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Politique | Europe: Isabelle Boudineau et les Régions défendent à Bruxelles la nécessité de la politique de cohésion

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Nommée présidente du groupe de travail sur le budget de l'Union européenne, au Comité des régions, en octobre dernier, Isabelle Boudineau, vice-présidente de la Nouvelle Aquitaine avait clairement souligné les enjeux de cette mission importante: « Nous veillerons à ce que le futur Cadre Financier Pluriannuel préserve les fonds structurels qui irriguent nos régions, nos provinces et nos villes», rappelant au passage que la Nouvelle-Aquitaine s'était vue confiée la gestion de 2,5 milliards d'euros de crédits européens pour la période 2014-2020. Hier, à Bruxelles, elle a franchi une nouvelle étape de sa mission en présentant le "Manifeste pour une politique de cohésion au coeur de l'Europe" avec, à ses côtés, Corina Cretu commissaire européenne en charge de la politique de cohésion. Et en présence de quelques 200 personnes à la Maison des Régions.

Ce Manifeste, signé avec les régions partenaires de la Nouvelle-Aquitaine,  la Hesse (Allemagne), l’Emilie-Romagne (Italie) et la Wielkopolska (Pologne), rappelle "que la politique de cohésion est cruciale pour réduire les disparités entre et au sein des régions. Les Fonds structurels et d’investissement soutiennent des projets clés dans les domaines de l’innovation et de la recherche, des PME, de l’emploi, de la formation, de l’environnement et du développement urbain et rural. Ces fonds sont le visage de l’Europe dans les territoires." Un rappel d'autant plus opportun que se préparent dans un contexte singulier - le départ du Royaume Uni - les décisions qui engageront la politique budgétaire de l'Union au-delà de 2020, c'est à dire quasiment demain. Le financement de nouvelles priorités qui apparaissent, notamment les politiques de défense et de sécurité, l'impact des migrations, ne devront pas se faire au détriment des politiques d'investissement et de solidarité que sont la politique de cohésion et la politique agricole commune. C'est en tout cas la demande du Manifeste qui souligne l'importance d'une "gestion régionalisée des Fonds structurels et d’investissement (FESI) orientée vers les résultats" mais aussi de la permanence d'une forte dimension en capital humain gràce "au maintien du Fonds de Solodarité, le FSE et "une augmentation des financements pour la coopération territoriale européenne", accompagnée de règles communes pour tous les programmes Interreg.."

Dégainer les premiers dans une année cruciale

Isabelle Boudineau, retour de Bruxelles, revient sur cette présentation: "La commissaire nous a rendu hommage, c'était une première mais la forme de coopération déjà existante entre nos régions l'a beaucoup intéressée. Et, au niveau du symbole, quatre régions de quatre pays de l'Union, de la Pologne, de l'Italie, de la France, de l'Allemagne, sur la même ligne, c'était fort. C'était le moment aussi de dégainer, les premiers, dans une année absolument cruciale pour la négociation du futur budget de l'Europe."

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le Manifeste souligne le nécessaire "équilibre entre subventions et instruments financiers; le Plan Juncker ne devant pas être une alternative à la politique de cohésion." La vice-présidente de Nouvelle Aquitaine tient à faire, à cet égard, le distinguo entre des financements qui sont de nature différentes et ne s'adressent pas aux mêmes structures. "Le plan Juncker fait partie de tout cet attirail d'instruments financiers qui, en fait, sont des façons de cofinancer, également plus par le prêt, des projets qui sont d'ampleur avec des structures qui ont déjà des fonds propres et une trésorerie. La politique de cohésion c'est de la subvention. Nous, on se bat pour des territoires souvent fragiles, ruraux en particulier, ou des petits projets, des petites pépites font le tissu et, justement, participent à la cohésion territoriale... La petite entreprise à qui on finance un labo et qui se met à faire des huiles essentielles, c'est de subventions dont elle a besoin. Le plan Juncker lui est inaccessible."

 

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 26/01/2018