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Economie | Pau : le tourisme sur un clic

Julien Trombini, de Metigate : la météo comme base de données

Plus d’un Français sur deux considère que le fait de partir en vacances constitue « un besoin vital ». « Le chiffre est énorme. C’est du jamais vu » commente Guy Raffour qui s’est spécialisé dans l’observation de nos mœurs touristiques. Cet expert des pratiques Internet participe aux rencontres nationales de l’e-tourisme organisées ces jours-ci à Pau. Une grand’messe des loisirs au cours de laquelle sont aussi bien réunis des institutionnels – comités, offices de tourisme, collectivités locales et l’on en passe – que des entreprises intéressées par ce marché en pleine expansion. L’enjeu est de taille. En Nouvelle-Aquitaine, celui-ci a généré 12,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015. Ce qui en fait la seconde activité économique régionale derrière l’agro-alimentaire.

Des enquêtes réalisées tant auprès des agences de voyages que des consommateurs laissent entrevoir plusieurs tendances de fond.

Chez les 34 millions de Français de plus de 15 ans partis en vacances l’année dernière, les séjours de courte durée, c’est-à-dire de une à trois nuits, se portent plutôt bien. Car ils permettent de décompresser sans trop dépenser.

La palme revient toutefois aux hébergements payants de longue durée (41% des séjours). Sachant que ces derniers sont caractérisés par un désir très net. Même si le budget est réduit, on veut donner du sens et de l’intensité à ses vacances. Mieux vaut avoir cela à l’esprit, conseille Guy Raffour aux gens de métier.

Autre constat : la très grande majorité de nos compatriotes part… en France. Quant au budget qu'ils consacrent à leurs congés, il a été prévu et économisé par 67% des intéressés.

Bref, tout a été prévu et il n’est pas question de partir en payant à crédit. Là aussi, le détail mérite d’être retenu, en particulier par les croisiéristes. « Car si on découvre sur place des services que l’on ne peut pas se payer, il y aura frustration ».

Le roi smartphone

Guy Raffour :

Reste l’évidence : l’importance que revêt aujourd’hui Internet. Dans un pays où 46,9 millions de personnes surfent sur la toile, les vacances se préparent en effet de plus en plus en ligne.

« Cela  ne veut pas dire qu’il faut tout mettre sur Internet » indique Guy Raffour aux professionnels. « Ce n’est pas parce que la voiture est apparue que le vélo a disparu. L’innovation doit être intégrée dans la vie des gens, sans remplacer tout le reste. Il faut pratiquer le multicanal, avec peut-être par exemple des brochures moins épaisses, plus informatives ».

Cela étant, la nuance n’empêche pas les smartphones et les tablettes d’être devenus les maîtres du jeu. A tel point que leur usage, désigné aujourd’hui par le néologisme de «  m-tourisme », joue un rôle dans 65% des comportements d'achat adoptés sur les lieux de vacances. Excusez du peu.

La Région monte au front

Dans ce contexte, il n’y a rien d’étonnant à voir Sandrine Derville, vice-présidente du Conseil régional en charge du tourisme, évoquer les aides que la Nouvelle Aquitaine entend apporter aux acteurs du tourisme dans divers domaines.

Que ce soit pour faciliter leur « montée en compétence numérique » ou former leurs personnels. Sans parler du rôle de chef d’orchestre que la Région souhaite jouer pour amener ces professionnels à « se connaître, se respecter » et à mieux travailler ensemble.

Ce plan de bataille a été inscrit dans un schéma régional touristique qui sera soumis au vote en 2018. Cela, au sein d’un vaste territoire tirant sa force de sa diversité. « Mer, ruralité, montagne… Nous avons tout » se réjouit l’élue. Qui s’en plaindra ?

Startups : une mine d’idées

Pierre-Jean Mathivet, de Kalkin : des territoires et des loisirs en 3 D

Dans le même esprit, un appel a été lancé par la Région aux démarches touristiques innovantes,  technologiques ou bien liées aux usages.

Les Rencontres de l'e-tourisme organisées à Pau font de même en mettant en avant les projets mis au point par plusieurs startups. Tel celui des Auvergnats de Kalkin, qui proposent de découvrir en 3D un territoire et les possibilités de loisirs qu’il offre grâce à des tables tactiles installées dans les lieux publics (http://www.kalkin.fr).

Ou encore, l’idée originale développée par Metigate (www.metigate.com). Cette startup parisienne a eu l’idée de s’appuyer sur la météo pour développer des communications sur les réseaux sociaux. Elles ont trait aux voyages, au tourisme, à l’e-commerce et à une foule de choses.  La jeune entreprise travaille même avec la SNCF pour anticiper la chaleur des rails et en planifier la maintenance. Entre autres applications…

Des vacances pour tous

Sur un plan plus général, les rencontres organisées à Pau sont de même  l’occasion de rappeler que 47% des Français ne sont pas partis en vacances l’année dernière.

Une réalité qui amène Sandrine Derville à souligner l’intérêt que la Région porte au développement du tourisme social. Par exemple en permettant aux campings de réserver, un certain nombre de parcelles aux emplacements nus.

Le rôle moteur que jouent certains événements culturels pour attirer des visiteurs en Nouvelle Aquitaine est également évoqué à travers un exemple : le  festival Garorock qui attire de nombreux visiteurs à Marmande. " Le tout est de les retenir un peu plus longtemps".

Au pied des Pyrénées, l’élue basque évoque enfin  la nécessité pour les espaces de montagne de ne pas miser uniquement sur la neige de culture en hiver, mais de jouer aussi la carte des quatre saisons. C’est la raison pour laquelle la Région a accepté de mettre la main au portefeuille pour rénover la télécabine d’Artouste qui fonctionne aussi bien l’été que l’hiver, explique-t-elle. « L’avenir est peut-être là ».

Jean-Jacques Nicomette
Jean-Jacques Nicomette

Crédit Photo : Aqui

Publié sur aqui.fr le 18/10/2017