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Spécial | Le vote utile, « ni stratégie ni programme politique »

Chiffres nationaux de l'abstention 1er tour présidentielle 2017

Apparu en 2002 lors du duel Jacques Chirac - Jean-Marie Le Pen, le « vote utile » est vulgarisé et « irrationnel ». Thibaut Rioufreyt, doctorant en sciences politiques, et Bruno Fuligni, écrivain et historien politique, reviennent sur cette notion problématique.

« Voter utile, c’est voter contre quelqu’un mais accepter a minima de voter pour un autre. C’est tout ce qui ne relève pas du vote par adhésion », rappelle Thibaut Riou­freyt. « Difficile à définir autrement que négativement », le vote utile « consiste à ne pas égarer sa voix sur un candidat jugé secondaire » selon Bruno Fuligni.

Vulgarisé à outrance
Nombre d’électeurs l’envisagent comme un barrage au Front Natio­nal, mais pas seulement. « Si je suis écolo, je considère que le vote utile est Jean-Luc Mélenchon car c’est celui qui porte le mieux les convic­tions écologiques et qui a le plus de chances de passer au second tour » estime Thibaut Rioufreyt. Le vote, « basé sur les sondages, un outil im­parfait », connaît des limites. Le PS a « longtemps bénéficié du vote utile ». Mais pas en 2017. « Il faut être en tête des sondages pour cela. »

Il en va de même pour les « petits candidats », supposément défavo­risés par le vote utile. Bruno Fuligni rappelle toutefois comment Jean-Marie Le Pen n’a obtenu que 0,3 % des voix aux présidentielles de 1974 avant d’arriver au second tour en 2002. Comme Thibaut Riou­freyt, il souligne « l’irrationalité » de ce vote et déplore sa vulgarisa­tion. « La question est indissociable du mode de scrutin. À partir du moment où on a un scrutin à deux tours avec des reports de voix, le vote utile est moins crucial qu’on le dit » aux yeux de Bruno Fuligni. « Ce n’est ni une stratégie ni un programme politique », conclut Thi­baut Rioufreyt.

Marine Mouysset - Etudiant EFJ
Marine Mouysset - Etudiant EFJ

Crédit Photo : EFJ

Publié sur aqui.fr le 24/04/2017