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Société | En Dordogne, "L'urgence, c'est d'assurer la poursuite d'activité du laboratoire départemental"

dimanche matin, un incendie a ravagé une partie du laboratoire départemental de la Dordogne

Un incendie de grande ampleur a ravagé une bonne partie du laboratoire d’analyse et de recherche de la Dordogne jouant un rôle sanitaire très important. Le site qui emploie 120 personnes intervient dans trois secteurs : eaux et environnement, hygiène alimentaire et santé animale et a des clients dans tout le grand sud ouest et y compris internationaux. Ce lundi, au moment où les experts recherchent les causes du sinistre, élus, personnels et cadres du département, sous le choc, planchent en urgence sur la continuité des missions et le redémarrage des activités. Les dégâts sont considérables.

Depuis le sinistre de dimanche matin, nombreux agents du conseil départemental se sont rendus sur le site du laboratoire départemental d'analyse et de recherche, les larmes aux yeux, émus, inquiets sur le devenir professionnel. Ce lundi 17 décembre, très tôt dans la matinée, ce fut au tour du président du Conseil départemental, Germinal Peiro. Tous sont venus constater l'ampleur des dégâts : selon les sapeurs pompiers, qui sont parvenus à sauvegarder la partie administrative, 1000 m2 sont détruits dont une partie du laboratoire.  Par endroits, la toiture s'est effondrée, les vitres ont explosé sous l'effet de la chaleur. Ce lundi, la parole était aux experts pour évaluer le coût des dégats. "Entre le bâtiment et les matériels de pointe utilisés dans la partie chimie, le coût du sinistre avec les matériels à renouveler pourrait avoisiner les 15 millions d'euros, avance prudemment Marc Becret, le directeur des services du conseil départemental. "L'urgent, pour Germinal Peiro, c'est d'assurer la continuité du service et des missions du laboratoire. Il n'y a heureusement pas de blessé, ni de victime. Nous reconstruirons."

Germinal Peiro, président du Département  et Didier Bazinet, en charge de l'agriculture se sont rendus sur placeOrganiser un service minimum

Ce lundi, une cellule de crise a été mise en place pour organiser un service minimum, car pour l'instant, l'activité est au point mort. Ce laboratoire d'analyse et de recherche est un  des fleurons de l'analyse biologique à l'échelle nationale et dans certains domaines spécifiques à un niveau international. Pour mémoire, le laboratoire départemental d'analyse et de recherche intervient dans trois secteurs : eaux et environnement, hygiène alimentaire, santé animale. Les équipes encadrées par des docteurs en chimie, vétérinaires, en biologie, traquent l'infiniment petit. Au total 120 personnes réalisent les contrôles sanitaires des eaux de consommation humaine et de loisirs, les analyses de piscines, vérifient les rejets des stations d'épuration, interviennent dans tous les secteurs agro-alimentaires de la Dordogne, des abattoirs à la distribution, effectuent des recherches du prion responsable de la vache folle ou de la tremblante. Le site abritait aussi le Satese, qui compte 18 agents. 
"Le laboratoire départemental travaille pour plus d’une centaine de collectivités dont les départements de la Gironde, de la Charente, la ville de Limoges, des établissements hospitaliers (Périgueux, à Bordeaux)  ou encore d’entreprises  (la Sobéval, Lactalis) ", explique le président du département qui promet de tout faire pour que la clientèle du laboratoire n’ait pas à souffrir des conséquences collatérales du sinistre. Le Département s’attache d’ores et déjà à trouver des solutions pour assurer la continuité de leur activité professionnelle. Nous mettrons tout en œuvre pour reconstruire dans les meilleurs délais cet outil remarquable, qui s’était imposé comme l’un des fleurons de l’analyse biologique à l’échelle nationale." Germinal Peiro et les équipes du laboratoire ont reçu depuis l'incendie, de nombreux messages de solidarité, des présidents des conseils départementaux voisins. D'autres laboratoires, ceux des Landes, de la Gironde, ont proposé leur aide.  Les analyses les plus urgentes pourraient être transférées vers les laboratoires des départements voisins ( Gironde, Landes), ou plus loin, en Bretagne ou à Paris.

 Des pistes pour repartir avant une reconstruction 

Si la partie chimie du site a été entièrement détruite, le département vétérinaire semble avoir été peu impacté à l'exception de la suie qui recouvre tout. "Une des pistes, mais il est encore tôt,  est de rédémarrer l'activité dans la partie qui n'a pas été ravagée par les flammes. Mais nous ne savons pas dans quel état sont les outils et les matériels pour effectuer les analyses," précise Laurent Rey, responsable de la partie analyse. Les locaux administratifs, les salles de réunion ou encore la cafétéria pourraient également être transformés en laboratoire afin de relancer au plus vite l’activité. Au vu du développement de l'activité qui  était financièrement excédentaire, le conseil départemental avait d'ores et déjà prévu une extension des locaux et venait d'acquérir un terrain à proximité. La construction du nouveau bâtiment n'était pas programmée avant plusieurs mois mais ce projet pourrait être revu dans sa forme et accéléré. 

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude -Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 17/12/2018