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Société | Lancement du premier coworking agricole à Tresses

Charles et Sarah, bénévoles de la Ferme de la Glutamine

Créée il y a moins d’un an, la Ferme de la Glutamine voit déjà très grand. Cette association se présente comme un « laboratoire d'idées » pour proposer une agriculture durable, locale et vivrière. Début novembre, l’association lance l’un de ses nombreux projets : l’accompagnement de maraichers vers une installation pérenne économiquement en les incubant au sein d’un coworking agricole.

Ils étaient encore nombreux jeudi dernier à venir admirer la petite tiny-house installée depuis un mois et demi près de la Maison écocitoyenne de Bordeaux. Cette cabane mezzanine de 24m2 a été habitée tout ce temps là par Charles, qui avoue avoir pris plaisir à se laver sur les quais bordelais. C’est en avril dernier que Charles a décidé de lancer la Ferme de la Glutamine, accompagné de Sarah. L’association se présente comme un « laboratoire de l’agriculture durable ». Pour cela ils ont glané plusieurs initiatives d'ici et là, pour concevoir leurs propres expériences : centre de formations, coworking agricole, ateliers découvertes, tous les moyens sont bons à la Ferme de la glutamine pour proposer une agriculture différente.

« De la fourche à la fourchette »

C’est à la suite d’études et de "l’effroyable découverte" du contexte agricole actuel que Charles et Sarah ont voulu proposer des méthodes différentes pour les agriculteurs. « En 20 ans nous sommes passés de 2 millions d’exploitations à 500 000, chaque jours deux paysans se suicident » affirme Sarah qui s’inquiète de cette situation, « 90% des maraichers déposent le bilan dans les 10 premières années ». Un marché complétement dérégulé où la demande grandit de jour en jour ; "la production moyenne d’un maraicher a doublé, pourtant leurs salaires ont été divisés par deux" affirme les chiffres de l'association. C’est en partant de ce constat que les deux bénévoles ont décidé de militer pour, entre autres, la promotion du métier de paysan grâce au portage et à l’insertion de néo-maraichers en agro-écologie. Le tout s’articule autour d’un modèle d’économie circulaire « de la fourche à la fourchette » c’est à dire d’un travail du sol à l’assiette des consommateurs.

65 000 m2 à partager

Modèle de Tiny House proposé par la Ferme de la Glutamine

C’est l’heure du départ pour la tiny-house, le vélo-tracteur et les poules qui étaient confortablement installées sur les quais. Pourtant, lors de la soirée de clôture à la Maison écocitoyenne, Charles le garantit : « ce n’est que le début! ». Celui qui travaillait auparavant dans le domaine du bâtiment retient ses larmes face aux nombreuses personnes venues l’encourager et le féliciter. L’occasion des remerciements, mais aussi de lancer officiellement les inscriptions au coworking agricole. Le principe reste le même que pour un coworking traditionnel soit le partage d’un espace de travail qui peut servir de réseau encourageant l’échange et l’ouverture. Pour le coworking proposé par la Ferme de la Glutamine, pas de bureau à partager mais un terrain de 6,5 hectares, classé en zone agricole à Tresses.

Ce terrain familial est en prairie depuis plus de 40 ans et s’inscrit parfaitement dans une démarche biologique et permaculturelle, comme le souhaite l’association. Ainsi, l’objectif est de proposer dès janvier 2018, une parcelle différente de 4000m2 à 4 maraichers et, à long terme, à 12 de plus. Les heureux sélectionnés pourront profiter pendant 36 mois de ce terrain puisque l’objectif est que le maraicher s’installe sur son propre foncier par la suite. Durant cette période les maraichers auront à leur disposition une tiny-house de 24m2 qui permettra de les accueillir tout au long de leur expérience à Tresses « une offre qui rassure et qui évite qu’ils se retrouvent à la rue » commente l’association ; mais aussi une éolienne, un vélo-tracteur et l’accompagnement de professionnels pour mener à bien chaque projet. Si la parcelle est mise à disposition gratuitement par la Glutamine, le coût de ce « Pack Coworking » est de 30 000 euros sous forme d’une location à option d’achat. Les professionnels pourront donc partir avec le matériel acquis à la ferme. A la suite d’un dossier de candidature et d’un entretien oral un comité de sélection pluridisciplinaires choisira les premiers maraichers. « On cherche à diversifier les profils (…) autant de femmes que d’hommes, de jeunes, pourquoi pas des migrants ? » questionne Sarah devant la salle attentive. La bénévole rassure, pas besoin d’être « un pro » pour démarrer (les candidats doivent présenter un diplôme obtenu certifiant sa Capacité Agricole), il suffit d’avoir un vrai projet en accord avec les valeurs de l’association ». Pari lancé.

Pour candidater au coworking agricole, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 novembre 2017. Plus d’information sur fermeglutamine.org 

Alizé Boissin
Alizé Boissin

Crédit Photo : La Ferme de la Glutamine

Publié sur aqui.fr le 07/11/2017