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Spécial | Enseignante appliquée, bénévole impliquée

Catherine Estines, enseignante

Elle a grandi à Aulnay-sous-bois (93) dans une famille modeste. Catherine Estines enseigne aujourd’hui au lycée de Terrasson, en Dordogne. Son amour de l’anglais s’enracine dans une très forte amitié née au cours d’échanges scolaires pendant son adolescence. La plupart des enseignants - au bout de 30 ans de carrière - seraient tentés de recycler leurs cours, pas Catherine. « On essaye d’aider les élèves. Le plus gratifiant c’est d’être en contact avec eux. On a la chance de travailler avec des jeunes qui ont chacun leur personnalité ». Elle discute de l’actualité avec ses élèves, comme lors du Brexit. Ouverte sur le monde, le sort des migrants à Calais - qu’elle a également évoqué en classe - l’a interpellée.

Plusieurs fois par semaine, elle est bénévole au refuge pour jeunes migrants de Montignac. Arrivés de Calais fin 2016, ces adolescents parlent principalement anglais. Cette mère de famille dialogue donc avec eux ou leur donne des cours. Ses yeux verts sont remplis d’attention et d’empathie. « J’avais envie de faire quelque chose car leur situation me touche. Ils doivent être aidés, accueillis dans des conditions dignes. J’ai la chance d’être française, si j’avais été irakienne, mes enfants pourraient être ici ! » Avec du badminton ou des jeux de société elle leur change les idées, les soutient moralement. « J’essaye de trouver des solutions et de faire valoir leurs droits ». Le terme « Essayer » définit cette femme. Miss Estines apporte sa contribution à sa modeste échelle, que ce soit dans sa salle de classe ou au refuge. Localement, elle parle d’un esprit de solidarité. Ses élèves sont venus au centre, des collectes ont été menées. Catherine déplore cependant une hypocrisie dans les discours de l’Angleterre et de la France. « Il ne faut pas nous faire croire qu’ils migrent par gaieté de cœur ».

De gauche, Catherine n’a jamais été encartée et demeure encore indécise quant aux prochaines élections. Elle exclut de voter Marine Le Pen ou François Fillon : « Il ne me fait pas rêver avec ses 500000 fonctionnaires en moins ». Le PS, avec la loi travail, la déchéance de nationalité et le 49.3, l’ont déçue. Lasse de ces déceptions, elle se dit « désabusée par la politique ». Un vrai regret électoral est palpable. « D’autres intérêts priment sur ceux des citoyens » déplore-t-elle.  Pourtant elle s’est toujours déplacée jusqu’aux urnes: « Je crois au droit de vote, c’est essentiel. Ce droit fondamental menacé fait vivre les démocraties ».

Alexandre Camino - Etudiant EFJ
Alexandre Camino - Etudiant EFJ

Crédit Photo : Etudiant EFJ

Publié sur aqui.fr le 25/01/2017