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Politique | Rochefort (17) programme sa renaissance en 2020

Le centre ville de Rochefort

« Il y a 1400 logements vacants à Rochefort, dont 700 rien que dans le centre ville ». Pour le maire Hervé Blanché, il devient urgent de rénover la ville pour attirer de nouveaux habitants. La municipalité a donc lançé début 2017 l’élaboration d’un Plan de sauvegarde et de mise en valeur (1) sur un périmètre de 137 hectares, qui remplacera le PLU. Ce projet fait suite à un premier classement en « secteur sauvegardé » du centre-ville en 2010. Objectif : faire évoluer la ville, l’adapter à son époque, tout en préservant le patrimoine historique.

Car il devient urgent de sauvegarder certains immeubles, dont les parties communes peu ou mal entretenues finissent par se dégrader avec le temps. Des cours intérieures, des écuries ou autres dépendances, des fontaines ou des puits anciens, des escaliers, voire même des portes d’entrées ou d’anciennes échoppes, datant de l’époque de la construction de l’Arsenal, de l’ère napoléonienne ou encore de la Belle Epoque. Une partie de l’Histoire de Rochefort se tient là, dans ces détails architecturaux oubliés ou négligés par nos habitudes contemporaines.

« Il ne s’agit évidemment pas de mettre Rochefort sous cloche, mais de le faire évoluer intelligemment en préservant ce qui peut encore l’être », observe l’architecte des Bâtiments de France Jean Riché. Depuis juin 2017, l’équipe du cabinet nantais AUP, qui a décroché la DSP, répertorie les 2500 immeubles du centre-ville. Elle pénètre les lieux partout où l’on veut bien lui ouvrir les portes. Chaque immeuble se voit attribuer une fiche d’identité où figurent ses particularités comme  sa date de construction (si elle est identifiable), son style architectural et ses caractéristiques patrimoniales comme des éléments de décor, un puits, une cour intérieure, etc. Chaque élément historique est décrit avec une indication sur son état (bon, dégradé, bien ou mal rénové, etc). Si le cabinet nantais estime avoir visité une bonne partie des immeubles, elle va poursuivre ses investigations jusqu’à l’été 2018 en espérant atteindre un taux d’identification de 100%. Ces fiches seront ensuite rattachées au PSMV et consultables dès que le document remplacera officiellement le PLU. A terme, la municipalité compte s’appuyer sur ces documents pour établir des sanctions – en cas de dégradations avérées du patrimoine notamment – mais aussi pour mettre en place des aides à la rénovation ou à l’innovation.

Une fois la phase de diagnostic terminée cet été, s’ensuivra une étude de faisabilité en termes de conciliation entre préservation du bâti et modernisation de la ville, qui concernera également les espaces publics comme les parcs et la voierie. La municipalité compte ensuite présenter fin 2019 son projet à l’Etat. Car c’est l’État qui a la maîtrise d’ouvrage des études du plan de sauvegarde et de mise en valeur. Et Rochefort fait justement partie des 222 villes retenues par le gouvernement pour être éligible au dispositif « Action Cœur de Ville ». Ce programme d’actions de préservation et de développement des centres-villes permettra aux villes retenues (2) de bénéficier d’une aide financière pouvant s’élever jusqu’à 25 millions d’Euros sur cinq ans. Si Rochefort était retenue, à l’horizon 2020 se mettrait alors en place le plus important plan de rénovation qu’ait connu la ville depuis le Plan Ville Moyenne signé dans les années 1970 sous la mandature de M.Frot.

 

(1) PSMV : principe mis en place par Malraux dans les années 1960 pour endiguer la désertification des centres bourgs après la guerre.

(2) Dans les Charentes, les autres villes éligibles au programme Action Cœur de Ville sont Saintes, Cognac et Angoulême.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 02/05/2018