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Politique | La Nouvelle-Aquitaine face aux défis de la jeunesse

Première Conférence territoriale pour la jeunesse

La Conférence territoriale de la jeunesse était lancée lundi 13 novembre à l'Hôtel de Région à Bordeaux. Réunie pour la première fois, elle regroupe des acteurs issus d'horizons divers et permettra à toutes celles et ceux concernés d'exprimer des idées et de faire des propositions. En associant les usagers aux politiques publiques, cette instance vise l'élaboration d'orientations stratégiques partagées et la coordination de ces stratégies entre les différents niveaux de collectivités territoriales et l'Etat.

Lundi matin, le grand hémicycle de l’Hôtel de Région faisait peau neuve. Aux habitués des débats et représentants d’instances politiques se sont mêlés de nombreux jeunes, de 18 à 30 ans. S’ils sont là aujourd’hui c’est bien pour faire entendre leur voix à l’occasion de la première conférence territoriale de la jeunesse en Nouvelle-Aquitaine, une première française. Présidée par Pierre Dartout, préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, président du Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine et Olivier Dugrip, recteur de la région académique, la conférence territoriale de la jeunesse s’ouvrait lors d’une assemblée plénière. Pas moins de 120 membres la composent et sont répartis en trois collèges : les jeunes ; les institutionnels ; les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire et les acteurs économiques et sociaux. 

Objectifs

En 2009, l’Union Européenne encourageait à nouveau la participation des jeunes à la vie démocratique de leurs pays. Au niveau français, c’est l’article 54 de la loi du 27 janvier 2017 qui traduit une volonté de faire coopérer les différentes instances et politiques publiques en faveur de la jeunesse autour d’un dialogue structuré. Cette approche se traduit en Nouvelle-Aquitaine par le lancement de la Conférence Territoriale de la Jeunesse (CTJ). Réuni en assemblée plénière, les trois collèges d’acteurs devront proposer des recommandations pour éclairer les politiques en faveur des jeunes. Ainsi, six thématiques ont été choisies pour l’année 2017/2018 : les stratégies régionales en matière d’information, l’engagement des jeunes, la mobilité, le logement, l’épanouissement et l’orientation.

Pour Alain Rousset, cette conférence est l’occasion de se pencher sur les choix de formations; selon le président du Conseil régional de la Nouvelle Aquitaine « choisir sa formation c’est la clé de la réussite. » Quant à Olivier Dugrip, recteur de la région académique, il insiste sur l’espace de dialogue de concentration que permet cette initiative, comme « un apprentissage de la démocratie ». Jean-Benoît Dujol, délégué interministériel à la jeunesse, est aussi venu apporter son soutien et son engouement pour cette réflexion collaborative.  

Infographie sur les jeunes en Nouvelle-Aquitaine

Vifs échanges

Pourtant l’atmosphère optimiste qui règne à l’Hôtel de Ville s'est quelque peu assombrie. Le collège des jeunes a d'abord proposé une minute de silence en mémoire des attentats survenus à Paris et à Saint-Denis le 13 décembre 2015, "des attentats qui ont d'abord visé les jeunes français". 

Les longs discours bien pensants ont aussi fait face à Quentin, qui se présente comme un représentant des jeunes communistes de France. Pour lui, « le constat est grave » et il ne partage pas l’enthousiasme général. Alors Quentin dénonce. Il dénonce le plan étudiant récemment annoncé par le gouvernement, l’ouverture de places supplémentaires de service civique quelques minutes plus tôt qui selon lui sous-rémunère les étudiants ; il s’offusque aussi de la précarité des jeunes « 25% au chômage à la sortie du master, 14% à la suite d’un doctorat !».  Quentin est très loin d’être optimiste et clame la peur de se retrouver face à des discours futiles. « Mec ! » peut on entendre au centre de la salle. C'est le cri d'un autre étudiant qui souhaite répondre à  l'intervention et exprimer son soutien au service civique qu’il a déjà testé. Des échanges vifs qui transforment l’hémicyle en forum démocratique. Face aux inquiétudes les représentants sont bienveillants et se disent « ravis de faire face à ces échanges ». 

Des échanges qui ne sont pas prêts d'en rester là. Toute la journée l'assemblée réfléchira ensemble aux différentes thématiques proposées. Tois autres rencontres sont prévues pour 2018 avant que le cycle ne se termine en novembre 2018.

Alizé Boissin
Alizé Boissin

Crédit Photo : Nouvelle-Aquitaine

Publié sur aqui.fr le 14/11/2017