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Société | Chalet Bleu : "Un sas avant le parloir"

Intérieur Chalet Bleu Gradignan

Mai 33, l'association qui gère le Chalet Bleu est née en 1982. Créée par des professionnels de la justice et des bénévoles, elle accueillait rue Gouffrand à Bordeaux, principalement des sortants de prison. Les familles de détenus ne se rendaient pas dans ce local trop éloigné de la Maison d’arrêt de Gradignan. En 1987, Simone Noailles, adjointe aux affaires sociales de Jacques Chaban-Delmas aide l’association à s'installer près de la prison. Le Chalet Bleu sort de terre. 35 ans plus tard, il vient toujours en aide aux proches des personnes incarcérées.

L'objectif du Chalet Bleu est de faciliter le maintien des relations familiales entre les détenus et leurs familles. Il assure par exemple la prise en charge des enfants, pendant que leurs parents, le plus souvent leurs mères, se rendent au parloir. Les bénévoles se chargent également de transmettre le linge au centre pénitencier lorsque les familles n'ont pas encore de permis de visite. En 2016, environ 12 500 personnes dont 2 000 enfants ont été accueillis par une équipe d'environ 30 personnes. Marianne Auzimour dirige actuellement l’association. Selon elle, le Chalet Bleu, est «un sas avant le parloir, un lieu du collectif». Les familles souvent très isolées, trouvent un lieu «au calme» pour exprimer (si elles le souhaitent) leurs interrogations, leurs doutes et leurs espoirs auprès des bénévoles. Elles peuvent également  échanger avec des personnes dans la même situation qu'elles. Parler pour rompre la mortifère solitude, c'est aussi dans cet objectif que le Chalet bleu se fait une fois par semaine, le relais des familles et de leurs inquiétudes, lors d'une commission de prévention contre le suicide, qui réunit les différents membres de la communauté pénitentiaire (surveillants, infirmières, psychologues...)

Etat déplorable des prisons françaises

Marianne Auzimour déplore que le regard de nombreux français soit «si dur» alors qu'un accident de la vie peut faire basculer la vie de tout un chacun, et l'amener pour une raison ou pour une autre, derrière les barreaux. Les conditions de vie sont très difficiles pour les prisonniers (surpopulation, promiscuité …) Ceux qui estiment que la vie des détenus «logés, nourris, blanchis» est «enviable» ne se sont pas beaucoup penchés sur l'état «déplorable» des prisons françaises dénoncés régulièrement, par des organismes internationaux tel le Conseil de l'Europe récemment. La prison de Gradignan est une maison d’arrêt, c'est à dire que les détenus sont en attente d'un procès, ils peuvent y rester de 4 mois à 2 ans. Le taux d'occupation est de 140%, les cellules font comme souvent en France, 9 mètres carrés et les prisonniers y sont souvent au moins 3. Il y a environ 700 hommes et 40 femmes détenus à Gradignan.

Aide à la réinsertion et recherche de bénévoles

Le Chalet bleu vient en aide à ces femmes et hommes plus directement en leur proposant à coût modique des logements en location lors de leurs permissions ou lors de leur sortie de prison (aujourd'hui avec Adoma et demain avec la résidence hôtelière à vocation sociale de Lormont). L'association veut ainsi aider les détenus à envisager leur future réinsertion plus sereinement. De jeunes étudiants en psychologie sont venus récemment grossir les rangs du Chalet Bleu qui cherche néanmoins activement de nouveaux bénévoles jeunes comme plus âgés. Si vous avez envie de vous engager, n’hésitez pas à pousser la porte du chalet situé en face du centre pénitencier.

Matthias Hardoy
Matthias Hardoy

Crédit Photo : Aqui.fr/Matthias Hardoy

Publié sur aqui.fr le 23/04/2017