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Edito | Humeurs d'été: une rentrée, odeur de cendres.

"Déferler: se précipiter en masse": ouf! Le petit Larousse m'a rassuré. J'avais craint, en première réaction aux propos de Jean-Luc Mélenchon, ce dimanche à Marseille, que le leader de la "France insoumise" n'ait voulu donner dans la métaphore marine - "rouler et se briser avec bruit en parlant des vagues" - pour appeler le peuple de France à "déferler'" le 23 septembre sur Paris pour s'opposer " au coup d'état social" d'un gouvernement qui "organise la misère et la pagaille." Et puis le député des Bouches-du-Rhône ne s'est-il pas présenté comme le "garant de l'ordre", prêt sans attendre à gouverner?

Ces quelques saillies verbales d'un homme qui connaît le poids des mots nous éclairent, en tout cas, sur les intentions de cette gauche radicale qui se voit comme la seule force d'opposition, en ces jours qui fleurent la rentrée. Que l'on pardonne à l'auteur de ces lignes d'avoir hésité à accoler au verbe fleurer l'adjectif "bon", 'fleurer bon"... Cette rentrée, en effet, a comme une odeur de cendres dans un paysage politique décomposé où personne, hormis les envolées du tribun Mélenchon, ne sait trop comment s'y prendre pour jouer sa partition.

Certes, les amis d'Alain Juppé se sont réchauffés à Bordeaux pendant le week-end et Valérie Pécresse a confirmé qu'elle était bien la fondatrice de "Libres"...Notons le mot, encore, qui autorise de larguer les amarres des "Républicains" si d'aventure Laurent Wauquiez gagnait la partie, très à droite, en pensant à casser les reins d'un Front National jusqu'ici plutôt silencieux. Le maire de Bordeaux, pour sa part, n'a pas été tendre à propos des cent jours d'Emmanuel Macron et du "grand flou artistique sur le budget de 2018." Rude manière de compliment pour le premier ministre Edouard Philippe qui est pourtant un de ses proches. Quant au PS qui a réuni sa "direction collégiale" à Paris il ne veut plus de congrès de "synthèse jusqu'à l'absurde", annonce la lancée "d'ateliers de refondation" et un congrès du même nom pour février prochain.

Soit... la semaine qui arrive devrait donner le ton car c'est le 31 août que le contenu des ordonnances sera dévoilé, à la suite des ultimes rencontres de ces derniers jours entre la ministre et les organisations professionnelles et syndicales. La concertation de l'avis des syndicats semble ne pas avoir été que formelle. Soyons certains, en tout cas, qu'il faudra plus qu'un discours, façon méthode Coué, pour convaincre le pays qu'une nouvelle donne, dans l'organisation du travail, permettra de créer assez d'emplois pour mettre fin au chômage de masse que le président de la République affirme vouloir combattre. Il lui faudra, lui justement, entreprendre un effort d'explication, de mise en perspective, qui jusqu'ici fait terriblement défaut dans l'exercice du nouveau pouvoir, même si on a bien compris que sa tournée européenne contre "le travail détaché", qu'il avait pointé sévèrement pendant sa campagne, avait aussi une dimension de politique intérieure, en ces jours de rentrée.

 

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 27/08/2017