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Agriculture | Orages : les maraîchers de la région bordelaise particulièrement impactés

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Le Pian-Médoc, Blanquefort, Parempuyre, Bruges, le Haillan. Nombreuses sont les communes de l'agglomération bordelaise à avoir été impactées par les orages de ce week-end. Des averses violentes, mais très localisées et qui ont causé de nombreux dégâts, notamment sur la commune d'Eysines où l'activité maraîchère a particulièrement souffert des intempéries. Un avatar météorologique qui, loin d'être le premier depuis le début de l'année, s'inscrit dans une (trop) longue liste mais aussi, une situation face à laquelle élus locaux et exploitants agricoles sont vent debout.

Longtemps surnommée « le potager de Bordeaux » en raison de son activité maraîchère accrue, la ville d'Eysines a su garder son identité. Forte de 19 exploitants et 166 ha de terres cultivées, elle possède également, à l'instar des artichauts de Macau ou des asperges du Blayais, quelques cultures spécifiques qui font sa fierté. Ainsi en va-t-il de sa fameuse pomme de terre -en tout point comparable à sa célèbre cousine rétaise- ou encore de sa « galeuse », citrouille de son état et qui, loin de faire fuir les gourmets, les ravit par sa texture et sa saveur subtiles. Installée depuis une vingtaine d'années, Aurore Sournac fait partie de ceux qui cultivent (encore) ce patrimoine végétal et gastronomique. Et les avatars météorologiques, elle connaît : « Ça a vraiment commencé en 2009 avec la tempête Klaus où la moitié de la serre a été détruite. Quatre mois après, un orage a dévasté tout ce qui était en plein champ en l'espace de 10 minutes et en 2014, un orage de grêle a détruit la serre dans son intégralité », déplore cette fille et petite-fille d'exploitants agricoles qui a pourtant toujours vécu en fonction des aléas climatiques. « Cette année, on a eu une tempête en janvier, de la pluie de septembre à avril, un orage de grêle en mars, en juin et là, ça recommence ! ». Des coups du sort qui font partie des risques de la profession, même si cette année, la facture s'annonce salée, ses dégâts, comme ceux subis par les autres maraîchers, n'étant pas couverts par les assurances: « s’assurer coûte trop cher pour ce que nous faisons et un exploitant agricole qui arrête n'a droit à rien. Il faut avancer, on n'a pas le choix ». Reste qu'avec 80% de ses 10 ha de cultures plein champ partiellement détruits, elle sait qu'elle va en être de sa poche : « on va prendre sur notre trésorerie personnelle. Notre chiffre d'affaires ne va pas forcément chuter, mais nos revenus, si ». Une fois encore. Des dégâts qu'elle estime entre 10% et 15% de son CA.

Demande de reconnaissance de catastrophe naturelle
Point positif, fournisseur d'une dizaine d'AMAP (association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne), « Le Jardin de Quentin », qu'elle exploite avec son mari, a pourtant la chance d'être soutenu par ses clients ; près de 500 venus de toute la région bordelaise : « J'ai des messages de soutien et quand la tempête a dévasté la serre en 2009, le lendemain, j'avais 80 personnes qui étaient là pour m'aider. C'est quelque chose qu'on n'avait pas quand on a commencé avec la grande distribution ». Autre soutien non négligeable : celui de la mairie. « La Maire a appelé vers 7h et est venue dans la matinée », précise celle qui a aussi reçu la visite de responsables de la chambre d'agriculture. « C'est un élan qui fait chaud au cœur mais le problème, c'est qu'en Gironde, on ne représente rien. L'accent est mis sur la viticulture ». Maire d'Eysines et première Vice-Présidente du Conseil Départemental, Christine Bost entend d'ailleurs présenter en priorité, le problème au Département dès la rentrée, afin de permettre aux actifs de ce secteur d'obtenir enfin des aides. En ce sens, l’Élue a également déposé une demande de reconnaissance d'état de catastrophe naturelle auprès du préfet.

Emmanuelle Diaz
Emmanuelle Diaz

Crédit Photo : Aurore Sournac

Publié sur aqui.fr le 18/07/2018