Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Politique | Sénatoriales : la gauche recule dans les Pyrénées-Atlantiques

De g. à droite : Frédérique Espagnac (PS), Max Brisson (LR) , Denise Saint Pé (Modem)

Une centriste, une socialiste et un LR. Avec les sénatoriales, la donne change dans les Pyrénées-Atlantiques. Premier constat : la gauche n’est plus majoritaire. La sortante PS Frédérique Espagnac tire certes largement son épingle du jeu en obtenant 34,04% des suffrages. Par contre, la centriste Denise Saint Pé (22,86%) soutenue par le Modem, l’UDI et La République en marche, succède à Jean-Jacques Lasserre. Quant au biarrot Max Brisson, candidat LR (17,38%), outre les qualités dues à sa longue expérience d’élu, il profite d’un sursaut de la droite ainsi que, vraisemblablement, d’un réflexe basque pour faire son entrée au sein de la chambre haute du Parlement.

Pourquoi les choses seraient-elles simples au pied des Pyrénées ? Aucun mot de trop n’a été échangé, car ces choses-là ne se font pas.  Mais le torchon brûlait ces derniers temps entre les deux sortants de gauche sur les trois sénateurs que comptaient les Pyrénées-Atlantiques.

Désignée par les militants de son parti pour briguer un nouveau mandat et porter les couleurs du PS aux sénatoriales, Frédérique Espagnac, ancienne attachée de presse de François Hollande et conseillère régionale, s’est retrouvée confrontée à la fronde de son collègue, et camarade,  Georges Labazée. Un élu de 74 ans, ex-président de l’ex-Conseil général,  qui de toute évidence ne la portait pas dans son cœur.

Dans une interview accordée à nos confrères de La République des Pyrénées, celui-ci lui reprochait,  entre autres griefs,  l’attitude ambigüe qu’elle avait adoptée avec les centristes pour se faire élire sénatrice en 2011: un pied à gauche, l’autre un peu à droite.

 Sans hésiter à se mettre en congé du PS, Georges Labazée s’est donc maintenu pour présenter une candidature dissidente en 2017. Tout en annonçant que, s’il était élu, il cèderait la place à Nadine Lambert, deuxième sur sa liste. « Une personne remarquable qui a des valeurs sociales et une éthique » a-t-il commenté, en expert du sous-entendu. Une langue qui est aussi couramment parlée que l’occitan dans son pays de Béarn.

La tactique ne s’est pas avérée payante. La liste « Gauche, solidaires des territoires » conduite par Georges Labazée n’a recueilli dimanche que 11,91% des suffrages des grands électeurs.

 Ce qui la place très loin du score sans appel dont Frédérique Espagnac et ses colistiers, ont été crédités. Ces derniers profitant de manière très logique de l’inquiétude, voire de la colère,  provoquée chez les élus locaux par la suppression de la taxe d’habitation et par celle des emplois aidés.

La tradition centriste et le sursaut LR

Dans un département que préside un élu Modem et qui a vu déferler la vague Macron, la centriste Denise Saint-Pé, vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’Education, est l’autre gagnante du scrutin.

Etiquetée Modem et soutenue par l’UDI ainsi que par LREM,  cette conseillère régionale qui préside le Syndicat d’énergie des Pyrénées-Atlantiques a été maire d’Abitain, dans le Béarn des gaves. Elle succède au basque Jean-Jacques Lasserre, l’actuel président de l’assemblée départementale.

Concerné par le cumul des mandats, celui-ci a en effet préféré garder cette dernière fonction. Parce que, explique-t-il, le Département est « un véritable espace de solidarité » et qu’il pourra continuer à y mener à bien des projets qui lui tiennent à cœur : le très haut débit, le plan montagne.

Quant à Max Brisson, vice-président LR du Conseil départemental  chargé des finances et représentant le canton de Biarritz avec Maïder Arosteguy, il bénéficie d’un score plus modeste. Cela dit, il recueille le bénéfice de deux tendances. Tout d'abord un sursaut des Républicains, mis à mal depuis les dernières élections nationales. Mais également, c’est fort probable, d’un réflexe  basque en dépit des positions adoptées ces dernières années par Frédérique Espagnac en faveur de cette partie du département.

Il est où, le FN ?

Dans une élection où huit listes avaient été constituées, on notera par ailleurs les 6,65% obtenus par le centriste souletin Jean-Pierre Mirande, conseiller départemental de la montagne basque et président du Service départemental d’incendie et de secours. Un score supérieur aux 3,3% attribués aux candidats régionalistes et aux 2,74% obtenus par le PCF.

Le Front National, lui, tombe dans les oubliettes avec 1,12%. Preuve que ce parti d’extrême droite ne constitue décidément pas la tasse de thé des élus de terrain.

Tous les résultats :

https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Senatoriales/elecresult__senatoriales-2017/(path)/senatoriales-2017/064/index.html

Jean-Jacques Nicomette
Jean-Jacques Nicomette

Crédit Photo : Aqui

Publié sur aqui.fr le 24/09/2017