Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Edito | Humeurs d'hiver: Ce Macron qui bouscule le paysage

En attendant le premier round, jeudi, du choc des candidats de la primaire de la gauche il convient de prêter attention à ce que l'on pourrait appeler l'effet Macron. Car il ne fait pas de doute qu'il se passe quelque chose dans l'opinion, qu'une attention particulière est portée à cet homme jeune dont on loue à la fois la culture et raille les envolées de tribunes, quelque peu surfaites. Parmi les questions qu'il convient de se poser pour comprendre l'installation de l'ancien ministre dans le paysage de cette présidentielle 2017, il en est une qui renvoie à la singularité des institutions de la V° République. On peut le déplorer ou s'en réjouir mais c'est un fait : l'élection du président de la République au suffrage universel suppose que le candidat sache, au-delà des appareils partisans, et singulièrement dans la France aux aspirations citoyennes d'aujourd'hui, aller à la rencontre de tous les Français, débarrassé du poids de l'étiquette.

Emmanuel Macron, jusqu'à ce jour, fait plutôt son affaire de cette réalité en occupant une position centrale sur l'échiquier politique sans pour autant se revendiquer d'une appartenance à la famille centriste. Et il est frappant d'observer, sans préjuger de l'avenir, que nombre de jeunes qui semblaient las du paysage politique, au point de renoncer à voter, sont curieux du parcours emprunté par Emmanuel Macron. Celui-ci peut susciter un intérêt d'autant plus fort que la gauche risque de sortir de sa primaire en lambeaux et que l'incertitude demeure sur les intentions de François Bayrou qui ne pourra se contenter, pendant très longtemps encore, d'adresser quelques cartons jaunes à François Fillon.

Un an...Il y a un an qu'entrait en application la loi NOTRe, la réforme territoriale née de longs débats où l'on vit successivement disparaître puis réapparaître les départements et une carte de France des Régions redessinée, de façon parfois surprenante. La Nouvelle Aquitaine s'est ainsi progressivement agrandie pour devenir la plus grande avec ses douze départements. Considérable défi pour faire vivre un territoire vaste comme l'Autriche et éviter le piège de la centralisation dans une capitale, Bordeaux, par ailleurs lancée dans une course à un développement métropolitain millionnaire. Les tensions issues de la situation des finances de l'ancienne Poitou-Charentes n'ont pas facilité les choses; le pouvoir politique régional a fait l'effort d'aller à la rencontre des acteurs de la vie locale mais il subsiste une vraie frustration, en particulier dans les rangs des personnels des deux régions d'hier que les syndicats entendent, d'ailleurs, faire savoir en ces jours de vœux. Mettre à plat des statuts et des régimes indemnitaires suppose, malgré un début de réponse, de l'écoute et du temps. Il faudra plus d'un an pour relever cet autre défi et beaucoup plus encore pour faire naître une manière d'identité pour cette Nouvelle Aquitaine. Et ce n'est pas une tête de lion stylisée qui y suffira.

Joël Aubert
Joël Aubert

Crédit Photo :

Publié sur aqui.fr le 08/01/2017