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Politique | Emmanuel Macron en Dordogne: "réinventer la présence de la République sur nos territoires"

En Dordogne, Emmanuel Macron a beaucoup échangé avec les jeunes et les élus

Parasitée par l'affaire Benalla, la visite marathon du Président de la République a donné lieu à de nombreux échanges avec les Périgourdins, les uns plutôt séduits par la proximité d'Emmanuel Macron , les autres critiques vis à vis de sa politique. Il a débuté sa visite mercredi par un repas avec des élus et les parlementaires où il fut beaucoup question des services publics dans les territoires ruraux . Il l'a poursuivie jeudi, en allant à la rencontre des postiers, en dévoilant la nouvelle Marianne et en inaugurant la maison des services publics et des associations à Sarliac-sur-l'Isle.

Indiscutablement que l'on soit critique vis à vis de la politique conduite par le Président de la République ou qu'on la soutienne, Emmanuel Macron tranche avec l'image que l'on se fait des hommes politiques et en particulier de celle de ces prédécesseurs. Le président de la République a passé deux jours en Dordogne : normalement, le but de voyage en terre périgourdine était d'évoquer la fracture territoriale, et les mesures qu'il souhaite mettre en place pour les réduire, d'aller à la rencontre des Périgourdins. Ce séjour en terre périgourdine a été obscurci par la  diffusion mercredi soir par Le Monde d'un article et d'une vidéo mettant en cause Alexandre Benalla, l'un des hommes assurant la sécurité du président, pour avoir frappé un manifestant le 1er mai. Dès son arrivée en Dordogne, Emmanuel Macron a été assailli de questions de journalistes. Toute la journée d'hier, il les a ignorées, poursuivant son programme chargé, tout en prenant des bains de foule avec les habitants de l'agglomération, répondant à certaines interpellations de simples citoyens ou de responsables de chambres consulaires, inquiets des réfomes, notamment sur l'apprentissage ou la nouvelle organisation et financement futurs des chambres de commerce.

Nouvelle Marianne

La nouvelle Marianne orne les murs d'un immeuble du Toulon à PérigueuxLe chef de l'Etat n'a donc rien modifié au programme fixé pour cette visite dans la région de Périgueux. Il a dévoilé une présentation  du visage de la nouvelle Marianne qui va orner, à partir de lundi, les timbres d'usage courant. Ce visage, choisi par le président au début de son mandat, a été dévoilé sur une immense fresque de 16 mètres sur 11 peinte sur la façade d'un immeuble du quartier du Toulon à Périgueux, un quartier populaire. Cette nouvelle Marianne est l'oeuvre d'YZ (prononcer Eyes, yeux en anglais), le nom d'artiste d'Yseult Digan, une quadragénaire, figure reconnue de la scène du street-art. "Je voulais que cette Marianne soit forte, fière et volontaire, avec un regard franc qui porte vers l'avenir", a-t-elle expliqué aux quelque 150 personnes présentes devant la fresque. Elle l'a dessinée jeune, de profil, l'oeil décidé et le visage bordé de longs cheveux bouclés. Surnommée Marianne l'engagée, cette Marianne se veut fonceuse déterminée, contemporraine, bien loin de l'image de certaines Marianne précédentes.  Les pupilles de la Nation, dont quatre jeunes bordelais étaient présents, ont été associés à ce projet. "Ce n'est pas celle que nous avions retenue, même si celle-ci nous l'aimons bien, indique Aymeric, 16 ans, invité pour l'occasion.  "Vous avez su marier la référence du bonnet phrygien et la liberté de la chevelure", a salué Emmanuel Macron. Cette "Marianne l'engagée" est "le nouveau visage de la République", "une bataille de chaque jour" qui "n'est jamais acquise", selon lui. Rappelant, les valeurs de la République, Emmanuel Macron a été contraint de défendre pied à pied sa politique face, cette fois, à une femme d'une quarantaine d'années se plaignant de ne "plus avoir les moyens de vivre" à cause de la hausse du prix du gaz ou de la baisse des aides. Le dialogue  tendu dure une dizaine de minutes. 

Lors du discours d'inauguration de la maison des Services à Sarliac

La maison des services et des associations à SarliacLe programme du président de la république s'est poursuivi l'après midi, à Sarliac-sur-L'Isle où il a inauguré sous une chaleur accablante, la maison des services publics et des associations. L'occasion pour Emmanuel Macron de donner sa vision des services publics à l'avenir. "On parle souvent d'une France des villes contre une France des campagnes abandonnée  par le gouvernement, je n'y crois pas. Il faut enrayer cette logique de concentration de moyens des grandes métropoles." Le sujet de la fracture territoriale a été largement débattu, y compris avec les élus et les parlementaires, dès mercredi soir, lors de son arrivée à Périgueux. " Je suis convaincu qu'il n'existe aucun territoire perdu dans la République . Il y a des territoires qui n'ont plus de projets et d'autres qui en ont, avant de saluer le formidable projet de la commune de Sarliac et sa maison des services publics et des associations. Ce bâtiment flambant neuf qui ouvre aujourd'hui, avec une ossature bois, se mariant avec la campagne environnante, réunit une agence postale, le cabinet du médecin ou la salle d'inclusion numérique pour aider les habitants ne sachant pas se servir des services web, un point relais CAF, MSA. "Nous devons réinventer la présence de la République sur nos territoires", a déclaré le chef de l'Etat en annonçant une "accélération" du déploiement des structures du même type et des "guichets uniques". Pourtant le chef de l'Etat a aussi annoncé la fermeture de nouvelles trésoreries. Certaines mesures laissent sceptiques des élus, dont Bernard Vauriac, président de l'Union des maires de la Dordogne : "Il ne faut pas remplacer systèmatiquement les services publics par ce type de projet, qui n'est pas transposable partout. A Sarliac,  il y avait une agence postale à part entiière et aujourd'hui ce sont des agents communaux qui vont assurer ces missions. C'est un service maintenu mais dégradé." L'Union des maires devrait mettre des propositions sur la table du chef de l'Etat dès la rentrée.

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 20/07/2018