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Politique | François Hollande aux Assises de la Mer : "Il nous faut une filière intelligente qui s'inscrit dans la croissance bleue"

François Hollande aux Assises de la Mer

La 12e édition des Assises de l’économie de la Mer s’est ouverte mardi 8 novembre à La Rochelle pour deux jours de conférences avec les professionnels du secteur. Objectif : faire le point sur les avancées dans les domaines liées à la mer, mais aussi sur leur avenir. Au programme : la croissance bleue, les ports, l’industrie nautique, mais aussi le développement des énergies renouvelables. A ce sujet, François Hollande, qui inaugurait ces Assises le matin même, était très attendu concernant sa position sur le projet de parc éolien offshore au large d’Oléron.

Il ne se sera pas finalement prononcé sur la question, ni officiellement, ni même entre les lignes. Il a en effet rappelé sa volonté de développer les énergies renouvelables sur terre ou en mer. « La France poursuivra sa politique de développement de l’éolien, avec l’objectif d’atteindre les 300 MGW, et nous devons faire vite. Il y aura dans les prochaines semaines de nouveaux appels d’offre en hydrolien et en éolien. Il nous faut une filière intelligente qui s’inscrit dans la croissance bleue et la diversification de l’énergie », a-t-il affirmé, avant de rappeler dans la foulée que les projets ne devaient en aucun cas se faire à l’encontre de la nature. « C’est le sens des aires marines protégées de préserver l’environnement et de faire coexister les différents usages de la mer. [….] La multiplication de ces usages va entrainer des conflits à terme […] Les menaces sont nombreuses, nous devons les prendre en compte et mettre un coup d’arrêt aux dégradations qui ont pu être commises par le passé […] Quand l’environnement marin est menacé, c’est l’économie de la pêche qui est en danger ».

Interrogés eux aussi au sujet du projet de parc éolien oléronais, les présidents de la Nouvelle-Aquitaine et du Département de la Charente Maritime se sont prononcés favorablement, avec quelques nuances. « Pour l’instant, le projet pose un problème de coût et d’acheminement de l’électricité : le point de raccordement est un peu loin et le dispositif onéreux à mettre en place, mais ça pourrait être une bonne opportunité pour le port de La Côtinière », estime Dominique Bussereau. Alain Rousset, lui, envisage de constituer « un cluster maritime de la grande région », regroupant également ses universités, afin d’associer la recherche aux projets de développement des énergies renouvelables.

La plaisance à développer

Autre sujet d’importance aux yeux de François Hollande : le développement des ports. «Le premier défi est économique : il faut mettre les ports français dans l’inter-modalité, les aider à lutter contre la concurrence et à s’adapter à la mondialisation [pour] faire de la France le premier port d’Europe, à l’horizon 2030 ». Pour y parvenir, le président a annoncé son intention de « prendre des mesures fiscales » (sans préciser lesquelles), d’accroître la flotte maritime (à travers des appels d’offre de l’Etat) et d’accompagner le développement de la construction navale, en particulier au niveau des bateaux de plaisance. Un sujet qui intéresse particulièrement la Charente-Maritime, où l’activité représente 4000 emplois directs (50 000 emplois au niveau national). François Hollande a annoncé son intention de créer « une instance plénière rassemblant les acteurs de la filière, avec le Cluster Maritime, qui se réuniront une fois par an » pour faire le point sur les avancées et les besoins de la filière.

Autre annonce de ces Assises : le Président veut faire de la SNSM la « grande cause nationale de 2017 », pour laquelle il a annoncé un plan de soutien financier. La sécurité est en effet son deuxième mot d’ordre après l’économie.  Trois pelletons de gendarmerie marine supplémentaires seront d’ailleurs créés en 2017, à Nantes, Saint-Nazaire et Dunkerque.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 10/11/2016