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Politique | Dordogne : le dossier Beynac s'invite au débat des orientations budgétaires

Les élus du Département de la Dordogne réunis en session plénière

La réunion plénière du Conseil départemental de la Dordogne devait être consacrée quasi exclusivement aux orientations budgétaires de 2019. Comme on pouvait l'imaginer, la suspension du chantier de Beynac s'est invitée aux débats et a donné lieu des joutes verbales entre majorité et opposition. Il a donc fallu attendre l'après-midi pour entrer dans le vif du sujet. Le président socialiste Germinal Peiro a annoncé qu'il ne souhaite pas augmenter la part départementale de la taxe sur le foncier bâti en 2019 après trois années de hausse. L'opposition salue cette position mais juge cette décision tardive.

Plus de deux heures, c'est le temps qui a été consacré au chantier du contournement de Beynac, suspendu par le Conseil d'état depuis le 28 décembre. Le sujet était inévitable à cette première réunion du Conseil départemental de la Dordogne, consacrée aux orientations budgétaires 2019. Une plaquette, consacrée à l'arrêt du chantier et ses conséquences  a même été disposée sur les pupitres.  Germinal Peiro, président socialiste du Département, ne cesse de marteler que " la décision du Conseil d'état est provisoire. Le Tribunal administratif de Bordeaux devra se prononcer sur le fond dans plusieurs semaines. Les opposants ont été déboutés dix fois. Le vrai scandale, c'est qu'on joue avec l'argent public et celui des contribuables périgourdins.

"Un sale coup pour le milieu rural"

Dans une très longue intervention, il a rappelé l'historique de ce dossier vieux de plus de 30 ans, avec la déclaration d'utilité publique validée en 2001 et en 2010, les différentes étapes. Il a évoqué les conséquences économiques sur les entreprises dont la plupart sont locales, avec une centaine de salariés au chômage dès cette semaine, les incidences environnementales et sur la sécurité routière en particulier celle des cyclistes, dont bon nombre d'associations et pas des moindres jugent la traversée du bourg de Beynac très dangereuse. Avec virulence, il dénonce "une situation ubuesque et aujourd'hui pas comprise y compris par des élus et des concitoyens qui au départ étaient contre. Ils décrivent une décision scandaleuse. " De nombreux élus, de la majorité, ont pris ensuite la parole, pour dénoncer ce qu'ils appellent un sale coup pour le milieu rural, malgré le soutien dans ce dossier du Premier Ministre. Les élus de l'opposition, Dominique Bousquet en tête, évoquent un discours très bien rodé pour signifier qu'il faut trouver de nouveaux arguments pour que le tribunal administratif de Bordeaux autorise la poursuite du chantier. Il dénonce de la part du président du Conseil départemental un entêtement et une précipitation à faire avancer les travaux le plus vite possible avant que le Conseil d'état prenne la décision de suspendre les travaux.

Pour Sylvie Chevalier, conseillère départementale du Bergeracois et présidente du Comité départemental de tourisme, il faut sortir de l'impasse et ce dossier met aussi en valeur de nouvelles mobilités, notamment les modes doux. La réponse du tribunal administratif de Bordeaux mettra plusieurs mois. Si le projet est définitivement stoppé d'ici quelques mois, Germinal Peiro a promis que le démantélement du chantier ne sera pas réalisé aux frais de la collectivité.  Pour Thierry Boidé, représentant l'opposition, il y a avait d'autres solutions, pointant l'unique responsabilité du président du Département , surtout si le dossier se révèle être stoppé définitivement dans les prochaines semaines. 

Pas d'augmentation de la fiscalité

Il a donc falliu attendre la toute fin de matinée voire le début d'après midi, après les réunions des commissions, pour aborder véritablement les orientations budgétaires. Première bonne nouvelle, la part départementale de la taxe sur le foncier bâti ne devrait pas augmenter en 2019,  contrairement à ce qui était envisagé. Elle représente 20 % des recettes budgétaires. La crise des gilets jaunes et les revendications liées au pouvoir d'achat ne sont sans doute pas étrangères à cette décision. Le Conseil départemental justifie cette décision par la bonne gestion de ces dernières années, les économies drastiques dans le fonctionnement de l'institution : stabilité des dépenses de personnel, renégociation de la dette, hausse des impôts les trois premières années.

Côté recettes toujours, la collectivité a préféré jouer la prudence concernant le produit des droits de mutation, autour de 51 millions d'euros. Les recettes d'investissement s'élèvent à 52,74 millions d'euros. Le prochain budget primitif devrait donc s'établir à 510, 7 millions d'euros. En 2019, le conseil départemental devrait poursuivre la diminution progressive du recours à l'emprunt, de l'ordre de - 500 000 euros par an, contenir la dette et conforter les économies de fonctionnement déjà réalisées.  Le niveau d'investissements devrait être du même niveau qu'en 2018. Pourtant, la Dordogne enregistre une forte hausse de 3,5 % des dépenses sociales, liées au financement du RSA et aux aides pour les personnes handicapées. Le Département rique de dépasser le seuil fixé par l'Etat à 1,2 % d'augmentation de ses dépenses de fonctionnement, et Germinal Peiro redoute "un mauvais coup de l'Etat", qui se caractériserait par une nouvelle ponction. Les dépenses de fonctionnement vont augmenter de 1.9% en Dordogne en 2019 et vont s'élever 410, 20 millions d'euros. L'opposition a salué la décision de ne pas augmenter les impôts des Périgourdins. Elle la juge tardive et elle estime qu'on pouvait aller beaucoup plus loin en matière d'économie,  estimant que la collectivité était encore proche du seuil d'alerte en termes d'endettement . "On s'en éloigne" a répondu Germinal Peiro.

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 14/01/2019