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Politique | Pyrénées-Atlantiques : la vague En Marche submerge les sortants

Selon les circonscriptions, le taux d'abstention a été de 41% à 47%

Les temps sont durs, très durs, pour les socialistes. Les cinq circonscriptions que leur formation détenait jusqu’à présent dans les Pyrénées-Atlantiques sont menacées d’être submergées par la vague macroniste. David Habib, vice-président de l’Assemblée nationale, est le seul à résister de manière un peu plus solide aux assauts livrés par son adversaire dans le centre et le nord du département. Même le très indépendant Jean Lassalle se retrouve en position périlleuse face à un parfait inconnu dont la candidature symbolise bien la volonté de bouleverser l’échiquier politique affichée par La République en Marche. Tour d’horizon en Béarn et au Pays Basque. Des territoires où l’abstention oscille entre 41% et 47%. Ce qui amène les challengers surnageant dans ce maelström à miser sur un sursaut de l’électorat au second tour. Il faut bien croire en quelque chose.

1ere circonscription : Josy Poueyto a le vent en poupe

Connue comme le loup blanc à Pau, très impliquée dans les quartiers, élue Modem et adjointe au maire qu’est encore François Bayrou, Josy Poueyto, la candidate de La République en Marche, caracole en tête du scrutin. Les 39,87% des voix qu’elle a obtenus lui donnent un net avantage sur sa concurrente LR, Pauline Roy, créditée de 14,88% des suffrages.

Les deux dames se connaissent bien. Elles siègent toutes les deux au conseil municipal. Mais la bataille sera rude pour la candidate des Républicains que supplée Nicolas Patriarche,  maire de Lons et secrétaire départemental LR. D’où sa volonté de voir les abstentionnistes se mobiliser.

Au premier tour, ils étaient tout de même plus de 47 %. Une désaffection dont le Front national, qui n’a jamais vraiment pris racine au pied des Pyrénées,  estime également avoir pâti. Laminé par la présidentielle, celui-ci recule de deux points par rapport à 2012 pour se limiter à 8,90% des suffrages.

Une chose est certaine : la circonscription dans laquelle Martine Lignières-Cassou,  la députée PS sortante, ne se représentait pas est perdue pour la gauche. Cette dernière se retrouve même en morceaux.

Jérome Marbot, le candidat socialiste, est recalé avec 12,51% des  suffrages, juste devant Séverine Ghedjati, qui portait les couleurs de La France Insoumise (12,44%). Quant au communiste Olivier Dartigolles, porte-parole national du PCF, il voit l’alliance conclue entre le Front de Gauche et Europe Ecologie Les Verts  ne recueillir que 4,62% des voix. La division n'a jamais fait la force.

Josy Poueyto, largement en tête dans la 1ere circonscription

2e : le retour de bâton

Il y a cinq ans, François Bayrou perdait les législatives sur ses terres face à la candidate socialiste Nathalie Chabanne. Cette défaite était survenue à l’issue d’une triangulaire où l’UMP, qui en voulait au centriste, avait décidé de maintenir son champion.

Les Béarnais ont de la mémoire et l’ascenseur vient d’être renvoyé. Non pas par François Bayrou, qui a repris de l’altitude, mais par son suppléant de 2012 : Jean-Paul Mattéi, notaire à Pau et maire centriste de Ger.

Parti cette fois-ci sous la bannière de La République en marche, ce dernier vient d’obtenir 41,64% des suffrages, très loin devant la députée PS sortante qui est créditée de 14,43% des voix. Eric Saubatte, candidat Les Républicains et adjoint au sport de Bayrou, se retrouve pour sa part hors course avec 14,02% des voix. L’Histoire ne se répètera pas.

A l’évidence, au vu des faibles scores obtenus par les Insoumis (10%) et le Front de Gauche –EELV (3,31%),  la partie s’annonce délicate pour Nathalie Chabanne. « Il existe des voix qu’il faut aller chercher chez nos partenaires et chez ceux qui se sont abstenus » assure-t-elle. « Ce n’est absolument pas perdu. Même si c’est compliqué ».

3e : un duel au couteau

Le député PS David Habib affronte Michel Bernos, le maire de Jurançon, dans la 3e .

Prêt à soutenir l’action présidentielle tout en demeurant critique vis-à-vis de certaines réformes (hausse de la CSG, rythmes scolaires), le député socialiste David Habib n’entend pas renier ses convictions. Elu de terrain pugnace, il a fait de la défense de l’emploi l’un de ses chevaux de batailles et il brigue un quatrième mandat.

Chose que lui conteste Michel Bernos, le maire de Jurançon. Candidat au verbe vif, celui-ci s’est fait fort du soutien apporté à Emmanuel Macron pendant la présidentielle pour obtenir à la dernière minute une investiture de La République En Marche.

Dimanche, Michel Bernos n’a pas connu le succès de ses collègues. Il est certes arrivé en tête, mais avec 29,79% des voix tandis que David Habib se classait en seconde position avec 25,42%. Un score il est vrai très éloigné de la victoire que le député avait obtenue dès le premier tour en 2012.

Cette semaine, un duel serré va être livré par les deux hommes. « J’ai un projet local et national. Je vais le développer auprès de ceux qui ont voté et de ceux qui se sont abstenus » indique David Habib dans cette circonscription où plus de 43% des électeurs ne se sont pas déplacés. Michel Bernos, lui, bénéficie déjà du soutien de Bernard Dupont, un candidat UDI, crédité de 8,75% des suffrages. Affaire à suivre

4e : l’inconnu qui fait peur à Lassalle

Loïc Corrégé, un militaire de carrière face au député Jean Lassalle

S’étalant à cheval sur le Béarn et le Pays Basque, l’immense circonscription de Jean Lassalle voit le berger de Lourdios-Ichère trembler sur ses bases. Un militaire de carrière, Loïc Corrégé, qui fait partie des nombreux tirailleurs mobilisés par La République En Marche, en est la cause.

Le trublion est arrivé en tête du premier tour avec un score de 25,41%, supérieur à celui du député sortant (17,71%) qui se retrouve du coup en ballotage.

Cet effet de la « vague Macron » a renvoyé sur le sable le candidat socialiste Bernard Uthurry, vice-président du Conseil régional en charge du développement économique (12,63%). Un élu qui, dimanche soir, ne cachait pas sa déception de voir « l'inconnu » damer le pion aux gens d’expérience.

Comme ailleurs, Les Républicains représentés ici par Marc Oxibar, ne font pas des miracles (9,66%). Et, plus qu’ailleurs, le FN paie sa fin de campagne présidentielle calamiteuse (4,28%).

Pour qui voteront les électeurs ? Réponse mi-figue mi-raisin de Marc Oxibar, dimanche soir : « Je vais voir si Loïc Corrégé est un élu de terrain et si Jean Lassalle n’a pas abandonné le terrain ».

5e : En Marche creuse l’écart

Florence Lasserre-David, en tête avec 37,11%

‌Au Pays Basque, la première leçon de ce premier tour des législatives aura été le différentiel entre le pourcentage de La République en marche et ses premiers poursuivants. Qu'on en juge d'abord dans cette 5e circonscription mixte Bayonne- Anglet.
Florence Lasserre, la fille du président du Conseil départemental Jean-Jacques Lasserre, adoubée par François Bayrou, a atteint 37,11% de suffrages, distancant sérieusement la députée socialiste sortante Colette Capdevielle ( 13, 24%%).

 La candidate Les Républicains, Caroline Oustalet, conseillère municipale de la majorité du maire CLaude Olive, désignée dans l'urgence suite au retrait de Sylvie Durruty, adjointe au maire de Bayonne qui se rétrogradait en suppléante, n'a obtenu que 11,33%.

 Quant à l'UDI Yves Ugalde, soutenu par le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray, il ne franchit même pas la barre des 4% (3,49%). Le mundillo taurin et litteraire n'a pas fonctionné.
Le  Front national Jean-Michel Iratchet , avec 7%, confirme pour sa part sa méforme présidentielle dans la circonscription.

Pour ce premier tour, il n'y aura eu que 52,92% de participation face à 47,08% d'abstention.

6e : l'ombre de Bayrou

En réalité, à l'ouest du département, c'est la sixième circonscription qui faisait objet d'un test.

François Bayrou, qui était très largement désigné comme responsable du casting d'investiture, allait-il être sanctionné par nombre d'électeurs qui n'avaient point apprécié ce fait du prince ? Que nenni !

Le maire de Cambo-les-Bains Vincent Bru, grand navigateur du centre droit,  allait-il faire les frais de cette colère qui a réuni 900 signatures de pétitionnaires sur les réseaux sociaux....basques? Non ! Il a même fait mieux dans cette verte campagne basque très conservatrice.

Sur 52,99% de participation, Vincent Bru  a obtenu 38,94% des suffages, loin lui aussi  de la candidate Les Républicains Maider Arosteguy, (15,28%) et devant le régionaliste Peio Etcheverry-Ainchart (12%).

 La députée socialiste sortante, Sylviane Alaux, elle, ne pointe qu'à la cinquième place avec 7,45%. Autant dire inélligible avec un tel retard. A  moins d'affinités régionales et de la gauche morcelée. Et ce ne sont pas les 6;41% de la FN Sylviane Lopez qu peuvent lui venir en aide. Vers qui iront-ils?
Moralité: avec une participation bien médiocre, il y a bien un mouvement En Marche et une forme de sanction des socialistes sortantes.

Le duel Florence-Lasserre-Colette Capdevielle ne manquera pas d'intérêt et va obliger l'avocate bayonnaise à éclaircir son positionnement politique  vis à vis du nouveau président .

Quant à Maïder Arosteguy dans la sixième, longue est encore sa route. L'affaire Fillon aura fait bien des dégats dans deux circonscriptions qui lui tendaient les bras au lendemain des primaires.

Les résultats dans le département :

http://elections.interieur.gouv.fr/legislatives-2017/064/index.html

 

Jean-Jacques Nicomette et Félix Dufour

Jean-Jacques Nicomette
Jean-Jacques Nicomette

Crédit Photo : Aqui

Publié sur aqui.fr le 12/06/2017