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Edito | Une métropole millionnaire? Voire...

Vous avez dit millionnaire? ... Millionnaire. L'objectif, dans une communauté urbaine qui allait devenir métropole, participait plus d'une volonté que de l'obsession d'atteindre ce chiffre d'un million d'habitants. Et puis dans une ville dont tout le monde saluait le renouveau, que l'Unesco avait inscrit à son patrimoine mondial, l'ambition était de s'afficher dans le sein des grandes cités européennes, celles qui font réseau et semblent compter, d'abord, pour leur capacité à attirer plus que de nouveaux habitants, des sièges sociaux et de nouvelles entreprises. A cet égard, en cet automne 2017, Bordeaux a plutôt relevé le défi. L'arrivée de la grande vitesse ferroviaire, au coeur d'Euratlantique, vient couronner l'attractivité de la métropole dans le mouvement général qui conduit nombre de nos concitoyens à s'installer au sud et à deux pas du littoral, de l'Océan.

L'image de la ville, intimément liée à la proximité du plus grand vignoble d'appellation de la planète, ajoute à cette évolution spectaculaire que la fréquentation touristique internationale, particulièrement impressionnante dans les mois d'été, amplifie encore. Et, ne parlons même pas des palmarès et sondages divers et variés qui situent la ville au sommet de la notoriété.

Il était inévitable que pareil succès ne soit à la source de quelques revers. Ceux-ci commencent à prendre une certaine ampleur qui mérite plus qu'un constat. Une prise de conscience, une manière de point d'étape dans un développement, une croissance, qui ont eu tendance à affoler les indicateurs que sont les prix de l'immobiler ou la spéculation foncière, dans une agglomération qui, notons-le, vient d'accepter, un peu tard, qu'un Etablisssement Public Foncier puisse intervenir. Et puis il y a le gros point noir de la circulation qui, non seulement, affecte le coeur de la cité mais plus encore l'ensemble de la métropole avec des conséquences économiques et sociales, difficiles à quantifier mais pourtant bien réelles. Des temps de trajets, de l'ordre de l'heure et demie pour aller au travail quand on n'a d'autre solution que de s'y rendre en voiture, des temps certes moindres, en général, entre les communes desservies par le tram et le coeur de la cité.

Cette situation, dont la congestion de la rocade bordelaise est le marqueur absolu, génère des frustrations dont les élus n'ont pas forcément toujours pris la juste mesure. Ils vont devoir, dans leurs travaux sur l'avenir de la métropole, prendre en compte les effets néfastes de ces vies de "banlieusards métropolitains" dont certains, quand on les interroge, ne s'étaient pas imaginé retrouver à Bordeaux des conditions de vie qu'ils pensaient, en y venant, avoir laissé derrière eux.

L'ambition millionnaire, à défaut d'être abandonnée, ne semble plus aussi première; le maire de Bordeaux président de la métropole n'est pas loin de le penser. Et les habitants encore bien davantage que l'attractivité de la ville, y compris avec les dérives contemporaines du type airbnb qu'elles entraînent, ont tendance à exaspérer. Un état des lieux général semble vraiment nécessaire pour éviter que ne se creuse un fossé entre anciens et nouveaux habitants. Des intiatives naissent, ici et là, le plus souvent d'origine citoyenne, outre qu'elles dénotent la vitalité de la vie associative, y participent. Et c'est tant mieux.

 

 

 

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 07/10/2017