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Culture | A Seignosse, le peintre Labégorre au carrefour de ses racines

Labégorre

Inauguré ce week-end dans la zone de Laubian à Seignosse, le fonds Serge Labégorre n'aurait pas vu le jour sans l'acharnement de sa fille Sophie, responsable communication de la ville, qui a voulu célébrer l’œuvre d'un des plus grands expressionnistes français vivants. Des œuvres de jeunesses de celui qui navigue entre Fronsac, Hossegor, Biarritz et Aramitz entre deux expositions internationales, sont ici. Et la galerie, avec son restaurant attenant, accueille jusqu'à fin mars une riche exposition de ses œuvres contemporaines, puissants portraits au noir profond et couleurs éclatantes.

@qui! - Pourquoi un fonds Labégorre à Seignosse ?
Serge Labégorre - Je suis ravi. Je commence à me faire vieux... et c'est une manière de continuer à rendre vivante mon œuvre qui se confond avec ma vie. Il y a là une teneur spécifique parce que familiale. Le tout sur une terre qui n'est chère. J'ai sur Hossegor des souvenirs très précis. LabégorreQuand j'étais enfant, j'ai même vu au Sporting un match de pelote avec Chiquito de Cambo. J'ai beaucoup vécu à Biarritz aussi. Je connais la région comme ma poche. Ma vie, mes racines, mes maisons de famille sont par ici.

Sophie Labégorre - Papa s'inquiète du devenir de son œuvre quand il ne sera plus sur cette Terre. On est ici au cœur du territoire de la famille. Ca a été compliqué à monter. On a créé un restaurant pour répondre au cahier des charges de la communauté de communes Macs (Maremne Adour Côte Sud) sur ce lot dédié à la restauration. Le fonds de dotation s'est imposé car il favorise le mécénat privé et on a bénéficié de plein de bienveillance autour de papa. C'est un peintre majeur il le restera.

@! - Comment va vivre le Fonds au quotidien ?
SophieL : Nous défendons l'approche selon laquelle la peinture c'est pour tout le monde, et qu'il ne faut pas appartenir à une élite pour l'apprécier. Des visites scolaires, des master-class ou des stages seront proposés. Un gros travail d'archives va aussi être mené pour numériser tout ce qui concerne papa en plus de 60 ans de carrière. Si un jour l'Etat ou un musée souhaite prendre la relève, on aura une collection à transmettre. Entre Bordeaux, Pau et Bilbao, on va pouvoir offrir un beau lieu d'exposition qui doit d'ailleurs accueillir en 2015 l'italien Giancarlo Bargoni.

@! - Vous dites que vous n'êtes « pas un peintre aimable », qu'est-ce que cela veut dire ?
SergeL : J'ai un aspect plutôt aimable, mais ma peinture semble parfois plus rébarbative aux yeux des gens... Ce qui m'intéresse depuis toujours dans l'étude du portrait, c'est la représentation du visage humain. Car on y trouve les reliefs de l'âme, toutes les circonstances de la vie, des passions humaines. En quelque sorte, dans mes portraits, je plante les banderilles pour faire suinter l'intériorité.

 

         Labégorre

 

Julie Ducourau
Julie Ducourau

Crédit Photo : JD

Publié sur aqui.fr le 04/12/2014