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Politique | Aziz Skalli, référent LRM 33 : « Le plus dur est à venir...»

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En Gironde, Aziz Skallil coordonne le travail de plus 5000 adhérents actifs répartis dans la centaine de comités locaux du département. Ce quadragénaire affable est un ex membre du PS, conseiller municipal à Lormont et cadre à la Poste. Il prend un ton sérieux et déterminé pour parler du travail important de refondation qu'il doit mener à son échelle locale : « Mon objectif actuel est d'installer le mouvement dans le département, de passer d'une structuration de campagne présidentielle à un mouvement ancré dans le territoire girondin. Il faut pour cela mobiliser l'ensemble des comités locaux. Il faut être actif sur tout le territoire girondin pour espérer avoir des résultats probants lors des prochaines élections régionales et municipales».

Malgré tout son enthousiasme et son énergie, Aziz Skalli reconnaît les difficultés d'une période cruciale pour le mouvement: « On est passé du temps ultra-rapide de cette campagne victorieuse au temps long du pouvoir. L’adrénaline est descendue, on est dans un temps d'installation, de stabilisation et de réflexion. Il faut accompagner une nouvelle génération de talents. Avec Macron, on a une incarnation forte, le parti a été créé pour le porter à la présidentielle. Désormais, l’exercice est beaucoup plus compliqué... Il s'agit d'installer un mouvement politique basé sur une idéologie politique. Il faut d'ailleurs mieux définir cette idéologie politique pour lutter plus efficacement face aux autres partis plus anciens et plus structurés. Il faut approfondir nos marqueurs: L’Europe et la redéfinition du modèle social. Il faut faire émerger de nouvelles idées, en vue d'un programme pour les futures échéances électorales. Pour les prochaines élections, on ne pourra plus mettre seulement la tête de Macron pour espérer l'emporter. Le plus dur est à venir, c'est un véritable enjeu que cette restructuration pour continuer à perdurer. »

"Il ne faut pas essayer de barrer plus à droite ou plus à gauche" Aziz Skalli dit qu'il est animé par un sentiment de «loyauté exigeante» vis à vis du gouvernement. Une manière de dire qu'il est un défenseur éclairé et non servile de la politique du gouvernement. «Il faut confronter notre programme à la réalité quotidienne de nos concitoyens et faire remonter l'avis des français par rapport aux textes de lois du gouvernement. On a fait part par exemple de retours négatifs sur la question du logement (baisse des APL) ou sur la gestion des collectivités territoriales ( baisse des subventions,suppression de la taxe d'habitation... ) » assure le référent LREM 33.

Au niveau local, la priorité du mouvement est d'assurer que l’égalité entre les territoires soit une réalité. Il faut que «métropolitains et ruraux ait le même accès à la mobilité , au numérique, au logement ». Pour cela des «facilitateurs locaux» vont être mis en place dans les zones les plus isolées. Cette méthode a été utilisée notamment à Chicago par Barack Obama. Aziz Skalli décrit avec enthousiasme le dispositif. «Par leur expertise, leur méthode, ces personnes font aider les initiatives innovantes portées par des adhérents de LREM ou de simples citoyens dans des quartiers difficiles, des endroits éloignés des centres-villes, dans la ruralité. Si vous avez une idée mais ne savez pas comment la mettre en place, ils pourront vous mettre sur la voie. Ce seront des aiguilleurs!»

Sur le bilan global de six mois de présidence d'Emmanuel Macron, le conseiller municipal de Lormont se montre plutôt satisfait. « Le déroulé, la méthodologie va dans le bon sens. On a pu faire de grandes réformes concernant notamment le code du travail de manière concertée et apaisée. Il y a des ajustements qui auraient pu être faits sans doute sur les APL ou les emplois aidés. Mais il ne faut pas que ces sujets empêchent de voir le bon chemin que nous empruntons. Il ne faut pas essayer de barrer plus à droite ou plus à gauche. Nous avons fait le premier étage de la fusée: La Liberté pour les entreprise et maintenant, il faut travailler sur le deuxième étage: la Protection pour les salariés». Une étape « indispensable» pour l'ancien socialiste «loyal» et «exigeant» vis à vis de sa nouvelle famille politique.

Matthias Hardoy
Matthias Hardoy

Crédit Photo : LREM 33

Publié sur aqui.fr le 16/11/2017