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Agriculture | La grande mission du nouveau directeur de la chambre régionale d’agriculture

Le président de la chambre régionale d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, Dominique Graciet (à g.) a présenté ce mardi 13 mars son nouveau directeur général, Olivier Degos

Le nouveau directeur général de la chambre d’agriculture Nouvelle-Aquitaine a été présenté ce mardi 13 mars à la chambre d’agriculture de la Vienne à Mignaloux-Beauvoir (Vienne). Il s’agit d’Olivier Degos. Ce diplômé de HEC succède à Pierre-Henri Bousquet… qui avait pris ses fonctions le 1er juin 2016. Olivier Degos entrera en fonction à partir du 14 mai. Il a plusieurs missions qui lui tiennent à coeur. Il va gérer la première région agricole d’Europe. Aqui.fr fait un tour d’horizon avec lui. Il va devoir fédérer cette grande région agricole et partir à la chasse de nouveaux financements.

C’est un homme motivé qui est apparu sur le site poitevin de la chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, présenté par Dominique Graciet, son président. 57 ans, un CV très riche et déjà des expériences dans la région. Il a, entre 2010 et 2016, occupé le poste de directeur général adjoint du conseil régional d’Aquitaine. Il était chargé de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la forêt, de la mer, du développement durable et du tourisme. 

Par la suite, il s’est tourné vers la Caisse des dépôts et consignations en tant que directeur adjoint du département transition énergétique et écologique. De l’expérience il en a et il sait ce qui l’attend en Nouvelle-Aquitaine où il va devoir continuer à structurer cette « jeune » chambre régionale d’agriculture dont le siège est à Limoges (avec des antennes à Poitiers, Bordeaux et Angoulême). « Il faut vraiment fonctionner en réseau, mettre nos points forts en commun, éviter les doublons et les rivalités. Les chambres seront plus fortes si elles fonctionnent ensemble. Des compétences complémentaires bien gérées ne peuvent que renforcer le territoire agricole régional. C’est aussi un enjeu en terme de fonctionnement. Un travail de management important va aboutir à stabiliser les effectifs autour de 130 salariés. La Chambre régionale n’a que deux ans : elle doit apprendre à mettre en oeuvre les politiques décidées par les élus. »

Nouvelle-Aquitaine : atouts et faiblesses

La Nouvelle-Aquitaine est la première région agricole de France. Olivier Degos connaît déjà les atouts et faiblesses de ce territoire. « Les agriculteurs régionaux sont bien classés dans différents domaines notamment l’élevage, les grandes cultures, l’arboriculture, la viticulture : ce sont des productions de qualité. On cherche beaucoup la valeur ajoutée. En revanche il va falloir être attentif au devenir des producteurs laitiers. »`

Autre sujet délicat qu’Olivier Degos va devoir porter : les zones défavorisées. Un sujet d’actualité, brûlant. L’un des principaux départements touchés dans la région est celui des Deux-Sèvres qui devrait perdre près de 9 millions d’euros. « La situation est critique. Les chambres d’agriculture et différents acteurs doivent accompagner les agriculteurs dans leur transition. Aujourd’hui les textes donnent 2 ans pour sortir des zones défavorisées. On plaide pour une période de 5 ans pour amortir la baisse de dotation et en profiter pour mieux construire des projets et de trouver des valeurs ajoutées qui permettraient de repartir du bon pied ».

De nouvelles sources de financement

L’une des principales missions ce sera d’aller chercher des financements auprès d’investisseurs qui pourraient être intéressés par le secteur agricole. « Il y a des projets qui peuvent attirer de nouveaux capitaux, notamment les questions de la protection des sols, des rendements, de la biodiversité, des bâtiments économes… » Olivier Degos est favorable à plus de financement privé au delà des financements publics existants. « Les agriculteurs n’ont pas le choix, ils doivent partir à la chasse de nouveaux investisseurs, ils sont trop dépendants des financements de l’Etat ou de l’Europe ».

A la tête d’un budget annuel de 21 millions d’euros, le nouveau directeur général sait donc ce qui l’attend. Il devra aussi rénover l’esprit de la formation des futurs agriculteurs en intégrant les nouvelles technologies et notamment le numérique.

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 14/03/2018