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Agriculture | La Fondation Pour une Agriculture Durable fête ses lauréats

 Véronique Camus devant la gamme des produits du Domaine de Tout l'y Faut à Marcillac

Emanation de la Fondation de France, la Fondation pour une Agriculture Durable en Nouvelle Aquitaine fêtait ses lauréats, ce 8 décembre, en Haute-Gironde accueillie sur leur Domaine de Tout l'y Faut, à Marcillac, par Véronique Camus lauréate avec son époux en 2015. Une reconnaissance doublement chargée de symbole pour une exploitation pionnière dans la mise en valeur de "Bienvenue à la Ferme" et qui exploite désormais 20 hectares de vigne AOC et quatre d'asperge, et où la vente directe et les circuits courts ne sont pas des vains mots.

L'occasion pour Véronique Camus qui s'est beaucoup investie dans la promotion de l'asperge du Blayais et qui, avec un souci constant de partir à la rencontre de la société, a multiplié les démarches de type transversal, de démontrer l'intérêt d'une quête de nouveaux savoirs: ainsi vient-elle de suivre une formation universitaire en ergonomie, soucieuse du bien être au travail sur une exploitation ce qui l'a conduite, il y a peu, à devenir administratrice au sein de l'ARACT...

Les candidatures de 2018 de janvier à mars

Le président de La Fondation Francis Massé, par ailleurs président de la Safer Aquitaine-Atlantique et son délégué général, Bruno Millet, au moment de tenir en compagnie des experts et donateurs, leur comité exécutif, dans le cadre d'appel à candidatures  "Cap sur une Agriculture Durable" ont donc salué cette entreprise à la pointe de l'innovation et qui, de surcroît, aux limites de la Charente-maritime ne pouvait pas être mieux choisie alors que la Fondation étend son champ d'action à l'ensemble de la grande région. La campagne 2018 de la Fondation sera d'ailleurs ouverte, début janvier, et les candidats auront jusqu'au 2 mars pour remettre leur dossier. 1.

Née, voilà huit ans, la Fondation qui recherche de nouveaux donateurs a distribué 200.000 euros auprès d'agriculteurs qui ont présenté des projets innovants et elle soutient, parallèlement, depuis l'an dernier à l'aide de bourses d'études, des jeunes qui intègrent une formation agricole avec un projet professionnel. En l'occurrence, lorsque l'on considère les aides distribuées, ce n'est pas tant le niveau individuel de celles-ci qui aura été le plus déterminant pour l'avenir des exploitations lauréates mais, plus sûrement, la reconnaissance de leurs pairs et des experts qui étudient les dossiers. D'ailleurs, il est frappant de constater que les lauréats, présents à Marcillac, et ceux qui à distance ont témoigné de leur parcours, chacun à sa façon, sont représentatifs du mouvement qui éclot dans notre agriculture et remet en question certains modèles de production.

Intrants en question et vente directe

Parmi ces "nouveaux" agriculteurs et bien que leur aventure ait commencé, en 2002, sur l'exploitation des parents, qui depuis 1970 conduisaient un élevage laitier avec 35 Prim Holstein, Jean-Baptiste et Fanny Ferrand (EARL LAIT P'TITS BEARNAIS) à Castétis, à cinq kilomètres d'Orthez, transforment en fromage et produits dérivés, les 80.000 litres de lait produits par leur troupeau - aujourd'hui de 25 normandes nourries à l'herbe sur 60 hectares - et les vendent pour l'essentiel en circuit court. Il faut voir le sourire communicatif de Fanny, parlant de l'arrêt des intrants et du passage à la biodynamie, pour prendre la mesure d'un parcours engagé et marqué du sceau de la réussite qu'accompagne, désormais, la présence de deux salariés. Même constat avec Mathieu Etchegaray qui, sur 80 hectares, près de Saint-Palais, au pays basque, élève des blondes d'Aquitaine en produisant les céréales ( maïs, soja, féverole ) nécessaires à l'alimentation du troupeau, s'oriente de plus en plus vers la vente directe et a crée un gîte, voilà trois ans, dans la maison familiale. Mathieu qui exprime, par ailleurs, le besoin de réfléchir aux évolutions de l'agriculture dans un cadre associatif et pas seulement professionnel. D'autres lauréats ont fait part de leurs parcours, déjà riche d'une longue expérience pour Christain Dubreuil qui produit des légumes à Bourran en Lot-et-Garonne et approfondit, sans cesse, ses démarches vers la diminution des énergies fossiles et une diminution des apports en eau d'irrigation par le biais d'un travail important réalisé par la "macro faune du sol"; en perpétuelle recherche d'innovations pour Delphine Vinet et les siens qui exploitent sur le domaine Emile Grelier, huit hectares en AOC Bordeaux Supérieur ( bio) à Lapouyade, en Gironde et appuient la conduite de leur vignoble sur une intégration très poussée au milieu naturel ( installation de nichoirs à chauve-souris, plantations d'arbres, couverts végétaux entre rangs, gestion de l'eau..) et propose des chantiers nature-jeunes très suivis.... Jean-Jacques Reygades, gérant d'une EARL de production de tomates de serres avec chaufferie biomasse à Parentis dans les Landes, Alain Labat pour l'abandon partiel des labours et la création de couverts permanents en production de maïs, soja et seigle, dans les sols sableux sont venus, eux aussi, dire leur foi dans une agriculture dont le qualificatif de "durable" est bien plus qu'un adjectif dans l'air du temps.

1.Fondation pour une Agriculture Durable en Nouvelle Aquitaine, 6 parvis des Chartrons 33075 Bordeaux

 



 

Joël Aubert
Joël Aubert

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 10/12/2017