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Edito | Emmanuel Macron: trois voeux et bientôt une lettre aux Français...

Fini le temps des mea culpa... Debout et la mine reposée Emmanuel Macron a placé ses seconds vœux de président sous le signe de l'offensive. Ou plus précisément du bilan et de l'offensive. Car, en cette année 2018, où avait décollé quelques unes des réformes défendues lors de sa campagne, celle de la SNCF notamment, il ne faudrait pas croire que son gouvernement et le parlement, qu'il a salués d'entrée de jeu, n'ont pas respecté le calendrier présidentiel. Un rappel voulu comme une manière de prendre le pays à témoin que cette obsession réformatrice ne va pas s'arrêter, au prétexte que s'est réveillée une colère sourde incarnée par la campagne de manifestations des Gilets jaunes. Et, de citer la nouvelle donne à négocier de l'indemnisation du chômage, du secteur public et, plus encore, du système de retraite dont il n'est pas évident, dans le contexte social et politique actuel que la rédéfinition sera de tout repos...

En clair, Emmanuel Macron, non seulement ne renie rien de ces choix initiaux mais il les légitime, au nom d'une analyse de l'état du monde qui est sans la moindre complaisance à l'égard de la Chine et des Etats-Unis de Trump qu'il n'a pas cités mais qui se seront reconnus. Le multilatéralisme dont il s'était fait le porte-parole, lors des cérémonies du centenaire de la grande guerre, lui semble mal en point et, dans son élan, il s'est même autorisé une évocation peu amène du capitalisme libéral et financier. Un effet de l'air du temps ? Attendons pour voir qu'elle sera son attitude face à quelques dossiers industriels où l'Etat doit jouer son rôle.

Mais, puisque nous assistions à une cérémonie de vœux il convient de s'arrêter, un instant, sur les trois qu'il a choisis de faire. Les mots d'abord : vérité, dignité, espoir.

Vérité, pour commencer ce n'est pas si mal venu au moment où les rebonds de l'affaire Benalla sont tout à fait insupportables et dont on espère qu'ils vont faire l'objet d'une mise au point précise. La vérité, dans la présentation macronienne, s'est voulue surtout correctrice sur le mode «  la France ne va pas si mal : cessons de nous déconsidérer.. L'ennui, si l'on a bien compris c'est que cela coûte bien trop cher. Là-aussi attendons ce que le président va nous écrire dans quelques jours avant le grand débat promis. Et, pour faire bonne mesure, notons qu'il a défendu l'importance de la vérité de l'information, avec des accents qui ne lui étaient pas familiers, plaidant aussi pour l'écoute, le dialogue et l'humilité...Oui l'humilité...

 

Dignité, enfin, pour chaque citoyen avec des droits et devoirs de sorte « que chacun se sente acteur de la vie de la Nation » L'occasion lui était donnée de rappeler que la république ne peut accepter les déferlements de haine, au premier rang desquels les provocations antisémites, dont ces dernières semaines et singulièrment ces derniers jours ont été le théâtre.

Espoir enfin, celui d'un homme qui s'est engagé, dès ces premiers pas et mots, dans un défi européen que l'actuelle crise sociale  percute brutalement. Comprenons qu'il ne veuille pas y renoncer et acceptons l'intention qu'il évoque d'un « projet européen renouvelé ». Pour lui donner la plus petite chance, sur fond d'élections européennes mal engagées pour la République en Marche, encore faudrait-il que la parole de cet Emmanuel Macron qui nous assure in fine «  je suis au travail » apporte de vraies réponses. Et qu'il ait redressé, avec l'humilité qu'il met en avant, son crédit d'homme d'Etat, ici et auprès de nos voisins

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 31/12/2018