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Spécial | Le colloque Aquitanima à la découverte des chèvres de Taïwan

En prélude au Salon régional de l'agriculture 2018, le colloque international Aquitanima a une nouvelle fois fait voyager ses participants, sur le thème de l'élevage et de la génétique

De la filière caprine de Taïwan, aux enjeux d'avenir de la sélection génotypique bovine en Wallonie, en passant par l'opération française « Pas d'élevage sans amour », le Colloque international Aquitanima, organisé ce vendredi soir, n'aura une fois de plus pas failli à son intitulé ! Ce temps fort, à la fois prélude au Salon de l'Agriculture de Nouvelle-Aquitaine et conclusion des Aquitanima Tours, aura une fois encore réuni au sein du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, une centaine d'éleveurs et techniciens étrangers ayant suivi ces 3 derniers jours, les circuits techniques sur les traces de races bovines, caprines et équines régionales. Une délégation internationale, toute prête à arpenter dès ce samedi 12 mai, les allées du Salon de l'agriculture.

Il résonnait d'un peu toutes les langues ce vendredi soir, au sein de l'hémicycle régional : de l'ivoirien, au coréen, en passant par l'espagnol, le grec ou encore le russe ou l'arabe... Parmi cette présence étrangère se trouvait une importante délégation de professionnels en provenance de Taïwan, pour suivre plus particulièrement les circuits caprins ouverts sur les Aquitanima Tours depuis l'an dernier.
En clin d'oeil, c'est par l'intervention de William Hung, professionnel de la génétique caprine à Taïwan, que s'est ouvert  le colloque, pour un focus sur le développement de cette filière dans son pays. Un élevage récent puisque débuté au début des années 80, mais marqué par un certain nombre de contraintes que sont la taille de l'île (10 000 km² au deux tiers occupés par de très hautes montagnes), et un climat chaud (35°C en été, 18°C en hiver) et particulièrement humide... Autant déléments empêchant le développement d'une agriculture importante en matière de fourrage et d'alimentation des bêtes, et limitant la taille du cheptel national. Côté chèvres laitières, le petit pays compte 40 000 têtes (autour de 2 races) pour une production de 50 000 tonnes de lait par an, principalement commercialisées sous forme de lait frais, et 100 000 têtes de caprins viande, sur 3 races principales. « Nous n'avons pas de populations importantes, surtout en lait, c'est pourquoi nous parions beaucoup sur la génétique, pour permettre l'amélioration de la production ».

L'importation d'embryons depuis la France
Cette génétique, les éleveurs, réunis en Association, gestionnaire d'un « herd book » ( registre généalogique), vont désormais surtout la chercher en Australie, en Nouvelle-Zélande ou aux Etats-Unis pour l'importation de reproducteurs, mais aussi en France, pour cette fois, l'importation d'embryons. Une technique qui a démarré l'an dernier, et qui doit d'abord faire ses preuves auprès des agences nationales avant, mais l'intervenant semblait optimiste, un déploiement sur le terrain. Une possibilité qui pourrait ainsi être bientôt ouverte auprès de la trentaine de fermes taïwanaises qui pratiquent l'insémination artificielle.
Quant aux pratiques de l'élevage en lui-même, ce voyage taïwanais a eu de quoi surprendre... En effet, « en raison du climat difficile pour la production de fourrage, on ne peut pas se permettre de jeter de la paille au sol pour installer les animaux », indique l'intervenant. « Les chèvres sont donc dans des stèles en hauteur, avec en dessous, un système automatique de collecte du fumier, ce qui nous permet de le revendre, mais aussi d'éviter dans ce climat humide, la propagation des maladies... » Quant au bien-être des animaux : « les élevages sont équipées de système de ventilation permettant de lutter contre l'humidité ambiante » ...

"Pas d'élevage sans amour"
Le bien-être et plus encore, l'attention, voire l'amour des éleveurs pour leurs animaux, a justement donné lieu à une courte prise de parole de Jean-Marc Alibert, Président de France Limousine Sélection, dont l'organisation est à l'origine de l'opération « Pas d'élevage sans amour ». Cette opération déjà relayée par le Salon International de l'Agriculture, sera également mise à l'honneur à l'occasion du Salon de l'Agriculture de Nouvelle-Aquitaine, à travers notamment la distribution de badges et de boucles d'identification aux couleurs de l'opération. Face aux détracteurs de l'élevage, la page Facebook « Pas d'élevage sans amour » compte sur les photos postées par les éleveurs eux-mêmes, pour que le grand public découvre le monde de l’élevage, non plus à travers les discours de ces « anti-viande », mais par tous les gestes d'attention et de tendresse des éleveurs envers leurs bêtes. Un message positif sur l'élevage, que Dominique Graciet, Président du Salon et de la Chambre régionale d'Agriculture, a d'ailleurs fait mission aux éleveurs présents dans l'hémicycle, ce vendredi soir, de se faire les ambassadeurs dans leurs pays respectifs. Ils rentreront tous d'ailleurs, avec une des fameuses boucles floquées « Pas d'élevage sans amour ».

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 12/05/2018