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Economie | TPME : l'activité repart en Nouvelle-Aquitaine

Illustration métiers de bouche

Les TPME, une force pour la région Nouvelle-Aquitaine ? Sans aucun doute, puisqu’elles constituent 42% des emplois salariés (soit 778 000 postes), avec 50 000 créations de nouvelles entreprises par an sur le territoire. Leur développement est même exponentiel, autant en terme de chiffre d’affaire que d’embauches, même si certains secteurs d’activités restent à la peine, quand d’autres sont simplement stables. Et les prévisions pour le dernier trimestre 2018 sont plutôt optimistes.

« Les territoires d’ex-Aquitaine et d’ex-Poitou-Charentes renouent avec des évolutions positives depuis 2016 », constatent Eric Stephan et Diego Ferrer, de l’organisme de gestion et d’analyse des données Cecogeb. « Les tendances au redressement se confirment pour les nouveaux départements néo-aquitains, avec un positionnement de leader des départements littoraux ». La Charente-Maritime, la Gironde, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques  affichent tous une croissance allant de +0,39% à +1%. Tirant également leur épingle du jeu, la Vienne (+54%), la Corrèze (+0,29%) et la Dordogne (+ 0,28%) se distinguent des autres territoires de l’intérieur des terres, qui connaissent eux un léger recul de l’activité, le plus fort déclin étant dans les Deux-Sèvres (-1,69%). A l’échelle des anciennes régions, l’Aquitaine a retrouvé un meilleur chiffre d’affaires en 2016 (+0,26%) et 2017 (+0,65%) qu’en 2013 et 2014. Idem pour le Poitou-Charentes qui remonte à + 42% de chiffre d’affaires global après avoir chuté de 2% en 2014. Seul le Limousin est encore à la peine et semble avoir du mal à se remettre de la crise, en restant en décroissance (-0,29%) même si elle reste moins forte que ces dernières années.

« Globalement, la Nouvelle-Aquitaine suit la tendance nationale », analyse Patrick Berger, le directeur régional de la Banque de France. Alors que le taux d’évolution du chiffre d’affaire en France était de -1% en 2014, il était de -1,8% sur le futur territoire néo-aquitain en 2014, pour atteindre les 0% en 2016 pendant que le pays est à +0,2%. La région talonne toujours de près l’évolution nationale en 2017, en augmentant de +5% son chiffre d’affaire global pendant que la France affiche + 1%. Une évolution qui se constate également au niveau du PIB de 2017: +2,5% au niveau hexagonal ; + 1,6% pour l’ALPC. Pour Patrick Berger, aucune raison que ce parallélisme s’arrête en 2018 : la croissance devrait donc freiner un peu pour se stabiliser, selon les prévisionnistes.

Regain d’activité dans les transports et le BTP

Illustration chantiers

Si l’on constate des disparités économiques entre les départements, il en existe aussi entre les secteurs d’activités. La preuve : les entreprises en difficulté représentent tout de même 13% des TPME de la région, contre 8% en croissance. Les secteurs souffrant le plus sont l’équipement de la personne et de la maison, tandis que le commerce de gros « reste fragile », avec une décroissance dépassant les 2%. Le domaine de l’industrie, de la fabrication et des supports subit également un sérieux coup de frein. Contre toute attente, ce sont les transports qui s’en sortent avec la plus belle croissance : +2,62% en 2017, et la tendance devrait se poursuivre en 2018. Sans surprise, le bâtiment et les travaux publics enregistrent un net regain d’activité (+1,68% en 2017), après avoir subi une chute d’un peu plus de 3% en 2014. Les activités agricoles et forestières reprennent également du poil de la bête (+1,89%), ainsi que l’automobile (+0,58%). Restent stables les services aux particuliers, le commerce de détail alimentaire, l’hôtellerie-restauration, la culture et les loisirs. Une tendance qui peut peut-être expliquer les 10% de défaillances d’entreprises en moins que d’habitude, enregistrés entre décembre 2017 et juin 2018.

Pas de quoi crier victoire pour autant. Si bon nombre d’entreprises affichaient leur intention d’embaucher début 2018, la plupart ont revu leurs ambitions à la baisse mi 2018. Eu cause, la crainte d’un avenir économique instable d’une part, la difficulté à trouver de la main d’œuvre qualifiée dans certains secteurs d’autre part. C’est le cas notamment dans le BTP et certaines industries de pointe, comme la construction navale. L’industrie qui annonçait ainsi des intentions d’embauches de +0,9% en janvier 2018 a finalement revu ses projections à +0,2% en juin.  Même scénario pour les transports, pourtant en pleine croissance, et les services, qui, malgré une hausse inattendue de l’activité et du chiffre d’affaires régional de +5,5%, n’a pas l’intention d’augmenter ses effectifs.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Archives Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 02/10/2018