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Politique | Le Département de la Gironde maintient ses objectifs financiers

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Avec un budget primitif de 1,69 milliard d'euros, le conseil départemental de la Gironde souhaite poursuivre le niveau de ses investissements, ce qui devrait permettre d'atteindre le milliard d'euros d'investissement d'ici la fin de la mandature. Les principaux investissements concernent le plan collèges, le très haut débit et l'aide aux communes. Quelques sujets d'inquiétudes se font jour : la hausse continue des dépenses sociales et l'intention du gouvernement d'établir un taux directeur, qui contraindrait la collectivité à limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à hauteur de 1,2 %.

La situation financière du Département de la Gironde est  beaucoup moins inquiétante que de  celle de  bien des départements français.  L'agence de notation standard and Poor's a renouvelé sa note de AA-, ce qui fait de la Gironde, le deuxième département Français le mieux noté, derrière les Hauts de Seine. Parmi les points positifs,  le désendettement de la collectivité se poursuit. 90 millions d'euros d'économies ont été réalisées sur le fonctionnement, notamment sur les frais généraux. L'objectif de maîtrise des dépense de fonctionnement est poursuivi.  Le budget primitif 2018 de la collectivité s'équilibre à 1, 69 milliard d'euros. Jean Luc Gleyze l'a affirmé lundi matin, avant l'ouverture de la séance plénière,  nous devrions pouvoir tenir notre engagement de ne pas toucher à la fiscalité. Le taux d'imposition sur le foncier bâti n'augmentera pas. " Par contre, on peut craindre, qu'avec la réforme de la taxe d'habitation, que beaucoup de maires ne soient tentés de l'augmenter ajoute Jean Marie Darmian, vice président en charge des finances. Jean Marie Darmian, juge le budget de la collectivité" de plus en plus difficile" à établir en raison de plusieurs facteurs. La Gironde gagne entre 18 000 et 20 000 habitants par an, ce qui occasionne des recettes supplémentaires mais qui implique de répondre à de nouveaux besoins. En termes d'investissement, le Département entend poursuivre ses engagements sur le chantier du numérique et du très haut débit, la poursuite du plan collèges ambition 2024. L'investissement se maintient autour de 200 millions par an, soit 1 milliard d'euros investis au terme de la mandature. "L'aide aux communes ne diminuera pas : elle sera de 27 millions d'euros pour 2018. Il n'y aura pas d'économie sur ce champ là," a précisé Jean Luc Gleyze.

Lors de la séance plénière, il a  aussi annoncé le lancement des contrats de ville d'équlibre."  L'objectif de ce contrat est de renforcer l'attractivité des villes moyennes, (Langon, Lesparre, Castillon ..) par le déploiement d'infrastructures et de services publics en dehors de la métropole bordelaise.  Parmi les principaux dossiers évoqués lors de cette la séance plénière de lundi et mardi, les 100 propositions de la collectivité pour fludifier les déplacements sur l'ensemble du territoire départemental. Nous y reviendrons dans un autre article. 

 Des sujets d'inquiétudes et qui fâchent

Pourtant, malgré une situation financière saine, certains points inquiètent la majorité départementale, en premier lieu la hausse des dépenses sociales. Pour la première fois, le budget consacré au social atteint 900 millions d'euros. La plus forte hausse concerne la prestation de compensation du handicap qui atteint 90 millions d'euros.  "Elle est  notamment due à un manque de places en établissements spécialisés. Un certain nombre de ces personnes devrait se trouver en établissement spécialisé et donc prises en charge par l'Agence régionale de santé.  Cela soulagerait les familles. Ce nombre très important est estimé à 400, souligne Jean-Marie Darmian.  Les dépenses  consacrées à la protection de l'enfance progressent également, c'est une préoccupation majeure, en particulier la situation des mineurs isolés non accompagnés. Précisons que l'Etat prend en charge les 5 premiers jours.  Les dépenses liées au RSA sont aussi en hausse et représentent 241 millions d'euros. "Nous demandons à l'Etat d'assumer les charges qui lui incombent", insiste le vice président en charge des finances. Le transfert de charges non compensées est estimé à 60 millions d'euros. Mais une chose met en colère Jean-Marie Darmian : "c'est l'intention du gouvernement d'établir le principe d'un taux directeur, qui contiendrait les collectivités à limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à hauteur d 1,2 %. "C'est une question de principe. Ce serait contraire à la constitution qui acte la libre administration des collectivités territoriales. L'Etat n'a pas à nous donner de leçon en matière de rigueur budgétaire," Une motion a été adoptée en ce sens.

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 19/12/2017