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Agriculture | Crise aviaire : les éleveurs indemnisés à partir de mars

Modef

Plusieurs dizaines de millions d'euros d'indemnisations seront versés à partir du mois de mars aux éleveurs de canards sur la base d’un prix forfaitaire par canard abattu, autour de 8 à 10€ par bête, soit sensiblement dans les mêmes eaux que lors de la crise aviaire l'an passé. L'annonce jeudi du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, était attendue par toute la filière qui estime ses nouvelles pertes à 120 millions d'euros et alors que les producteurs n'ont toujours pas touché les derniers 30% d'indemnisations de l'épizootie 2016.

Ils étaient malgré le froid glacial, plus de 250 dont quelques élus locaux socialistes et communistes, à manifester jeudi à Mont-de-Marsan, à l'initiative du Modef, sous les fenêtres de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations des Landes (DDCSPP). Le Modef du Gers et la Confédération paysanne du Béarn étaient aussi là en voisins. Pour le syndicat des exploitants familiaux (Modef), il s'agissait de demander l'arrêt de l'abattage préventif des canards censé endiguer le virus H5N8 détecté dans 152 foyers dont 72 dans le Gers et 46 dans les Landes. La stratégie d'euthanasie de masse a été mise en place en début d'année et concerne aujourd'hui plus de 230 communes du Sud-Ouest. A ce jour, 1,8 million d'animaux, la plupart sains, ont été abattus pour être transformés en farine et utilisés comme combustibles dans les cimenteries.
« On a demandé l'arrêt de cette stratégie. Si on tue tous les canards, il n'y aura plus de virus mais on n'aura plus d'agriculteurs non plus ! », c'est un « gâchis économique », a estimé Christophe Mesplède, président du Modef des Landes qui décrypte dans les annonces ministérielles la fin de l'abattage préventif pour un retour à une gestion individuelle des cas avec périmètre de protection d'un à trois kilomètres autour des foyers infectés.
"Les petits trinquent"Sur les indemnisations (un « engagement fort », a souligné Henri Emmanuelli), le responsable des petits exploitants agricoles a salué le fait que « le gouvernement ait été sensible à la détresse » des producteurs que « les banques commencent à regarder de travers ». Selon lui, après ce nouveau coup dur, "la filière se relèvera à condition de se remettre en question, de réfléchir à baisser les densités et maîtriser les volumes pour la santé des animaux et une meilleure rémunération des paysans. Il faut réorganiser la filière foie gras qui doit être gérée comme le champagne en produit d'exception". Des manifestants ont d'ailleurs interpellé le Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras (Cifog), accusé de favoriser les grosses machines agro-alimentaires comme Delpeyrat ou Labeyrie au détriment des petits éleveurs. « Ces gros groupes font la pluie et le beau temps, peste José Darrieutort, maire Front de gauche du village de Lamothe et éleveur en retraite ayant passé le flambeau à son fils : ils ont tellement de stocks venus des pays de l'Est qu'il faut bien qu'ils les écoulent et ce sont les petits qui trinquent... »

Julie Ducourau
Julie Ducourau

Crédit Photo : JD

Publié sur aqui.fr le 20/01/2017