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Environnement | L'immeuble du futur : une première mondiale au Grand Parc

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C'est dans la quartier du Grand Parc que devrait être inaugurée en fin d'année, la future Maison du Département de Gironde. Un édifice qui accueillera également les quarante-neuf logements sociaux de la Résidence Florestine de Gironde Habitat. Conçu grâce à une innovation technologique mise au point par la société Qarnot Computing, il offre notamment une solution de chauffage gratuit et écologique pour les logements et bureaux qu'il abritera. Une première mondiale dans laquelle le Département de la Gironde s'est fortement investi en raison tant des économies d'énergies générées que de l'aspect social du projet. Un chantier dont la première pierre a été posée en juillet 2017 et qui a reçu hier, la visite du Président de Département.

Conçu par l'agence d'architecture Moon Safari, l'immeuble qui doit à terme abriter la Résidence Florestine et le nouveau Pôle Territorial de Solidarité de Bordeaux est avant tout un pari technologique et environnemental au service de l'innovation sociale. Fort de ses 3000 m2 dédiés à de nouveaux logements et 1752 m2 de locaux destinés à accueillir la future Maison du Département sur deux niveaux, c'est aussi le fruit d'un travail collectif né de la rencontre entre l'entreprise Qarnot Computing, le Département et Gironde Habitat. Un partenariat auquel est associée la banque BNP Paribas et grâce auquel les futurs habitants de l'immeuble pourront bénéficier d'avantages non négligeables tels que le chauffage et le wifi gratuits, pour ne citer que ceux-là. La raison ? La mise au point, par cette start-up sise à Montrouge et employant une trentaine de salariés (essentiellement des développeurs informatiques) des radiateurs QH-1. Le principe ? « Tout est parti d'un constat de départ, explique Miroslav Sviezeny, co-fondateur de l'entreprise : la surconsommation d'électricité dans les data-centers. Ces centres (banques, laboratoires de recherche, studios d'animation en 3D...) sont alimentés puis doivent être refroidis, le dégagement de chaleur étant inhérent aux calculs informatiques. Le principe consiste donc à récupérer cette chaleur perdue, appelée « chaleur fatale », pour chauffer des bâtiments ». Simple mais pas évident à réaliser. La première tentative réussie datant de 2014 et le processus ayant été par la suite perfectionné bien que le système reste inchangé : véritables radiateurs-ordinateurs, les QH-1 contiennent des microprocesseurs informatiques leur permettant de réaliser des calculs informatiques haute performance (habituellement effectués dans des data-centers) et dégagent une chaleur qui est dissipée pour chauffer les usagers. Une technologie offrant un double intérêt (un chauffage gratuit des habitations et bureaux et une absence de consommation énergétique pour refroidir les appareils) et à laquelle a souscrit la banque BNP Paribas, devenue partenaire du projet en confiant à ces ordinateurs-radiateurs, ses calculs réglementaires. « Il ne s'agit pas ici de calculs relatifs aux clients mais de ceux que nous sommes tenus d'effectuer pour nous assurer que nous avons bien la capacité de résister aux chocs économiques éventuels », précise Vincent Thiery, Directeur Régional du Réseau Nouvelle-Aquitaine. Une activité que la banque compte poursuivre puisqu'elle a récemment signé afin de multiplier par quatre le volume des calculs ainsi traités.

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Un partenariat gagnant-gagnant

Des radiateurs également équipés de capteurs à la demande du client (bruit, mouvement, humidité, pression...) permettant ainsi de contrôler la consommation énergétique du bâtiment et la qualité de l'air. Une expérimentation d'ailleurs validée par l'ADEME. Par ailleurs équipé d'une prise internet (fibre ou RJ45) par laquelle transitent les calculs informatiques, le QH-1 garantit aussi le wifi gratuit au locataire. « Une solution permettant de lutter efficacement contre la précarité énergétique et numérique », note Jean-Luc Gleyze, rejoint sur ce point par Martine Jardiné (1) : «14% de la population française est en situation de précarité énergétique. C'est une politique engagée, sociale et solidaire du Département et une politique de stratégie de Gironde Habitat de faire en sorte que ses locataires soient le mieux logés possible ». « Dans le même esprit, nous avons signé, il y a quelque temps, dans l'immeuble « Les Souffleurs », un protocole d'accord unique en France avec un certain nombre de partenaires (panneaux photovoltaïques), au travers duquel il sera possible à terme, de distinguer l'économie sur la facture énergétique de chacun des logements, note le Président avant de préciser concernant le Grand Parc : C'est une opération gagnant-gagnant. Le Département en bénéficiant de deux étages dédiés aux services sociaux, Gironde Habitat avec ce bâtiment qui aura des qualités exceptionnelles au niveau énergétique et environnemental, Qarnot Computing en démontrant sa capacité technologique, les locataires avec un chauffage et un internet gratuit et BNP Paribas via le rachat de ses calculs. » Une réalisation dont le coût avoisine les 9M€ dont 1 854298M€ financés grâce aux fonds propres de Gironde Habitat. Seule véritable limite actuelle de cette innovation : l'impossibilité de la proposer à des particulier ; L'installation nécessitant un entretien régulier effectué par un spécialiste. Au final, une réalisation pour laquelle Jean-Luc Gleyze ne cache pas sa satisfaction, preuve définitive que « c'est bien la démonstration que le Département sans la Métropole, fait son travail et qu'il n'a pas besoin d'être remplacé par une métropolisation ».

 

(1) : Présidente de Gironde Habitat, vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde, chargée de l'habitat, du logement et du développement social et Présidente du FSL

Emmanuelle Diaz
Emmanuelle Diaz

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 19/10/2018