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Environnement | A Périgueux, le réseau de chaleur au bois alimente l'équivalent de 2000 foyers

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Le chantier a duré un an et demi, entre les rebondissements politiques, les changements en matière de réglementation, et les découvertes archéologiques. Le réseau de chaleur biomasse des deux rives est enfin opérationnel. Inaugurée vendredi, cette nouvelle chaudière, construite boulevard Bertran de Born, alimente depuis une semaine, la gendarmerie, la centre de secours, la polyclinique Francheville, les archives départementales, au total une trentaine de bâtiments, et quelques maisons et résidences. Le réseau fait près de 5 kilomètres et pourrait être étendu.

Plus d'un an et demi de chantier pour rendre le réseau de chaleur biomasse des deux Rives de Périgueux, opérationnel. Il a fallu résoudre, les soucis liés à l'évolution de la réglementation, ceux liés aux découvertes archéologiques. Beaucoup d'élus et de partenaires, Engie Cofély, l'opéateur ont tenu à souligner, lors de l'inauguration vendredi, les difficultés rencontrées. Depuis une semaine, cette nouvelle chaufferie, située rue Bertrand de Born, produit de l'eau chaude et de l'électricité.
Elle alimente une trentaine de bâtiments la gendarmerie, le centre de secours, la polyclinique Francheville... et quelques appartements et maisons. La nouvelle chaufferie se présente sous la forme d'un bâtiment représentant des cubes de couleur grise, de 600 m2. Une cheminée de 20 mètres de haut en dépasse. Le bâtiment abrite une très grosse chaudière capable de chauffer jusqu'à 800°C en période hivernale pour alimenter un réseau de près de 5 kilomètres sur les deux rives de l'Isle, de Vésone au quartier Saint Georges. La chaudière biomasse est complétée par des chaudières au gaz plus petites, venant en appoint si nécessaires et en cas de grand froid. Elle alimente donc l'équivalent de 2000 logements. 5300 tonnes de bois sont consommées par an avec une livraison en moyenne par semaine l'hiver. Le bois provient de moins de 80 kilomètres, majoritairement de la forêt périgourdine. "Il 's'agit d'écorces ou branches",  explique Lionel Poitevin, directeur général de l'Ademe, l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie en Nouvelle-Aquitaine. "Nous n'abattons de forêts pour ce réseau de chaleur biomasse. Il s'agit de bois d'oeuvre mais aussi des déchets forestiers que l'on va utiliser. C'est éviter le gaspillage d'un déchet, la biomasse, pour l'utiliser dans les chaufferies." Ce réseau de chaleur va permettre d'éviter l'émission de 3.300 tonnes de C02 par an.

5,7 millions d'euros d'investissement

"Ce système est plus écologique que le gaz. Plus économique aussi" assure Pierre Dejean, directeur d'Engie Cofely, le fournisseur pour les 25 prochaines années. "Les abonnés ont souscrit un contrat d'abonnement sur la durée qui va leur permettre des évolutions chaotiques du prix de l'énergie. C'est une perspective sur l'avenir." D'ici la fin d'année tous les abonnés concernés seront reliés à la chaufferie, elle prendra alors toute sa puissance. Antoine Audi, s'est réjoui de cette réalisation lancée par son prédécesseur qui utilise une matière première locale et qui permet de sauvegarder des emplois agricoles et dans l'industrie forestière. Ce projet représente 5,7 millions d'euros d'investissement pour la ville, Engie, des fonds européens, régionaux et dont 1,35 million pour l'Ademe. 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 17/09/2018