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Edito | L'Europe et sa fête : il y a eu de plus jolis mois de mai...

Et si nous parlions de l'Europe ? De cette Europe que l'on a imaginé fêter chaque "Joli mois de mai" comme s'il avait fallu, en ces jours de printemps qui chassent les derniers soubresauts de l'hiver, se rappeler qu'elle devrait être aussi, quelque part, notre maison commune. Un continent dont il ne suffirait pas que les hommes politiques nous rappellent qu'elle devrait être le théâtre de la démocratie, de la culture et maintenant d'une sécurité collective... Cette Europe à laquelle on a accolé le mot Union et qui n'a sans doute jamais autant été en danger, à la croisée des chemins. Souvenons-nous : c'était le 26 septembre dernier à la Sorbonne. Emmanuel Macron, plus d'une heure et demie durant, prononçait un discours en manière de feuille de route pour dix ans. Et tous les europhiles de ce pays qui avaient eu quelques frissons au moment de la présidentielle, de se réjouir et même pour beaucoup de s'enthousiasmer, en entendant le président de la République s'engager à « refonder l'Europe »

L'enthousiasme, convenons-en, est bien retombé... Et, il faudra bien plus que la grande marche de LREM pour le réveiller. « La convergence avec l'Allemagne et un budget pour une zone euro renforcée » qui figuraient en haut de la liste des priorités macroniennes sont redevenus de modestes objectifs dont on hésite à croire qu'ils en sont encore, à moins qu'ils ne soient plus que des mots. L'Allemagne qui a mis cinq mois avant de pouvoir se donner un nouveau gouvernement autour d'Angela Merkel n'est pas prête à suivre le président français sur le terrain d'une nouvelle donne politico-économique. La chancelière le voudrait-elle qu'elle ne le pourrait, prisonnière du soutien des conservateurs de la CDU-CSU et d'une alliance obligée avec les socialistes du SPD. Tout cela sous les hurlements des députés de l'extrême droite qui ont fait une entrée fracassante au Bundestag.

On voudrait bien ne pas noircir le tableau, mais il va falloir une grande force de conviction pour créer une dynamique suffisante dans la perspective des prochaines élections européennes, dans à peine plus d'un an, le 26 mai 2019. Le premier grand rendez vous électoral pour la nouvelle équipe au pouvoir depuis bientôt un an. Le grand danger serait que ce rendez vous soit, dans la vieille tradition franco-française, l'un de ces votes sanction que les citoyens de ce pays affectionnent. Et que, de surcroît, ceux-ci ne soient pas découragés par un nouveau mode de scrutin qui fait disparaître les huit circonscriptions actuelles au profit d'un scrutin de liste national...Les représentants des différentes formations, sur la ligne de départ, auront-elles la sagesse de se choisir des candidats représentant la diversité des régions et territoires ? Il faut, d'ores et déjà, leur rappeler cet impératif.

Et pourtant, en ce « Joli mois de mai » nous pourrions avoir de vraies raisons de mettre en valeur les mérites de cette Europe si souvent décriée. Une Europe au quotidien qui par l'entremise d'une réforme intéressante a permis aux Régions de gérer les crédits des Fonds de cohésion, au plus près du terrain. Ainsi en est-il pour la Nouvelle Aquitaine, « autorité de gestion » de 2,5 milliards pour la période 2014-2020. Grâce à cette approche décentralisée, l'accompagnement de beaucoup de projets est devenu possible. Et, ceci, dans une large palette de domaines, de l'innovation et la compétitivité des entreprises à l'économie sociale et solidaire, en passant par la lutte contre le décrochage scolaire, le développement  du très haut débit et le numérique, la transition énergétique, le développement rural, le soutien aux quartiers en difficulté....les infrastructures, directement liées aux services des habitants. C'est ainsi que ces jours-ci était annoncé le financement à hauteur de 1,188 Million d'euros ( 432000 Région et 756000 FEDER) du pôle d'échanges de la gare d'Arcachon qui accueille quelques dix mille voyageurs par jour en semaine. Un exemple de cette Europe concrète qu'il ne faut pas craindre de revendiquer dans ce contexte national quelque peu délétère qu'une fête surréaliste ne saurait faire oublier.

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 06/05/2018