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Société | Le Centre de Formation Professionnelle en langue et culture OCcitane, qu’es aquò ?

Ce mercredi 20 septembre, à Pau, la salle de l’Assemblée départementale a en entendu résonner l’occitan à l’occasion de la remise des diplômes du Centre de Formation Professionnelle en langue et culture OCcitane.

Ce mercredi, à Pau, la salle de l’Assemblée départementale a entendu résonner l’occitan à l’occasion de la remise des diplômes du Centre de Formation Professionnelle en langue et culture OCcitane. Sur la photo des diplômés, petits et grands sont réunis. Mais, dans la grande famille des locuteurs de l’occitan, Aqui choisit aujourd’hui de faire le focus sur ces adultes qui retournent en cours pour apprendre ou réapprendre la langue occitane. Une démarche porteuse de (ré)appropriation culturelle, mais aussi souvent, d'opportunités professionnelles. Des cours et formations délivrés par le CFPOC, dont Marie-Hélène Villacampa, la directrice, nous a donné les clefs.

Pauline et la langue occitane, c’est une histoire qui aurait pu ne jamais exister. Ces grands-parents, dont c’était la langue maternelle, ont toujours refusé de lui parler en occitan, et plus encore de lui enseigner ce qu’on leur avait appris à considérer comme « une  langue de ploucs ». A leur époque, pour l’Ecole de la République, c’était le Français avant tout et sur tout. Comme un pied de nez à l’histoire, aujourd’hui, dans cette même Ecole, Pauline est enseignante bilingue… français-occitan. Une compétence recherchée, pour laquelle l'Education Nationale a bien du mal à répondre à l’engouement des parents. Pour sa part, Pauline enseigne à Artiguelouve en classe de maternelles, CP et CE1… Ce choix du bilinguisme, elle l'explique par son investissement personnel dans des associations occitanes, et par « le bienfait » qu’elle constate sur ses élèves « en termes de pédagogie, de curiosités et d’ouverture d’esprit » notamment. Et, bien qu’absente de ses propres relations familiales, la langue occitane et sa culture, « ça fait partie de notre environnement de tous les jours, c’est aussi le cas de mes élèves ».

Enseignants, soignants, animateurs, journalistes, ...
Pour pouvoir obtenir ce poste d'enseignante bilingue en occitan, elle a passé l’habilitation agréée par l’Education Nationale. En d’autres termes, elle a suivi une formation professionnelle de 6 mois dispensée par le CFPOC, et financée par le dispositif « Ensenhar » mis en place par le Conseil régional. Mais son amour de la langue occitane, a poussé la jeune femme à poursuivre son apprentissage par des cours du soir, tout au long de l’année qui vient de s’écouler. Toujours au CFPOC. Un beau parcours, débuté en décembre 2015, qui a débouché ce mercredi sur l’obtention d’un diplôme de niveau C1 soit le plus élevé en termes de compétences linguistiques. Un parcours qui a lui seul synthétise la double mission de diffusion de la langue occitane du CFPOC, auprès des professionnels et des particuliers et ce dès sa création à Orthez en 1999.

« Il faut préciser que le CFPOC Nouvelle-Aquitaine fait parti du réseau des CFPO avec les Centres de Languedoc à Béziers, de Midi-Pyrénées à Toulouse et bientôt d’Auvergne. Il a été créé à l’époque pour former les enseignants des calendretas, et pour aider les parents à suivre la scolarité de leurs enfants, grâce à des cours du soir de langue occitane », indique Marie-Hélène Villacampa, sa directrice depuis 2011.
Mais coté formation professionnelle, la palette des secteurs d’intervention de la structure s’est beaucoup élargie, à l’image du dynamisme de la langue. « Nous formons des enseignants bilingues et des formateurs, mais aussi des ATSEM pour les écoles bilingues et les calendretas. Nous avons aussi des collaborations dans le domaine de la petite enfance, par exemple, avec des actions de formations en vallée d’Ossau auprès des deux seules crèches bilingues existentes. Autre exemple, nous participons au programme « Que parli dab tu ? » qui vise à former soignants et animateurs dans les EPADH » Et pour cause, pour les personnes âgées qui y vivent, l’occitan est bien souvent la langue natale. Pour les professionnels qui interviennent dans ces structures, maîtriser la langue est donc un atout non négligeable.

Une forte volonté de développement
Dans la même logique des actions de formation sont aussi menées avec des collectivités locales, dont le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques. Là encore l’effet recherché est à la fois la promotion de la langue en tant qu’identité du territoire, mais aussi un meilleur échange avec les usagers. « La culture est aussi un de nos champs d’action régulier : formations ou remises à niveau de journalistes travaillant pour des médias en langue occitane, de comédiens ou encore de chargés de mission au sein d’associations culturelles… ».
Mais la directrice, qui insiste sur « la capacité du Centre de formation à s’adapter à toutes les demandes », compte bien développer plus encore l’outil qu’elle a entre les mains. La structure agréée et référencée au Datadock, réunit une équipe de 6 permanents et 15 formateurs vacataires. Son projet est de parvenir à toucher « les grosses multinationales » présentent en Béarn : Total ou encore Euralis sont notamment dans son viseur. Son idée : « proposer des formations d’initiation à la culture et à la langue occitane aux salariés de ces entreprises pour mieux vivre et mieux connaître le territoire sur lequel ils travaillent. »
Autre axe qu’elle souhaite développer : « nous devons mettre en place une ingénierie de formation à la langue pour les personnes en recherche d’emploi, car la demande en personnel sachant parler occitan est importante. Je vais également essayer de me rapprocher des autres centres de formation pour adultes tels que le GRETA ou des centres de formation spécialisés, comme par exemple les écoles d’infirmières. »

Marie-Hélène Villacampa, Directrice du CFPOC


317 apprenants au cours du soir
Mais, outre les formations professionnelles, le CFPOC, propose aussi 37 cours du soir, pour toute personne souhaitant se lancer dans l’apprentissage de la langue. Du débutant au plus expérimenté, 4 niveaux sont accessibles, au rythme de 30 cours d’une heure et demie par semaine, « soit 45 heures sur l’année hors vacances scolaires ». « Les cours sont principalement donnés dans des villes et villages du Béarn, mais pas seulement. Nous sommes aussi présents à Bayonne, et prochainement à Bordeaux », précise la directrice. Mais des stages intensifs d’immersion sont aussi proposés. Sur 2016-2017, le centre de formation a compté 317 apprenants en cours du soir… ! Dynamisme n’est pas un vain mot !
« Parmi ceux-là, il y a beaucoup de jeunes qui ont envie de reparler la langue de leur grands-parents, mais pas seulement; Nous avons un peu de tous les profils » insiste Marie-Hélène Villacampa. Quant à savoir à quel niveau s’inscrire, « le centre fait des pré-évaluations pour connaître le niveau des élèves. Et généralement, les gens sont meilleurs qu’ils ne le croient, car même sans s’en apercevoir l’occitan est très présent autour de nous ». Une langue inscrite dans la vie culturelle, sociale et économique des territoires. En d'autres termes, une langue vivante.


Site internet du CFPOC: www.cfpoc.com
Dernière précision, le passage du diplôme, s’il est gratifiant et certifiant dans une optique professionnelle n’a rien d’obligatoire ! Et si l'occitan vous tente, la rentrée du CFPOC c'est dès ce lundi 25 septembre pour les cours du soir. Demandes d'inscritpion sur le site internet du CFPOC

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 21/09/2017