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Agriculture | La fête de la terre à Fleuré (86): valoriser les agriculteurs, séduire les consommateurs

Angélique Vriet et Tony Belicot font partie des organisateurs de la fête de la terre organisée les 18 et 19 août à Fleuré dans la Vienne.

La fête de la terre organisée ce week-end, les 18 et 19 août par les Jeunes Agriculteurs 86 est relancée. Cette année, elle a lieu à Fleuré sur les terres de Tony Belicot, agriculteur de 31 ans, à son compte depuis deux ans. Après 9 mois de préparation, la tension retombe. Il affiche un large sourire, même s’il reste toujours quelques petits réglages à parfaire durant ce week-end. Il espère accueillir au moins 5 000 personnes. L’objectif d’une telle manifestation : redorer l’image du métier d’agriculteur auprès des consommateurs en leur faisant découvrir quelques activités originales et surtout en faisant déguster des produits locaux.

En devenant agriculteur, Tony Belicot a réalisé son rêve de gosse. Et c’est tout sourire qu’il nous accueille sur ses terres pour faire découvrir son métier. Les tracteurs, moissonneuses énormes sont exposés dans un coin de son champ. Un circuit improvisé est dressé en plein milieu et des tivolis, ici et là, pour faire découvrir et déguster les produits de son labeur. 

C’est la première année que Tony organise une telle fête. : toujours prêt à filer un coup de main, avec son t-shirt de “la fête de la  terre”. Il n’arrête pas, son téléphone sonne pour affiner les derniers réglages : un problème de groupe électrogène qui manque de puissance. En deux ou trois coups de fil, le problème est finalement réglé. Il a fallu huit à dix mois de préparation à l’organisation. « C’est une bonne période de gestation » rigolent en choeur Tony et Angélique (qui fait aussi partie de l’organisation).  

Donner une bonne image

L’objectif de la Fête de la terre : « se faire connaître et montrer que les agriculteurs ne sont pas que des “pollueurs”. » C’est sûr qu’en voyant Tony et Angélique sourire aux lèvres, on a du mal à les imaginer comme cela. « On souffre un peu de cette image négative. Là,  on veut recréer du lien avec les consommateurs en leur faisant découvrir et déguster exclusivement des produits locaux. » Ce samedi, la traditionnelle vache à la broche était proposée. « elle vient de dix kilomètres à peine » précise Angélique Vriet qui est commerciale terrain et qui suit les agriculteurs.

Autour d’eux, une équipe d’une quarantaine de bénévoles pour encadrer cette fête. Cela fait depuis quasiment une semaine qu’ils travaillent d’arrache-pied. Après les moissons, ils n’ont pas eu de repos, ils ont dû s’attacher à l’organisation. Il a fallu préparer, baliser le terrain de trente hectares et même tracer le circuit pour les voitures traîne-cul et moiss’batt’ cross. Ces deux dernières disciplines font partie des activités phares. C’est un peu particulier avec de drôles d’engins. Des voitures coupées en deux à trois roues avec des moteurs d’origine un peu trafiqués, qui pétaradent plus qu’à la normale, ainsi que des vieilles moissonneuses batteuses sans les outils,  réaménagées et préparées pour la course. Impressionnant. Une quinzaine de véhicules concourent dans la première catégorie et une dizaine dans l’autre.

Les courses de voitures traîne-cul attirent les foules.

Séduire un large public

Parmi le public, on trouve des habitués, bien sûr. Et d’autres qui ne sont pas du tout agriculteurs. Magali est infirmière, et son mari Thomas, pompier. Ils sont venus avec leur fils Kylian car « il aime les tracteurs et les moissonneuses. Puis c’est intéressant de découvrir ce monde-là », confie la famille. D’autres événements sont également proposés, comme un concours de labour départemental, des démonstrations de sculptures de bois. Dans un coin du champ de Tony Belicot, huit arbres ont été plantés. Depuis trois ans des bûcherons pas comme les autres participent à la fête de la terre. Ils sont là pour sculpter dans le bois des champignons, des coqs, des chevreuils, des hiboux, et même … « là je vais commencer une guitare, explique Jean-Pierre Redon, ancien bûcheron qui a débuté la sculpture sur bois en 2000. C’est une fierté de réaliser ces sculptures devant des gens, de leur faire partager nos savoirs ». Il est entouré de sept autres sculpteurs. 

Huit bûcherons pratiquent de la sculpture sur bois. Durant la fête de la terre, ils ont fait plusieurs démonstrations. Voici leurs réalisations.L’an dernier la « fête de la terre » avait accueilli 7 000 personnes sur le week-end. Là, ils espèrent atteindre au moins les 5 000. La fête se poursuit ce dimanche avec beaucoup de temps forts, un dernier moment de détente avant de reprendre les activités et de préparer la prochaine édition de la fête de la terre.

 

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 19/08/2018