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Politique | A la rencontre des nouveaux maires de la CUB: épisode 3, un quotidien intense

Alain Turby, maire de Carbon-Blanc.

Qu'est-ce que Alain Anziani, Anne-Lise Jacquet, Jacques Mangon, Franck Raynal, et Alain Turby ont en commun ? Qu'ils soient UMP, centristes ou socialistes, ils font tous leurs premiers pas en tant que maires de communes de la CUB de plus de 6.000 habitants, depuis leur élection en mars dernier. Aqui les a rencontrés au cours de l'été pour évoquer leurs relations avec les élus d'opposition, leurs surprises ou encore leurs premières mesures. Pour ce troisième épisode, nous nous intéressons au rythme de vie des nouveaux élus.

Ces cent premiers jours en tant que nouvelle maire d'Artigues-près-Bordeaux, Anne-Lise Jacquet les a jugés riches et passionnants. « C'est à la fois très terre à terre et très aérien. Il y a beaucoup de décisions pragmatiques à prendre très rapidement, je n'ai pas vu le temps passer ».

Jacques Mangon, maire de Saint-Médard-en-Jalles.L'urgence des premiers moisCe rythme de travail soutenu est le lot commun de tous les maires. « On s'est fait élire sur un projet auquel on croit donc on a à cœur de le mettre en œuvre avec toute l'équipe. Les journées sont longues, très remplies et on développe beaucoup de choses en même temps. Mais ce serait décevant si on ne faisait pas ça », explique l'élu saint-médardais Jacques Mangon. Les premiers mois, ces cinq nouveaux élus ont été obligés de gérer les affaires de la ville dans l'urgence, du jour pour le lendemain. « Vous avez la tête dans le guidon et vous ne voyez plus que les cinquante premiers centimètres que vous avez devant vous », remarque Alain Turby, maire de Carbon-Blanc. Puis une fois cette période passée, il leur est plus facile d'avoir une vision d'ensemble. « C'est la période la plus agréable car on commence à avoir l'impression que l'on maîtrise les choses. On a un peu plus de temps de réflexion, on n'ingurgite plus seulement tout ce qu'on nous donne. Là, on est en mesure de pouvoir mieux appréhender tous les enjeux, toutes les conséquences des décisions que l'on prend », ajoute Franck Raynal, son homologue pessacais.

Journée de week-end et journée de semaineQuoi qu'il en soit, les maires ne comptent pas leurs heures. « On ne peut pas dire : je commence à 9h et je termine à 18h, ça c'est pas possible », prévient Anne-Lise Jacquet, qui confie souvent travailler jusqu'à 22h. « Il n'y pas de journée-type », assure Alain Anziani, le successeur de Michel Sainte-Marie à la mairie de Mérignac. Franck Raynal, distingue toutefois la journée de semaine de la journée de week-end.

Franck Raynal, maire de Pessac.La journée de week-end serait donc une journée de représentation. « On assiste à des mariages, des assemblées générales d'associations, des fêtes, des commémorations ou des cérémonies officielles. C'est dense, surtout au printemps, mais ça se calme l'été ». Et la journée de semaine une journée de prise de décisions. « On doit prendre connaissance des dossiers, rencontrer les acteurs, faire des réunions de concertation, arbitrer les points de vue, partager l'information. C'est un travail de chef d'orchestre, qui prend énormément de temps. Mais un maire ne peut rien faire tout seul, il n'est pas au début et à la fin de chaque action. Il y a beaucoup de travail de coordination ».

Un maire ne décide pas toutAlain Turby ne dit pas autre chose. « Je fais confiance à mes élus et me repose sur eux car j'ai besoin d'un conseil municipal de compétences. Aucun d'entre nous n'est un professionnel de la politique. On a chacun un parcours professionnel qui fait que l'on a une capacité à faire quelque chose. Par exemple, les ressources humaines et la petite enfance pour Nelly Magné, le sport pour Gérard Pinston. Je ne décide pas tout ». Avec leur emploi du temps surchargé, les nouveaux maires trouvent-ils encore le temps d'exercer leurs anciennes activités ?

« Même si je dois naviguer entre la mairie, la CUB et l'université de Bordeaux, j'ai conservé quelques fonctions professionnelles à temps partiel au CHU de Bordeaux », confie Franck Raynal. Alain Turby, en revanche, a beaucoup moins de temps à consacrer à ses fonctions de directeur des programmes informatiques à l'INSEEC de Bordeaux. « Je continue jusqu'au 1er septembre parce qu'il y a une continuité à assurer et il faut que je trouve mon successeur. Le groupe INSEEC souhaite que je reste et je ne veux pas les abandonner ou les mettre dans une situation périlleuse. Mais à l'avenir, ma fonction là-bas sera certainement très réduite ».

Crédit photo Franck Raynal : Dominique Le Lann

Mathieu Presseq
Mathieu Presseq

Crédit Photo : Mathieu Presseq / Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 09/08/2014