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Edito | Juppé: 100 jours avant, six mois après...

Faut-il qu'il se sente sûr de lui et installé dans cette situation objective de père de la Nation, de sage à qui le pays semble prêt à faire crédit, qui affirme s'engager pour servir plutôt que par obsession du pouvoir suprême ? Alain Juppé se lance, en effet, un défi en même temps qu'il annonce, par étapes, la couleur au pays. Le dernière, celle dévoilée, ce dimanche, dans le JDD en dit davantage sur ces intentions, les cent jours d'avant et les six mois d'après ce temps qu'il se donne pour « réformer le pays ».

Lé défi n'est pas mineur, même s'il est marqué du sceau d'une volonté de cohérence. En effet, le maire de Bordeaux doit d'abord gagner la primaire qui, désormais, bat son plein et, même si les sondages continuent de lui donner les meilleures chances de l'emporter, c'est au second tour de celles-ci qu'il devra faire la différence, en allant chercher les voix nécessaires à un large succès, ailleurs que chez les « Républicains », c'est à dire au centre et jusqu'à gauche, si l'écart qui le séparera du second, sans doute de Nicolas Sarkozy, n'est pas si large qu'on pourrait à priori le penser. Or, le programme présidentiel qu'il dévoile et sur lequel, dit-il ,ses équipes sont à l'ouvrage n' est guère de nature à entraîner l'adhésion spontanée de l'électeur, certes républicain, mais peut enclin à adhérer aux valeurs du parti «  Les Républicains » dont Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez sont, aujourd'hui, les chefs. Cet électeur qui se déciderait à aller mettre un bulletin Juppé le 27 novembre dans l'une des urnes des 10 228 bureaux de vote, désormais connus.

 

Au moins serat-il d'éjà averti des grandes lignes du programme Juppé président: la retraite à 65 ans ? Ce n'est sans doute pas le plus dur à avaler dans un société où la question pour tant de séniors est d'abord de retrouver du travail. La dégressivité des allocations de chômage ? Elle sera du ressort de la négociation collective, comme le passage aux 39 heures qui pourraient d'ailleurs s'arrêter aux 37 mais, dans un cas comme dans l'autre, pareilles évolutions n'ont de chance de produire leur effet que si la nouvelle donne entre le pouvoir futur qu'incarnerait Alain Juppé et le patronat, à qui la suppression de l'impôt sur la fortune et l'allégement de l'impôt sur les sociétés sont promis, créent rapidement un élan en faveur dec l'emploi.

De toute façon, qu'il s'agisse des primaires dont le premier tour aura lieu dans 49 jours ou de la campagne des présidentielles, Alain Juppé a, désormais, le devoir d'expliquer, de faire œuvre de pédagogie sans relâche s'il veut convaincre que son ambition pour la France mérite mieux qu'un consensus par défaut.

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 02/10/2016