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Agriculture | La colère des retraités agricoles périgourdins contre le gouvernement

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Les retraités agricoles s'estiment trahis : le gouvernement a refusé au printemps une augmentation des pensions agricoles votée sous la présidence Hollande, qui devait porter la retraite d'un ancien chef d'exploitation à 85% du SMIC. La revalorisation est reportée à la refonte de l'ensemble des régimes retraites. L'Association départementale des retraités agricoles de Dordogne (l'ADRAD) qui compte près de 5.000 adhérents, la plus importante de France, est particulièrement en colère et amère. Réunis en assemblée générale lundi, les retraités agricoles l'ont exprimé aux parlementaires présents.

Amertume et colère. Tel est le ressenti des retraités agricoles périgourdins, réunis en Assemblée générale à Boulazac, lundi matin. Ils s'estiment trahis par le gouvernement actuel. Ils ne lâcheront rien tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction sur leur principale revendication : une retraite à 85 % du Smic net. Le chemin est long. "Voici quelques mois, députés et sénateurs qui regroupent tous les partis politiques avaient voté à l'unanimité la proposition de loi du député communiste du Puy du Dôme, André Chassaigne portant la retraite des chefs d'exploitations de 75 à 85 % du SMIC. Or le gouvernement a utilisé un artifice pour que cette proposition ne puisse pas être débattue à l'Assemblée nationale et a préféré attendre l'examen de la refonte générale de l'ensemble des systèmes de retraite, a rappelé Roger Treneule, président de l'association départementale, l'ADRAD, qui réunit près de 5000 adhérents, et aussi président de l'ANRAF.  L'association nationale totalise 30 000 membres. La France compte environ 1,4 millions de retraités agricoles, dont 25.000 en Dordogne. Les retraités agricoles considèrent que le gouvernement continue de s'acharner sur les retraités, avec l’augmentation de la CSG, la désindexation des pensions de retraite impactant directement leurs modestes revenus. Depuis la dernière revalorisation des retraites, un chef d'exploitation retraité touche en moyenne 855 euros par mois. De nombreux retraités agricoles avaient manifesté à Périgueux, lors de la journée nationale de mobiisation le 18 octobre dernier.

"L'augmentation à 85% du SMIC nous est due"
"L'augmentation à 85% du SMIC nous est due" a martelé, le président et bon nombre d'intervenants ont rappelé la faiblesse des retraites des femmes, conjointes d'exploitations. Pour elles, c'est en moyenne 550 euros. Les retraités veulent le soutien des parlementaires, ce sont des élus des territoires ruraux. Et les trois députés de la majorité, Jacqueline Dubois et Philippe Chassaing pour la LREM et Jean-Pierre Cubertafon (modem) ont  eu du mal à défendre ce choix de leur majorité. Ils se sont parfois empêtrés dans des explications techniques et se sont cachés derrière la réforme des retraites à venir mais qui ne concernera pas les actuels retraités… La salle a vivement réagi à leurs propos, avec hostilité.
Claude Bérit Debat, sénateur socialiste de la Dordogne, soulignant qu'il "appartenait à l'Ancien Monde", a rappelé à l'assistance qu'il avait défendu une proposition lors du PLFSS 2018 avec un amendement  sur cette revalorisation. Cet amendement a été rejeté par la majorité du Sénat et le groupe LREM. Jean-Pierre Cubertafon député du Périgord vert, territoire très rural, a indiqué qu"'il faut qu'on arrive à 85 % du SMIC" et a affirmé que les retraités agricoles auraient le soutien des parlementaires lorsque la réforme des retraites sera débattue devant le Parlement en 2019. 

Les retraités ont annoncé leur détermination à poursuivre leurs actions pour défendre leurs droits à des pensions dignes.  Roger Tréneule, président de l'association départementale et président de l'Association nationale des retraités agricoles (ANRAF), a rendez-vous début-décembre avec la conseillère aux affaires sociales du premier ministre, et avec le député communiste André Chassaigne, qui pourrait re-déposer la proposition de loi des 85% du SMIC sans attendre l'examen de la réforme globale des retraites.

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 14/11/2018