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Société | Aéroportrait : Cédric Sauteraud, l'aéronautique comme vocation

Aéroportrait : Cédric Sauteraud, l'aéronautique comme vocation

En cette fin août, dans les établissements scolaires, quel que soit le niveau, la rentrée peu à peu se prépare. Et Aérocampus Aquitaine, à Latresne, n'échappe pas à la règle. Au sein de l'équipe pédagogique de l'établissement Cédric Sauteraud s'apprête à reprendre le chemin de ses classes. Une nouvelle année qui sonne pour lui comme une nouvelle occasion de partager avec ses élèves et stagiaires d'Aérocampus sa passion pour le monde aéronautique. Une passion qui ne date pas d'hier. Lui-même ancien élève du centre de formation de Latresne, il a commencé le planeur à 14 ans. Le début d'un investissement personnel, associatif et professionnel fort dans l'univers des avions et de leur mécanique.

Cédric Sauteraud, 33 ans, est formateur en maintenance aéronefs et construction à Aérocampus. Un site qu'il connaît bien, puisque c'est là, sous l'ère de la Direction Générale des Armées, qu'il a passé son Bac pro aéronautique microtechnique en alternance, après l'obtention de son CAP et BEP au lycée Dassault à Mérignac. Une formation de mécanicien avion qui était plus de l'ordre de la vocation que de l'orientation pour le jeune Cédric.
« J'ai la passion de l'aéronautique depuis tout petit, pourtant personne de ma famille n'est issu de ce monde là... » L'explication de cette passion est peut-être à chercher dans les visites régulières à sa grand-mère, habitant à Lille. « Dés petit, j'ai fait de très nombreux allers-retours Bordeaux-Lille en avion... peut-être que ça vient de là. ». Ce qui l'enthousiasme dans cet univers aéronautique, c'est tout : sa culture et son histoire, le pilotage et la mécanique. « Enfant, on veut tous être pilote, mais au final c'est plutôt le métier de mécano qui m'intéressait. C'est vraiment un métier que j'ai choisi, que j'ai toujours voulu faire et que j'ai la chance de faire aujourd'hui. »

Planeur à 14 ans, aptitude à l'enseignement aéronautique à 17
Dès ses 14 ans, Cédric débute le planeur et fait déjà partie de l'association, qu'il a depuis quittée, du Conservatoire de l'Air et de l'Espace à Mérignac. C'est à 14 ans aussi qu'il obtient son Brevet d'Initiation Aéronautique. Curieux d'en apprendre toujours plus sur ce monde qui le fascine, il passe le certificat d'aptitude à l'enseignement aéronautique à 17 ans. « J'étais en CAP-BEP, j'apprenais l'usinage, les gestes techniques, mais c'était un peu déconnecté de l'aéronautique en soi. Il me manquait le savoir, la culture aéronautique. C'est ce que m'a apporté le certificat. » Une fois en Bac pro à Latresne, lui et un ami, tout aussi passionné, décident de fonder leur propre association. Né ainsi « Air Passion Aquitaine », dont il a quitté la présidence ( « il faut que les têtes changent un peu ») mais dont il est toujours un adhérent engagé. Le but de cette asso : « le partage la culture aéronautique, et la restauration d'aéronefs anciens ».
Car si Cédric est un véritable touche-à-tout du monde aéronautique, puisqu'il est aussi titulaire d'une licence de pilotage ULM et avion privé, il a tout de même un petit faible pour les vieilles carlingues de l'air. C'est d'ailleurs dans les Ateliers de restauration des aéronefs anciens du Musée de l'Air au Bourget qu'il a réalisé son apprentissage. « Durant 2 ans, j'étais 3 semaines en formation à Latresne et 3 semaines au Bourget. J'aimais beaucoup ce que je faisais mais la qualité de vie là-bas n'a rien à voir avec ce que l'on connaît à Bordeaux ! » Une fois son bac en poche, il décide donc de tenter sa chance auprès d'Airbus Aviation à Martignas, plutôt que de poursuivre son aventure parisienne. « J'ai réussi les tests d'embauche chez Dassault. J'y suis resté 8 ans, en tant que monteur structure pour l'aménagement intérieur des avions neufs. » Un poste « tout confort », qu'il décide pourtant de quitter le temps d'une année sabbatique, « pour pouvoir valider le module de part 66 », la licence européenne de mécanicien avion.

De Dassault à Aérocampus
Au cours de cette année de « pause », il passera alors ses modules complémentaires au lycée des métiers de l'aéronautique à Peyrehorade, et renforcera son expérience professionnelle sur la maintenance, d'une part en tant que mécanicien d'aviation légère à l'Aéroclub de Bordeaux, et dans le même temps, au sein de l'association Ailes Sud Ouest, en tant que chef d'atelier et formateur. Sa mission au sein de cette association : promouvoir la culture et le patrimoine aéronautique auprès notamment de jeunes mérignacais, avec lesquels, il fabrique un petit avion, un Van's R-V9. « Mais, pour le RV-9, il me manquait un outillage, une rifteuse pneumatique. J'ai contacté Latresne car je savais qu'ici, il y avait forcément ce type d'outillage. » Au bout du fil, alors que l'activité sur le site reprend à peine, il est accueilli par le responsable de la formation continue de l'époque. « Lorsque je suis venu réceptionner l'outillage, il m'a directement proposer d'essayer d'être formateur ici ». Une proposition que le jeune homme accepte. 
« Dans un premier temps, j'ai fait ce test en CDD : je ne travaillais que les vendredis après-midi, pour 5 heures de cours avec les apprentis. Ca m'a bien plu, et ça convenait aussi aux équipes d'Aérocampus. J'ai donc démissionné de Dassault pour un CDI à Aérocampus, juste avant la fin de mon congé sabbatique. La décision n'a pas été si simple mais je ne regrette rien. Je forme des élèves de la seconde au bac pro, et j'assure aussi des formations adultes. J'ai notamment participé à la formation d'adultes sur la rénovation du Grumann Albatross : ça m'a permis d'allier ma passion pour la transmission des savoirs et des savoir-faire et celle pour les vieux avions. »

Intarissable !
Une connaissance du patrimoine aéronautique toujours prête à ressurgir : Cédric est incollable sur les aéronefs, notamment les plus anciens. Au détour d'une anecdote, il prend toujours un moment pour détailler qui était son concepteur, l'année de sa conception, son pays d'origine, certaines de ses particularités techniques ou technologiques etc. Pour tout dire, il est intarissable !
Enfin, parce que la formation et la pédagogie ont aussi un véritable intérêt pour lui, toujours soucieux de « faire passer le bon message et de la bonne manière » à ses élèves, Cédric a passé et réussi un Master 2 sur les métiers de la formation afin de se perfectionner dans sa pratique. Son sujet de mémoire : « le patrimoine aéronautique dans les projets pédagogiques... » Ne dites pas que ça vous étonne !

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 26/08/2018