Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Edito | Ce départ du PS de Stéphane Delpeyrat-Vincent qui porte condamnation de l'appareil

« Je conserve tout mon respect et toute mon amitié pour toutes celles et ceux, militants-es et élu-es, qui se battent au quotidien pour les valeurs de justice et d'égalité et qui ne méritent pas le sort que l'appareil national du PS leur a réservé en les conduisant dans un mur. » Cette phrase, extraite du message adressé sur Facebook par Stéphane Delpeyrat-Vincent, jusque là président du groupe socialiste au Conseil régional de Nouvelle Aquitaine, dans la foulée de l'annonce qu'il quittait le parti où il était entré en 1986, jeune étudiant, attiré « par la personnalité exceptionnelle d'Henri Emmanuelli » éclaire d'une lumière très crue le divorce profond qui existe entre l'appareil du PS et ses plus fidèles représentants sur le terrain. Et ce, le jour même où ses « fédéraux » sont réunis à Paris pour arrêter la liste des candidats au poste de premier secrétaire, dans la perspective du congrès du mois d'avril.

Le geste de Stéphane Delpeyrat-Vincent (1) est logique avec son engagement lors de la primaire socialiste où il avait soutenu Benoït Hamon qu'il rejoint, désormais, au sein de Génération's. Les réactions, nombreuses, qu'il suscite sont en pleine correspondance avec le désarroi de ces militants de terrain, de ces élus municipaux et départementaux, femmes et hommes qui continuent à faire le travail de proximité et que l'on croise, ici et là, avec la rage au cœur. Car ils l'ont et savent bien que ce n'est pas d'en haut, de cet appareil du PS totalement discrédité, que pourrait renaître une gauche qui ne renoncerait pas au meilleur de son héritage mais se réinventerait au contact du réel, d'une société dont ils sont les témoins souvent actifs, au cœur des quartiers et des territoires ruraux.

Le centralisme, « modèle démocratique » a vécu et même si le futur premier secrétaire devait l'affirmer, demain, en promettant vouloir rompre avec un fonctionnement vieux de quelques cinquante ans, il n'aurait guère de chance d'être cru. C'est un vrai dilemme auquel il devra faire face : persister dans une organisation verticale et descendante et vivre dans l'illusion que le PS peut redevenir, au plus vite, un parti de gouvernement ou au contraire, à partir de son ancrage territorial, encore souvent conséquent, ou de ce qu'il en reste, reconstruire, pas à pas, une maison commune à partir d'une ligne nourrie par l'expérience des responsabilités. A l'heure de la décentralisation, et en préparant les échéances électorales locales où il dispose encore, çà et là, d'un niveau de reconnaissance qui lui autorise l'espoir de survivre après l'effondrement de 2017.

 

1. L'ancien porte parole du PS au conseil régional affirme vouloir continuer à travailler avec Alain Rousset et contribuer à préparer d'éventuelles alliances qui permettraient à la gauche d'espérer conserver la Région Nouvelle Aquitaine en 2021. Il se dit que Matthias Fekl pourrait lui succéder dans la fonction de porte parole

Joël Aubert
Joël Aubert

Crédit Photo :

Publié sur aqui.fr le 27/01/2018