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Economie | « Chefs d’entreprises, soyez prêts ! », ou quand le secteur du conseil se remet en question

Benoît Lamothe présentant l'écoute réalisée auprès de 40 décideurs aquitains

Chefs d'entreprises, professionnels du conseil et de l'institutionnel... Ils étaient plus de 150 au siège de la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique à Bordeaux pour assister à la séance de conférence-débat « Chefs d'entreprises, soyez prêts !" L'objectif de ce rendez-vous: identifier les changements auxquels ces corps de métiers sont confrontés, pour mieux les appréhender et inscrire leurs actions dans une dynamique nouvelle.

Sans compter la présentation de l’événement et l’introduction de Christian Chapotin et Claude Kojchen, respectivement directeur général adjoint de la Banque Populaire Aquitaine et président de la Chambre Professionnelle du Conseil d’Aquitaine, cette soirée s’est divisée en plusieurs temps forts. L’intervention de Benoît Lamothe, directeur associé CODESIOM, en faisait partie, puisqu’elle a consisté à présenter les résultats de l’enquête d’opinion commanditée par la Chambre Professionnelle du Conseil. Pas moins de 40 décideurs économiques de la région (entrepreneurs, chefs d’entreprises, professionnels décideurs, etc.) ont en effet donné leur vision des professionnels du conseil du secteur bancaire, afin que ces derniers prennent conscience des mesures à prendre pour améliorer leurs services. « Le conseil est un métier essentiel aux entreprises, mais il reste parfois méconnu, déplore Claude Kojchen lors de son discours. Bien sûr, nous connaissons nos clients et la façon de s’adresser à eux, mais il nous fallait faire un ‘’pas de côté’’ pour explorer notre environnement. C’est précisément pour cela que cette soirée a lieu. »

La visibilité, premier problème des professionnels du conseilLe verdict de cette enquête est on ne peut plus clair : le secteur de la relation et du conseil n’est pas assez visible pour les entreprises. « Les entreprises reposent sur l’institutionnel les banques et la formation, a constaté Benoît Lamothe. Le conseil n’est perçu que comme un accompagnateur, un sous traitant. Les personnes interrogées suggèrent de ce fait une meilleure organisation, une meilleure structure. » Parmi les pistes pour pallier ce problème : insister sur la présence numérique, définir une stratégie grâce à des méthodes de travail et contribuer à l’activité économique du territoire pour pérenniser la présence permanente. « Si le conseil fait ce qu’il faut, il aura une place bien plus prépondérante à l’avenir. »

L’autre temps fort de cette soirée aura été la table ronde axée sur le thème « Décideurs régionaux, sommes-nous prêts ? », avec comme intervenants Olivier Hugues, consultant associé à ETICO, Jean-François Clédel, président du MEDEF Gironde, Thibault Rochebois directeur général en charge de l’économie au Conseil régional d’Aquitaine, Patrick Dupard, président d’Arysta Lifescience, et Hervé Juvin, économiste et président de l’observatoire Eurogroupe. Thibault Richebois a fait preuve d’un certain optimisme, a mentionné les atouts de l’Aquitaine en terme de dynamique économique et d’innovation. « La région a de nombreuses activités à valeur ajoutée aux yeux de la France et même de l’Europe, avec la chimie, le numérique et le secteur du laser. (…) La politique d’investissement qu’elle a adoptée est aussi pour beaucoup dans ce succès. » Jean-François Clédel a évoqué les changements majeurs qui attendent les entreprises locales, comme la transition numérique. « La dimension numérique représente une menace pour les entreprises qui ne négocient pas cette transition. »

La suite du débat aura fourni quelques pistes de réflexion intéressantes concernant l’avenir du conseil : ce dernier pourrait être amené, dans les années qui viennent, à repenser entièrement son « business model ». En effet, il est aujourd’hui difficile pour les entreprises disposant de peu de moyens de trouver des consultants stratégiques, du fait de cette visibilité pas toujours évidente. D’autant plus qu’on ne sait s’il le consultant est efficace qu’après l’avoir engagé. Pourquoi ne pas mettre en commun les réseaux d’expertises et instaurer une politique de résultat ?

Les propos de Hervé Juvin (qui, n’ayant pas pu se rendre au siège de la Banque Populaire, a participé à la table ronde par l’intermédiaire d’une vidéo) concernant la mission des consultants et s’adressant directement à eux, auraient pu faire office de conclusion : « Chaque entreprise est différente, elle est la richesse de son territoire. Respectez le code génétique de ces entreprises et surtout, écoutez-les. »  

Jules Haverlan
Jules Haverlan

Crédit Photo : Jules Haverlan / Aqui!

Publié sur aqui.fr le 09/12/2014