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Agriculture | Pyrénées-Atlantiques : vers une « irrigation de précision »

Un principe : ne pas utiliser plus d'eau qu'il n'en faut

« Aujourd’hui, nous devons produire plus avec moins : moins d’eau, moins de fertilisants, moins de produits phytosanitaires ». Nicolas Ponsan, qui cultive du blé, de l’avoine, du maïs, des petits pois et du tournesol dans le nord du Béarn, résume en une phrase le casse-tête auquel sont confrontés les agriculteurs. Un monde d’exigences dans lequel la gestion de l’eau tient une place importante. En dépit des coups de colère du ciel, les Pyrénées-Atlantiques ont en effet vu la préfecture imposer cet été des restrictions sur l’ensemble du département. Une réalité à laquelle les cultivateurs s’adaptent de diverses manières.

L’eau dont se sert Nicolas Ponsan pour travailler ses terres à Mont-Disse provient essentiellement de retenues collinaires. Des aménagements indispensables, estime cet agriculteur qui ne voit pas « ce qu’il y a d’anti-écologique à faire un lac » et souligne l’intérêt que cela peut également présenter sur le plan touristique : pêche, campings, itinéraires sportifs et l’on en passe.

Des aides à la décision

De là à penser qu’il suffit de puiser et d’arroser serait toutefois aller très vite en besogne. C’est ce qu’explique Olivier Soulié, directeur technique innovation chez Euralis. Différentes approches sont ainsi menées en matière de cultures.

La première réside dans la réflexion engagée autour de la plante. « Certaines variétés de maïs sont par exemple plus économes en eau. On peut également pratiquer des stratégies d’esquive. Elles consistent à semer de manière un peu plus précoce pour éviter les gros pics de chaleur et, là encore, limiter les apports en ressource hydrique ».

Par ailleurs, l’irrigation se pilote. Comprenez qu'elle se prépare. « L’idée, c’est de disposer d’aides à la décision à des moments clés et de moduler le nombre de millimètres d’eau apportés dans le sol. Car si l’irrigation permet de produire elle a aussi un coût, en énergie entre autres »

D’où l’intérêt de mieux connaître les sols. C’est notamment ce que permet un outil informatique comme Irré-LIS.

 Via un smartphone ou une tablette, celui-ci indique en temps réel l’état de la réserve en eau du terrain, mais aussi les dates auxquelles la plante sera le plus sensible au manque d’eau. Ce qui permet d’évaluer l’opportunité d’une irrigation à un moment donné.

Les calculs sur lesquels il s’appuie sont réalisés à partir de données travaillées par les spécialistes de l’institut technique Arvalis.

« C’est la méthode la plus simple et la plus généralisée » dit  Nicolas Ponsan, tout en évoquant d’autres techniques, plus coûteuses celles-là. Tels les tensiomètres qui indiquent la puissance d’attractivité en eau des racines d’une plante, ou encore les sondes capacitives permettant de connaitre le volume d’eau  contenu dans le sol.

Prise de conscience

« On est passé d’une irrigation empirique, par observation, à une irrigation de précision, qui peut se faire parcelle par parcelle » résume Olivié Soulié. « Depuis quatre ou cinq ans, le groupe coopératif Euralis a pris conscience qu’il fallait aussi accompagner ses adhérents dans ce domaine ».

Cette démarche ne relève pas du détail au moment où, explique-t-il, « l’on doit clairement avoir en tête la contrainte environnementale ». Et cela, même si quelques chiffres méritent d’être rappelés. Dans les Pyrénées-Atlantiques, 7 milliards de mètres cubes d’eau de pluie tombent chaque année et viennent  alimenter les nappes souterraines, indique la coopérative.

Pour leur part, les prélèvements d’eau destinés à l’agriculture sont de 26 millions de mètres cubes, précise la base Eider de données régionales et départementales sur l’environnement. Ce qui équivaut à 0,3% du volume des pluies « efficaces » (traduisez celles qui ne s’évaporent pas).

Il faut enfin savoir que 10% de la surface agricole utilisée dans le département est irriguée. Ca limite les clichés.

Jean-Jacques Nicomette
Jean-Jacques Nicomette

Crédit Photo : Aqui

Publié sur aqui.fr le 21/08/2017