les univers dramaturgiques se croisent pour ne faire qu’un : création. Le plus souvent vu du devant de la scène à travers leurs personnages, les costumes sont remplis de secrètes histoires. Durant cette visite, leur récit nous est enfin dévoilé aux rythmes envoutant des cantatrices. Ainsi, la salle « le jardin de secrets » livre les astuces utilisées pour les effets spéciaux tels que le feu, l’envol d’un artiste, la neige, la pluie… « Une ingéniosité débordante faisant sur scène des miracles » commente Giulio Achilli.

Miroir, miroir...Le clou du spectacle se trouve quant à lui dans le salon Gérard-Boireau, où une vaste plateforme circulaire ornée de miroirs est en perpétuel mouvement. Les diverses formes et facettes des miroirs laissent entrevoir le majestueux plafond de cette salle, tel un kaléidoscope géant.

Non loin de cette performance grandeur nature, un escalier invite le spectateur à se jeter dans le vide. « Un jeu de miroir qu’utilise les scénographes pour créer un effet de profondeur sur le plateau » explique Giulio Achilli.

Pour celles et ceux qui ont encore soif de découvertes, Giulio Achilli a pensé à tout… Tout au long des couloirs menant à la grande salle, l’art du fameux « tutu » y est décortiqué de façon à connaître sur le bout des doigts les dessous des jupes des filles.

Des coulisses au devant de la scène Yeux qui brillent, rétines et pupilles grandes ouvertes, les visiteurs éphémères rejoignent leur place habituelle, celle du devant de la scène pour 8 dernières minutes d’infinie beauté. Le son et les lumières de la grande salle jaillissent sur les mille fauteuils de ce théâtre à l’italienne. La candeur du bleu, de l’or et du marbre blanc s’entremêlent sur des teints rosâtres, exprimant les plus belles poésies du siècle des lumières.  Le plateau a quasiment été mis à nu, avec pour seul habit, une reproduction du tableau de Léon Bakst, inspiré du décor de «Prélude à l'après-midi d'un faune ». En tout ce ne sont pas moins de 36 stagiaires en architecture, ou de l’école des beaux-arts qui ont aidé Giulio Achilli à réaliser cette exposition qui, la veille de son inauguration, accueillait encore des changements de dernières minutes. Aujourd’hui, le décor est planté à jamais au-delà même de la perception relative, dans nos yeux, qui sont rien de plus que le miroir de l’âme. 

Lucy Moreau
Lucy Moreau

Crédit Photo : Lucy Moreau

Publié sur aqui.fr le 09/07/2014