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Politique | En Dordogne, l'année 2018 ne manquera de débats entre l'Etat et le Département.

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En Dordogne, la tradition a été une fois de plus respectée : Anne-Gaëlle Baudouin Clerc, préfète de la Dordogne et Germinal Peiro, le président du Conseil départemental ont présenté leur voeux au cours d'une cérémonie commune. Avoir évoqué les réussites de l'an dernier, dont Lascaux, Germinal Peiro a insisté sur les dépenses qui reviennent à la solidarité nationale (personnes âgées et handicapés, accueil des mineurs isolés). La préfète a développé les aspects sécurité, l'économie et la nécessité de travailler main dans la main avec les collectivités dont le conseil départemental.

Une fois n'est pas coutume, la traditionnelle cérémonie des voeux commune au Département et à la représentante de l'Etat a débuté par une véritable bouffée d'oxygène, placée sous le signe de la jeunesse. Ce sont les élèves de  section théâtre du lycée professionnel de Léonard de Vinci de Périgueux, qui ont ouvert le bal. Elèves de bac pro, ils ont proposé un sketch plein d'humour sur le thème de la philosophie, évoquant Montaigne et la littérature. Les discours qui allaient suivre étaient des plus classiques avec son lot de satisfescit, de bonnes nouvelles, de petites piques et de condoléances. Certes en 2018, sera vierge de toute consultation électorale et de tout bouleversement territorial. "Il n’en demeure pas moins que les dossiers à traiter seront nombreux, a indiqué Germinal Peiro, rappelant les principaux chantiers lancés par la collectivité et les axes principaux de la politique départementale : poursuite du désenslavement de la Dordogne, notamment par le déploiement de la fibre et les chantiers routiers, le soutien à l'économie, les actions en faveur de la formation et de la jeunesse, le maintien des services de proximité, et la promotion du vivre ensemble. Il n'a pas manqué d'évoquer la situation économique, qui malgré quelques signes positifs, fait l'objet de toute les inquiétudes, avec 21 000 chômeurs et 9000 bénéficiaires du RSA. L'annonce de 95 suppressions d'emplois sur les 152 postes chez Rougié à Sarlat fait craindre le pire pour l'avenir du site. Le président du Département n'a pas manqué de tacler la préfète  sur" le manque de cohérence de l'Etat notamment les dernières décisions concernant le logement vont mettre en péril la capacité d’action des offices publics d’HLM." Il a beaucoup insisté pour que l'Etat prenne à sa charge les dépenses qui lui reviennent et qui concernent la solidarité nationale : allocations d’aide sociale pour les personnes âgées, handicapées ou en situation de précarité, accueil des mineurs étrangers isolés. 

Nécessité de vivre ensemble

Anne-Gaëlle Baudouin Clerc est longuement revenue sur les changements qui ont marqué l'année 2017 : réforme territoriale, nouvelles procédures de délivrance des titres, accompagnement des territoires ruraux avec les contrats de ruralité. Pour cette année 2018, la préfète a souhaité : " Je veux que 2018 soit une année utile, ambitieuse, une année d'engagement et de travail collectifs". Avec, pour l'Etat, trois priorités : répondre aux besoins de sécurité de nos concitoyens ; donner les moyens à la Dordogne de relever les grands défis du présent et de s'inscrire dans l'avenir; approfondir les conditions du vivre ensemble. "Nous nous mobiliserons donc en faveur des entreprises et de l’emploi. Les signaux de reprise économique sont là, dans les statistiques comme dans le ressenti des chefs d’entreprise, mais des coups durs continuent de frapper notre tissu économique local, nous rappelant que la bataille de l’activité et de l’emploi est loin d’être gagnée. Je pense aux salariés de Gascogne à Belvès, mais aussi de Rougié à Sarlat, situation que je continuerai évidemment à suivre de près."
La préfète a reconnu que les changements à venir sont importants, en indiquant que les services de l'Etat les accompagneront. "L'Etat sera à la hauteur de sa mission, je dirais même de son devoir, qui est d’accompagner, d’innover, de faciliter, d’avoir le courage nécessaire face aux difficultés ; mais aussi de protéger, de tisser du lien social, de faire vivre nos valeurs républicaines. Je sais pouvoir compter sur notre volonté collective d’agir, notre capacité à dépasser les clivages, pour donner toute sa place à la Dordogne dans la plus grande région de France". 2018 sera bien une année sans élection mais pas sans débats sur tous les sujets qui préoccupent les Périgourdins. 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 16/01/2018