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Environnement | Le bus-tramway, l’alternative transport en test à La Rochelle

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Réduire la pollution, les nuisances sonores, ainsi que la consommation d’énergie fossile, telle est l’objectif de la communauté d’agglomération de La Rochelle. Après avoir testé et parfois mis en place les bus au gaz, les vélos, les voitures électrique et – toujours en test- le bateau-bus à hydrogène, La Rochelle essaye jusqu’au 23 mai inclus le dernier prototype d’Altsom, un bus électrique de 95 à 100 places. Ce bus circulera toute la journée sur la ligne 4, qui passe par l’hyper-centre, dans les rues Saint-Louis et Villeneuve, parallèles au Vieux Port.

« C’est une promesse que nous avions faite aux riverains de ces rues de l’hyper-centre, de réduire pollution et nuisances sonores, dans ce quartier qui avait récupéré un important flux de véhicules après la fermeture des quais [sur le port] », explique la vice-président de l’agglomération en charge des transports, Brigitte Desveaux.  Le bus a donc été pensé comme un tramway pour une « véritable expérience passager » comme le vante Alstom : plateforme abaissée au niveau des trottoirs pour une facilité d’accès des fauteuils et poussettes, espace de circulation large à l’intérieur du bus et sur un même niveau, larges baies vitrées, moteurs moins bruyants…

Mais c’est surtout par l’intérieur de ses entrailles que la bête se distingue. L’essentiel de sa mécanique se trouve sur le toit, le rendant modulable et évolutif au gré des avancées technologiques. Pour l’instant, il contient 14 modules de batteries de 200 kg chacune, lui permettant d’avoir une autonomie de 200 km. Idéal pour la ligne 4, dont les bus couvrent 190 km par jour sans passer par le dépôt. La technologie évoluant rapidement, Alstom (qui ne fabrique pas les batteries) ne désespère pas pouvoir adapter à moyen terme des batteries plus petites, plus légères et plus puissantes, avec plus d’autonomie. Aujourd’hui au lithium, les batteries pourraient également devenir à hydrogène. Ce qui tombe plutôt bien, La Rochelle ayant le projet de fabriquer à terme son propre hydrogène sur le site d’Atlantech, en vue de devenir autonome dans ce domaine énergétique.

Adapter le réseau aux bornes électriques

En attendant cette perspective, La Rochelle compte adapter ses infrastructures à l’électrique. Les services techniques de l’agglomération se penchent actuellement sur la question de l’adaptation potentielle du dépôt de bus urbain, à la Régie des transports communautaires Rochelais (RTCR), basé à Lagord. Les 3 hectares du site pourraient être repensés pour pouvoir adapter des bornes de rechargement électrique. L’agglomération réfléchie également à l’implantation d’un système de rechargement par le sol, le SRS (système innovant de recharge statique), via une plaque métallique intégrée au sol qui permettrait de recharger un bus par contact. Ce dispositif conçu par Alstom pourrait être installé aux arrêts des Dames Blanches et de la Grosse Horloge. Reste à définir le coût de l’opération. Le bus, lui, couterait dans les 550 000 €, batteries comprises. Un coût légèrement supérieur aux bus actuels mais qui permettrait à terme des économies sur le coût de l’énergie, mais aussi de la maintenance, assure Alstom.

Une pierre à l’édifice du dossier TIGA

Repéré dès 2016 par le maire de La Rochelle Jean-François Fountaine, le prototype d’Alstom intéresse l’agglomération à plus d’un titre : outre réduire les pollutions, son concept s’inscrit dans la droite lignée du projet « littoral urbain zéro carbone » que porte l’agglo dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt "Territoires d'innovation de grande ambition".

L’agglomération n’est pas la seule à s’y intéresser puisque le bus d’Alstom a déjà été testé dans plusieurs villes d’Europe. Après Berlin, Hambourg, La Haye, Paris, Lyon et Marseille, le prototype conçu en Alsace arrive dans les villes de l’Ouest de la France. La Rochelle, puis Nantes et Orléans vont l’essayer. Objectif pour la plupart : se mettre rapidement en conformité avec la loi sur la transition énergétique. Les retours d’expérience auprès des collectivités permettront à Alstom d’améliorer son modèle et d’en présenter une nouvelle version commercialisable au prochain salon des mobilités à Paris. De son côté, l’agglomération de La Rochelle compte lancer un appel d’offre courant 2018 pour changer les bus de sa ligne 4 d’ici la fin de l’année.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : 4111111111111111

Publié sur aqui.fr le 16/05/2018