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Environnement | Littoral : vers la fin des poubelles et des voitures à la plage ?

La préservation du littoral fragile est au cœur des préoccupations d'aménagement

Pour cette nouvelle journée Plages du GIP Littoral aquitain qui s'est tenue vendredi à Vieux-Boucau (Landes) après Contis en 2012, des expérimentations innovantes pour optimiser les coûts d'entretien des sites, ou réduire la pression de la voiture sur les plages ont été présentées. L'occasion de réfléchir aussi à comment mobiliser les outils numériques pour s'adapter au touriste d'aujourd'hui qui fréquente plus sa tablette que les offices de tourisme.

En accueillant ses hôtes, le maire de Vieux-Boucau Pierre Froustey a commencé par rappeler la fragilité du littoral dont il faut « continuer d'assurer la pérennité et la sécurité », aussitôt appuyé par Eric Kerrouche, président de Maremne Adour Côte Sud pour qui la côte est « un souci permanent et un enjeu déterminant pour notre avenir commun comme entité touristique et de vie ». Notant que 15 communes landaises sont engagées sur les plans plage, Paul Carrère, vice-président du Conseil départemental des Landes, a de son côté loué la mutualisation des moyens engagés pour le nettoyage du littoral, financés à 50% par le département.

Les introductions terminées, François Bonnet, directeur de l'ONF, a démontré que la baisse du nombre de poubelles sur certains sites a permis in fine de réduire le nombre de déchets collectés, ouvrant la voie à Martial Zaninetti, adjoint au maire du Porge, qui a détaillé l'initiative de « la plus grande plage de Bordeaux ». Avec ses 450.000 personnes accueillies l'été, et devant le coût de gestion des déchets, la mairie a fait le choix culotté en 2014 de retirer la totalité des poubelles de ses plages. « Objectif : que les gens repartent avec leur déchets chez eux, comme à la montagne », a expliqué l'élu girondin. Un message fort relayé par les écoliers via des panneaux en français, anglais et allemand à l'entrée des plages. Résultat, en 2013, 50 sacs de déchets étaient récoltés chaque jour, et seulement 3 l'an passé. Au total, 6 tonnes de déchets en moins. L'opération est reconduite cet été : « il y a une acceptation forte de la part des touristes et finalement très peu de déchets sauvages ». Mieux encore, un « poubelle-drive » va être créé à la sortie des parkings qui ne seraient, eux, bientôt plus équipés non plus de boîte à ordures... « C'est très stratégique, ça permet de faire des économies importantes ».

Un plan qui a retenu l'attention de Christian Vignes, adjoint au maire de Saint-Julien-en-Born dont la balnéaire Contis (200 personnes l'hiver, 10.000 l'été) cherche aussi à réduire ses coûts de gestion des déchets. Le village connu pour son côté sauvage et son belvédère sis à la place d'un parking devenu emblématique du plan-plage, tente aussi de privilégier les circulations douces avec un système de navettes gratuites qui déplacent environ 30.000 personnes l'été.

Journée Plages du GIP Littoral aquitain

« Faire du service public de transport, retirer les voitures de la dune pour les mettre en rétro-littoral, la préservation du littoral est au coeur des choix d'aménagements », a résumé Renaud Lagrave, président du GIP pour qui ce sujet est sans doute celui qui « avance le plus et le plus vite » avec Poitou-Charentes dans le cadre de la future grande région.

Ce n'était sans doute donc pas un hasard que l'Ile d'Oléron par le biais du directeur de la communauté des communes, vienne partager son expérience en matière de réduction de la place de la voiture. Pour Joseph Hugues, pour que les dispositifs de navettes fonctionnent, il faut aller chercher les gens où ils sont pour les amener vers les plages et les centre-villes. Avec un service gratuit. Entre 2011 (tarif 1,5€) et 2012 (0€), le nombre de voyageurs a en effet été plus que multiplié par trois sur l'île charentaise. Désormais les navettes transportent plus de 46.000 voyageurs chaque été. Un vrai succès, au coût toutefois élevé : 163.000€ par été.

En revanche, l'idée de décupler le prix des parkings (jusqu'à 7€ les 5 heures de stationnement) pour inciter les gens à abandonner la voiture, n'a pas été très probante. Destruction des horodateurs à la masse à l'été 2012, bronca des commerçants... l'île, débordée par le traitement médiatique sur sa « plage payante » a d'abord baissé ses tarifs, avant de stopper net l'expérimentation l'année d'après...

La table ronde s'est conclue sur les stratégies numériques des zones côtières, pour capter « le touriste sur son transat avec sa tablette qui ne viendra jamais dans un office de tourisme », selon Pierre Eloy (Touristic). Pour cet expert en tourisme digital, « l'activité touristique ne peut pas se développer sans connexion numérique », « on va vers un internet de séjour intelligent pour éviter les foules sur les routes, faire son programme en fonction de la météo, etc... ».

Un enjeu que tente de capter Terre et Côte basques (offices de tourisme de 12 communes basques) en proposant du wifi gratuit sur 70 points du territoire pour mieux accéder à son nouveau site www.welcomebask.com qui permet de dénicher des activités en fonction de sa géolocalisation ou de l'état du trafic... Façon de ne pas rater la dernière visite du jour aux grottes de Sarre par exemple.

Julie Ducourau
Julie Ducourau

Crédit Photo : aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 29/05/2015