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Environnement | Pollution de l’air en Nouvelle-Aquitaine : le bilan de l’année 2017

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Comme chaque année, l’Atmo publie son bilan de la qualité de l’air en France et en Nouvelle-Aquitaine. Suite à ce bilan, on constate que la France est coupée verticalement en deux, avec une partie Est beaucoup plus polluée que la partie Ouest. Au regard des autres régions, la Nouvelle-Aquitaine s’en sort plutôt bien, mais ne résiste toujours pas à certains pics de pollutions, dépassant les seuils réglementaires. Cinq polluants ont dépassé ce seuil en 2017. Toutefois, les niveaux de certains polluants sont en diminution sur ces dernières années. Retour en détails sur la qualité de l’air de notre région.

Les polluants qui ont dépassé le seuil réglementaire

Chaque jour, de nombreuses particules liées aux activités humaines sont relâchées dans l’atmosphère. Lors d’épisodes climatiques spécifiques, ces particules ne se dispersent pas forcément dans l’atmosphère. Elles peuvent donc stagner dans l’air que nous respirons et nuire ainsi à la santé publique. C’est notamment le cas des particules fines qui, selon certaines études (comme celle de l’InVS) peuvent augmenter le risque de mortalité en cas de forte concentration dans l’atmosphère de ces particules. Ces dernières pénètrent en profondeur dans les poumons et peuvent être à l’origine d’inflammation et de problèmes cardiaques et pulmonaires.         
Concernant la pollution chronique en Nouvelle-Aquitaine (pollution de tous les jours), l’Atmo n’a signalé aucun dépassement de valeurs limites de polluants sur sa cinquantaine de sites d’observation en 2017. Excepté des objectifs de qualité non respectés pour ces fameuses particules fines PM2,5 et l’ozone, bien que leur quantité soit moins élevée que les années précédentes.

S’agissant de la pollution dite aiguë (à court terme, visible lors de pics de pollution), quatre polluants ont dépassé le seuil réglementaire en 2017. Là encore, ce sont les particules fines (particules PM10) qui ont dépassé le seuil d’information et de recommandations sur l’ensemble des départements, voire le seuil d’alerte sur certains d’entre eux. La procédure d’alerte avait d’ailleurs été déclenchée par les autorités préfectorales durant six jours sur certains départements. Ajouté à cela, quinze jours de procédure d’information et de recommandations sur l’ensemble du territoire. L’ozone a quelque fois dépassé le seuil réglementaire sur la métropole bordelaise, décrétant deux jours de procédure d’alerte sur le département girondin.               
Sous l’influence du trafic automobile, le dioxyde d’azote a ponctuellement dépassé le seuil de recommandations mais aucun dispositif préfectoral n’a été déclenché. Enfin, l’Atmo avait déjà déclaré en 2017, des excès de dioxyde de souffre, rejetés par la zone industrielle de Lacq (64), où l’entreprise Sanofi a récemment mis son usine à l’arrêt pour avoir dépassé les normes de rejets de bromopropane, une substance potentiellement cancérogène. Au total, ce sont 21 jours de procédure en Nouvelle-Aquitaine qui ont été déclenchés par les autorités en 2017. La Gironde est le département le plus touché avec quatorze jours de procédure. Les moins touchés sont la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne.

La qualité de l’air s’améliore, sauf pour certains polluants

Entre 2008 et 2017, les niveaux moyens annuels d’ozone ont augmenté de 8%, entraînant une vigilance accrue de cette substance chimique. De même pour le benzopyrène (produit par les fumées de combustion de la biomasse), dont la concentration augmente aussi de 8%. Une évolution toutefois irrégulière et soumise à l’influence des conditions climatiques.

Depuis 2008, la teneur de l’air en benzène (produit par l'industrie pétrochimique) et en dioxyde de souffre présente une légère baisse de -4% et -5% respectivement. Selon l’Atmo, ces niveaux sont historiquement faibles sur l’ensemble de la région, bien que dans le cas du dioxyde de souffre, cette diminution n’empêche pas des émanations excessives autour des zones industrielles comme celle de Lacq. Concernant le dioxyde d’azote et les particules fines (PM2,5 et PM10), l’Atmo constate une baisse significative de -17% et -34% depuis 2008, ce qui est encourageant. Cependant, les situations de pics lors d’épisodes de pollution restent problématiques pour la santé publique.

Nicolas Laplume
Nicolas Laplume

Crédit Photo : Nicolas Laplume

Publié sur aqui.fr le 27/07/2018