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Politique | « La baisse vertigineuse du nombre de médecins n’a pas eu lieu ! » Joël Hocquelet, vice-président du CD47 en charge de la démographie médicale

La MSP de Monflanquin

Alors que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, vient d’annoncer les grandes lignes de son plan d’actions visant à renforcer l’accès territorial aux soins, le Conseil départemental de Lot-et-Garonne, accompagné de l’ARS et de la Préfecture, tire un bilan plutôt « positif » de l’action de la CODDEM, la Commission départementale de la démographie médicale, mise en place en 2009. Cette commission a comme priorité d’enrayer la chute du nombre de médecins en créant des Maisons de santé pluridisciplinaires, et d’attirer, de surcroît, les internes de la faculté de Bordeaux…

En 2009, la CODDEM voyait le jour en Lot-et-Garonne. L’objectif de cette commission est la lutte contre la désertification médicale. Huit ans après sa création, Joël Hocquelet, vice-président du Département, délégué à la démographie médicale, dresse un bilan plutôt « positif » de ses travaux. « Nous avons beaucoup travaillé pour attirer des internes en Lot-et-Garonne en multipliant, notamment, les possibilités d’effectuer leur stage chez les médecins généralistes-maîtres de stage. Aussi, nous avons fait en sorte de doter notre territoire de Maisons de santé pluridisciplinaires. » Les Maisons de santé, « un outil plébiscité » Aujourd’hui, huit pôles de santé sont érigés en Lot-et-Garonne, regroupant une vingtaine de Maisons de santé. Seuls deux secteurs aujourd’hui ne sont pas dotés de ces infrastructures car « aucune volonté de cet ordre a émané du terrain ». Ces Maisons ont eu deux impacts. Elles ont été investies par les médecins présents, « du coup, ces derniers ne sont pas partis, nous avons su les garder en place. C’était cela aussi le challenge ! Nous avons donc réussi à juguler l’hémorragie annoncée », se réjouit Joël Hocquelet. Elles ont également été attractives pour les jeunes médecins. « Tous sont installés depuis quelques années en Lot-et-Garonne dans les Maisons de santé. C’est un outil qu’ils plébiscitent car ils souhaitent travailler en réseau. » « L’hémorragie des médecins enrayée » Aujourd’hui, la catastrophe annoncée a été évitée ! « Je me souviens d’une courbe présentée en 2009-2010 par le Conseil de l’Ordre qui montrait que la démographie allait diminuer avant de connaître une chute vertigineuse. Cette chute n’a pas eu lieu ! », analyse l’élu départemental. Malgré ces bons résultats, la CODDEM réfléchit toujours à des solutions pour densifier la population des médecins. « Salarier des médecins peut être aussi une solution, précise le vice-président. Certes, les jeunes médecins préféreraient être salarié. Mais il faudrait savoir si ce dispositif pourrait être viable à long terme. Il est vrai que l’hôpital, la commune voire le Département peuvent salarier des médecins. C’est une possibilité à réfléchir... »

La MSP de Casteljaloux
 

Des maîtres de stage en nombre pour attirer les internes bordelais Deux fois par an, une nouvelle promotion d’internes bordelais arrive dans le 47 pour réaliser leur stage pratique. Pour saluer leur venue sur le territoire, la CODDEM organise dans les locaux du Département une soirée d’accueil « forte appréciée », selon Pascale Trijaud, chargée de mission démographie médicale au sein du CD47, car elle permet de « décloisonner, rencontrer des médecins et prendre connaissance des projets en matière de santé ». Mais pour que ces internes viennent dans le département, encore faut-il qu’il y ait des maîtres de stages. La CODDEM a aussi fait en sorte que les médecins généralistes deviennent maître de stage. « De quinze maîtres de stage en 2011, nous sommes passés à une quarantaine aujourd’hui ! »

Les jeunes médecins veulent travailler deux/trois jours par semaineAujourd’hui, un phénomène nouveau vient peupler les pratiques des jeunes médecins. En effet, ils souhaitent travailler deux voire trois jours par semaine maximum. Du coup, l’offre de santé sur certains territoires reste la même. « Sur certaines zones du département, nous avons pu constater une installation massive de jeunes médecins, même pour certaines des doublons. Malgré cela l’accès aux soins reste le même », car les médecins travaillent moins qu’avant. Une nouvelle problématique à prendre en compte pour continuer la lutte contre les déserts médicaux…

Sybille Rousseau
Sybille Rousseau

Crédit Photo : XC/CD47

Publié sur aqui.fr le 18/10/2017